jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2303890 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2023, la Ville de Paris demande au juge des référés :
1°) de constater l'occupation illicite du parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome du Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre) ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai de M. A E, M. G E, M. B D, et de l'ensemble des personnes occupant illégalement le parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome du Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre) ;
3°) de l'autoriser à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants.
Elle soutient que :
- les occupants occupent sans droit ni titre une parcelle appartenant à la Ville de Paris;
- le litige relève de la compétence de la juridiction administrative dès lors qu'il a pour objet l'expulsion d'occupants sans droit ni titre du domaine public ;
- sa demande d'expulsion est bien fondée, les occupants n'ayant jamais été titulaires d'une autorisation d'occupation du domaine public ;
- sa demande est utile et urgente, dès lors que l'occupation présente un danger, les occupants ayant installé des câbles électriques, raccordés de manière précaire et enchevêtrés les uns aux autres.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, M. A E, représenté par Me Lambert, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le juge administratif est incompétent pour connaitre de cette requête ;
- la mesure n'est ni utile ni urgente ;
- elle n'est pas proportionnée eu égard au fait d'une part, que la Ville de Paris ne respecte pas ses obligations en matière d'accueil des gens du voyage et, d'autre part, que l'expulsion violerait le droit au respect de la vie privée des occupants ;
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir de la Ville de Paris.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;
- le décret du 18 avril 1929 ;
- le décret du 22 novembre 1960 portant classement parmi les sites de l'ensemble formé à Paris par le bois de Vincennes ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Viard, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Thomas, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Viard, juge des référés,
- les observations de M. C, représentant la Ville de Paris,
- les observations de Me Lambert, représentant M. A E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La Ville de Paris demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre, notamment de M. A E, M. G E et de M. B D, du parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome de Vincennes dans le Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre).
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
3. En vertu du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, sous certaines conditions tenant notamment aux modalités d'accueil et d'habitat des gens du voyage dans la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale dont cette commune est membre, le maire, le propriétaire ou le titulaire de droits réels d'un terrain sur lequel des gens du voyage stationnent bénéficie de la possibilité de demander au préfet de mettre ceux-ci en demeure de quitter les lieux dans un certain délai, sauf à ce qu'il puisse être procédé à l'évacuation forcée de leurs résidences mobiles. Une telle mise en demeure ne peut intervenir que dans les cas où " le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ". Ces dispositions ne sauraient faire obstacle, alors même que les conditions à leur application se trouveraient réunies, à la saisine du juge des référés de conclusions tendant à ce que, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public soit ordonnée.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". En outre l'article R. 2111-2 du code précité prévoit que : " L'incorporation est gratuite. Toutefois, il est fait exception à cette règle : / 1° Lorsque les services ou les établissements publics qui détiennent ou auxquels doivent être remis les immeubles à incorporer sont dotés de l'autonomie financière ; / 2° Lorsque l'incorporation porte sur les immeubles mentionnés au 1° de l'article L. 111-1 du code forestier [] ".
5. Si la compétence et l'intérêt à agir de la Ville de Paris sont contestés, il ressort des pièces du dossier, notamment des décrets du 18 avril 1929 et du 22 novembre 1960 que le parking de l'hippodrome de Vincennes se trouve au sein du Bois de Vincennes, lequel constitue une promenade publique affectée à l'usage du public et aménagée à cette fin. Il fait donc partie du domaine public de la Ville de Paris. Aussi, le tribunal administratif de Paris est compétent pour connaître de la présente requête de la Ville de Paris et celle-ci a qualité lui donnant intérêt pour agir.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et, notamment, du constat établi le 1er décembre 2022 par un agent de la Ville de Paris ainsi que du procès-verbal du constat dressé le 5 décembre 2022 par un huissier de justice commis par la Ville de Paris, qu'un campement composé de véhicules, de fourgonnettes, de caravanes et d'un mobile-home est installé sur le parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome de Vincennes dans le Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre).
7. Il ressort des constats ci-dessus mentionnés et il n'est pas contesté que les occupants ont utilisé un poste électrique bricolé, d'où partent des câbles électriques permettant l'alimentation des mobile-homes et caravanes en électricité, ainsi que des appareils électriques situés à l'intérieur ou à proximité du campement. Ces câbles électriques s'entremêlent et s'enchevêtrent à même le sol, d'abord sur de l'herbe humide, puis à travers un champ de sable. Par suite, compte tenu du danger que présentent ces installations, la Ville de Paris établit le caractère urgent et utile de l'expulsion de l'ensemble des occupants de ce parking.
8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. A E, M. G E et de M. B D, et tous les autres occupants des lieux ne disposent d'aucun titre pour occuper ainsi le domaine public. S'ils soutiennent qu'ils ne peuvent aller s'installer ailleurs alors que des propositions leur ont été faites par la Ville de Paris, en raison, d'une part, des mauvaises relations qu'ils entretiennent avec les résidents d'autres aires d'accueil de gens du voyage de la région, et, d'autre part, de rendez-vous médicaux rendant impossible tout déplacement vers d'autres aires d'accueil