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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2302572

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2302572

mardi 7 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2302572
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET CHERMAK ELIAKIM (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 février 2023, M. A B représenté par

Me Eliakim demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard et d'achever l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative moyennant la renonciation de ce dernier à percevoir la part contributive de l'État.

Il soutient que :

- l'urgence de sa situation est avérée dès lors que son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour arrive à expiration le 7 février 2023, qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée et que son contrat sera suspendu par son employeur faute pour lui de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français ;

- cette décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, au droit au respect de sa vie privée et familiale, au droit au travail et à des conditions d'existence décentes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en injonction et au rejet de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'il a convoqué le requérant le 8 février 2023 dans les services de la préfecture afin de lui remettre un récépissé.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les requêtes en référé.

L'affaire a été radiée du rôle de l'audience publique du 7 février 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 31 décembre 2000, et entré en France à l'âge de quinze ans, a fait l'objet d'un placement à l'aide sociale à l'enfance par un jugement du 17 novembre 2017 avant de bénéficier de deux contrats de jeune majeur jusqu'au 31 janvier 2021 et de suivre une formation en électricité en apprentissage. Dans ce cadre, il a bénéficié de cartes de séjour mention " travailleur temporaire ", dont la dernière était valable jusqu'au 31 août 2021 et dont il a sollicité le renouvellement. Il a alors été placé sous récépissés jusqu'au 7 février 2023. Faisant valoir qu'il va perdre son emploi, il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et d'achever l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de la requérante il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

4. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a convoqué le requérant le 8 février 2023 à 14h00 dans les services de la préfecture afin de lui remettre un récépissé. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte de la requête de M. B ont perdu leur objet et qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B aux fins d'injonction et d'astreinte.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, Me Eliakim et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle et au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 7 février 2023.

Le juge des référés,

H. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9

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