LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2303190

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2303190

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2303190
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantPOISSON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Aey Consulting, qui contestait le refus de bénéficier d'aides du fonds de solidarité Covid-19. Le tribunal a jugé que la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité essentielle, à savoir l'absence de dette fiscale non couverte par un plan de règlement au 31 décembre 2019. La décision s'appuie sur l'ordonnance du 25 mars 2020 et le décret du 30 mars 2020 régissant ce fonds.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, la société Aey Consulting, représentée par Me Poisson, demande au tribunal :

d’annuler la décision du 16 décembre 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes tendant à bénéficier des aides exceptionnelles pour les mois d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 ;

de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’administration n’a jamais répondu à ses demandes avant l’intervention de la décision du 16 décembre 2022 ;
- la décision du 16 décembre 2022 n’est pas motivée ;
- elle est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’elle remplissait les conditions d’octroi des aides.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens de légalité externe sont inopérants dans un litige de plein contentieux objectif ;
- la requérante avait une dette fiscale de 669 euros au 31 décembre 2019 non couverte par un plan de règlement et était ainsi inéligible aux aides demandées ;
- l’activité de la requérante n’est pas visée aux annexes 1 et 2 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020.

Par un courrier du 25 février 2026 les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de prononcer une injonction d’office.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l’ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Simonnot,
- et les conclusions de M. Desprez, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

1. La société Aey Consulting a déposé des demandes tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour les mois d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19. Par sa requête, la société Aey Consulting demande au tribunal d’annuler la décision du 16 décembre 2022 rejetant ses demandes d’aides.


Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3. L’administration soutient que les conclusions dirigées contre les décisions rejetant les demandes d’aide sont irrecevables dès lors qu’elles ont été introduites au-delà d’un délai raisonnable d’un an. Toutefois, elle ne produit pas les décisions de rejet dont elle se prévaut, et n’établit pas que ces décisions auraient été régulièrement notifiées à la société Aey Consulting, alors même que la société requérante soutient dans sa requête n’avoir eu aucune réponse de l’administration avant l’intervention de la décision du 16 décembre 2022. Dans ces conditions, l’administration n’est pas fondée à opposer une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigées contre les décisions rejetant les demandes d’aide en litige.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

4. Aux termes de l’article 1er de l’ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable au litige : « Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. (…) ». L’article 3 de la même ordonnance dispose : « Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds (…) ».

5. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs au refus d’octroi de l’aide accordée dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19, qui relève de la catégorie des subventions, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir. Il ne s’agit donc pas d’un recours de plein contentieux, contrairement à ce que soutient l’administration en défense.

6. Il ressort des termes de la décision attaquée du 16 décembre 2022 rejetant les demandes d’aide formulée au titre de 2020 et de 2021, qu’elle se borne à indiquer que les demandes de la société Aey Consulting qui n’ont pas donné lieu à une réponse favorable de l’administration doivent désormais être envoyées au tribunal administratif et que le service des impôts des entreprises ne peut plus prendre en charge ses demandes, sans plus de précisions sur les conditions, parmi celles nombreuses et variées fixées par le décret n°2020-371 du 30 mars 2020, lequel n’est au demeurant pas visé, qui ne seraient pas remplies en l’espèce. La société requérante est dès lors fondée à soutenir que cette décision, qui ne permet pas d’en comprendre les motifs à sa seule lecture, est insuffisamment motivée tant en droit qu’en fait et, par conséquent, à en demander l’annulation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Aey Consulting est fondée à demander l’annulation de la décision du 16 décembre 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour les mois d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19.



Sur l’injonction :

8. Aux termes de l’article L. 911-2 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ».

9. Compte tenu du motif d’annulation retenu, il y a lieu d’enjoindre à l’administration de réexaminer les demandes de la société Aey Consulting au titre des mois d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il y ait lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.


Sur les frais liés à l’instance :

10. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros à verser à la société Aey Consulting sur le fondement des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.




D E C I D E :


Article 1 : La décision du 16 décembre 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté les demandes de la société Aey Consulting tendant à bénéficier de l’aide exceptionnelle pour les mois d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris de procéder au réexamen des demandes d’aide de la société Aey Consulting au titre d’octobre 2020 à juillet 2021, à l’exception du mois de mai, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’État versera à la société Aey Consulting une somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Aey Consulting et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2026, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Van Daële, première conseillère,
Mme Desmoulière, conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.



Le président-rapporteur,
signé
J.-F. SIMONNOT
La première assesseure,
signé
M. VAN DAËLE


La greffière,


signé

M-C. POCHOT


La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comtes publics, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions