LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2303271

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2303271

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2303271
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantDIANGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 février 2023 et le 22 juin 2023, M. B A D, représenté par Me Diango, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 11 février 2023 par lesquels le préfet de police, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et, d'autre part, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'annuler la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- il est entaché d'un vice de procédure au regard des articles L. 613-3, L. 614-1 et L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreurs de droit au regard des 2° à 4° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'il ne s'est pas soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, puisqu'il l'a contestée et qu'elle était irrégulière, et qu'il présentait des garanties de représentation ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit :

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens du requérant n'est fondé.

L'instruction a été rouverte le 16 juin 2023.

M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rezard, rapporteur,

- les observations de Me Diango, représentant M. A D.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A D, ressortissant tunisien né le 1er octobre 1994 et entré sur le territoire au cours du mois d'avril 1995, selon ses déclarations, a sollicité un titre de séjour, qui lui a été refusé par arrêté du 10 avril 2018. Par deux arrêtés du 11 février 2023, le préfet de police, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et, d'autre part, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois. M. A D demande l'annulation des deux arrêtés du 11 février 2023.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 du préfet de police, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police du même jour, M. E C, adjoint à la cheffe de bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière au sein la délégation à l'immigration de la préfecture de police, a reçu délégation à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions ", dans la limite de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués seraient entachés d'incompétence doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes applicables à la situation de M. A D, notamment les articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils comportent en outre les considérations de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé afin de lui faire obligation de quitter le territoire français, sans délai, de fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et de lui faire interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, les conditions de notification d'un acte sont sans incidence sur sa légalité. Les moyens tirés de l'irrégularité de la notification de la décision en litige au regard des articles L. 613-3, L. 614-1 et L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent donc être écartés comme étant inopérants.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; / 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans () ". Il résulte des dispositions du 2° de cet article que le législateur a entendu protéger de l'éloignement les étrangers qui sont en France depuis l'enfance, à raison de leur âge d'entrée et d'établissement sur le territoire. Dans ce cadre, les éventuelles périodes d'incarcération en France, si elles ne peuvent être prises en compte dans le calcul d'une durée de résidence, ne sont pas de nature à remettre en cause la continuité de la résidence habituelle en France depuis au plus l'âge de treize ans, alors même qu'elles emportent, pour une partie de la période de présence sur le territoire, une obligation de résidence pour l'intéressé, ne résultant pas d'un choix délibéré de sa part.

6. M. A D soutient être entré sur le territoire français au cours du mois d'avril 1995 et y avoir séjourné de manière habituelle et régulière depuis lors. Toutefois, s'agissant d'abord de la régularité de son séjour, s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a continué à disposer d'un droit au séjour après l'accession à la majorité du fait du récépissé de sa première demande de titre de séjour puis de la délivrance de ce titre le 12 mars 2013, il ne justifie pas que ce titre aurait ultérieurement été renouvelé jusqu'à la date de la décision attaquée. M. A D n'est donc pas fondé à se prévaloir des dispositions des 3° et 4° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant ensuite du caractère habituel de son séjour, apprécié depuis le 1er octobre 2007, date de son treizième anniversaire, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été scolarisé en France pour les années 2007-2008 et 2009-2010, respectivement en classes de quatrième et de troisième. Toutefois, il n'apporte aucun élément, hormis des attestations établies par ses proches parents, qui serait de nature à justifier de la continuité de son séjour au cours de l'année 2008-2009, malgré l'absence de scolarisation. Par ailleurs, les pièces du dossier ne permettent notamment pas de tenir pour établi le caractère habituel de sa résidence en France au cours du second semestre 2014, du premier semestre 2016 et du seconde semestre 2017. Par suite, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet de police aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire () à la sûreté publique (), à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A D réside au domicile de ses parents, qui séjournent régulièrement sur le territoire français sous couvert de cartes de résident de dix ans, auprès de son frère et sa sœur majeurs, tous deux de nationalité française, au 35 bis rue des Orteaux, dans le vingtième arrondissement de Paris. Il justifie également de la présence auprès de lui de ses tantes et de cousins, qui sont de nationalité française ou titulaires de titres de séjour. Il ressort en outre des pièces du dossier que ses grands-parents, qui résidaient encore en Tunisie, sont décédés, de sorte qu'il n'y a plus d'attaches familiales. Enfin, le requérant soutient être entré en France depuis le mois d'avril 1995, alors qu'il n'était encore âgé que de quelques mois, et justifie y avoir séjourné la plupart du temps depuis lors, et y avoir notamment suivi toute sa scolarité. Toutefois, il résulte d'abord de ce qui a été indiqué au point 6 qu'il ne justifie pas de la continuité de son séjour pendant au moins cinq semestres depuis lors. Il est ensuite constant que l'intéressé, âgé de vingt-neuf ans, demeure célibataire, sans charge de famille, et ne justifie pas avoir exercé d'expérience professionnelle en dehors de ses périodes de détention. Enfin, comme le fait valoir le préfet de police en défense, M. A D a fait l'objet, pour une série de faits commis entre 2010 et 2019, de plusieurs condamnations pénales, notamment le 26 mai 2014 à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, pour des faits d'extorsion avec violence en récidive, d'escroquerie en récidive, d'enlèvement et séquestration et de détention arbitraire d'otage pour faciliter un crime ou un délit et de violence en réunion sans incapacité en récidive, et le 4 mars 2021, à trois ans d'emprisonnement, pour des faits liés au trafic de stupéfiants, à la suite de quoi il a été écroué du 7 août 2021 jusqu'à la date d'adoption de la décision attaquée. Eu égard au caractère grave et répété, jusqu'à deux ans avant son incarcération, des atteintes à la sécurité des personnes imputables au requérant, c'est à bon droit que le préfet de police a considéré que son comportement était constitutif d'une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, au regard de cette menace et de l'ensemble de ce qui précède, le préfet de police, en faisant obligation de quitter le territoire français à M. A D, n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.

Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, la décision du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle il a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette deuxième décision est infondé.

10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

11. Il ressort des mentions figurant sur la décision attaquée que, pour refuser d'octroyer à M. A D un délai de départ volontaire, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance, en premier lieu, que son comportement représentait une menace pour l'ordre public et, en second lieu, qu'il existait un risque qu'il se soustrait à l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français en raison du fait, d'une part, qu'il s'était soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et, d'autre part, qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes, faute de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, de communication des renseignements sur son identité ou sa situation au regard du droit au séjour et de justification d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Toutefois, si une précédente mesure d'éloignement a été adoptée le 5 août 2021, le requérant a introduit un recours à son encontre qui n'a été rejeté, par ordonnance du 19 janvier 2022, qu'après son placement sous écrou. Le requérant n'était donc pas en mesure d'exécuter la mesure d'éloignement prise à son encontre antérieurement à l'adoption de la décision attaquée, qui est intervenue avant la fin de sa détention. Par ailleurs, le requérant justifie avoir résidé de manière effective et permanente chez ses parents. Ces motifs sont donc entachés d'irrégularité.

12. Cependant, ainsi qu'il a été dit, le préfet de police s'est également fondé, pour refuser le bénéfice du délai de départ volontaire à M. A D, sur la circonstance que l'intéressé ne disposerait pas de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et n'aurait pas communiqué les renseignements requis sur son identité ou sa situation au regard du droit au séjour, ce qu'il ne conteste pas. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 8, que M. A D s'est rendu coupable de faits de violence sur des personnes, pour lesquels il a été plusieurs fois condamnés et écroué entre le 7 août 2021 et une date postérieure à la décision attaquée, de sorte que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Il résulte de l'instruction que le préfet de police aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces motifs pour adopter la décision attaquée. Le moyen doit donc être écarté.

Sur la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit :

13. En premier lieu, la décision du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle il a fixé le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette deuxième décision est infondé.

14. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Si M. A D soutient n'avoir aucune famille dans son pays d'origine, de sorte qu'il serait isolé en cas de retour en Tunisie, une telle circonstance ne caractérise pas un traitement inhumain ou dégradant au sens de ces stipulations. Le moyen doit donc être écarté comme étant infondé.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, la décision du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle il a pris une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette deuxième décision est infondé.

16. En second lieu, pour les motifs exposés au point 8, le requérant ne justifie pas que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A D à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet de police, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et, d'autre part, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, et en tout état de cause, de ses conclusions aux fins d'annulation de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ainsi que de ses conclusions aux fins d'injonction et de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Amat, présidente,

M. Rezard, premier conseiller,

Mme Guglielmetti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.

Le rapporteur,

A. Rezard

La présidente,

N. Amat

La greffière,

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions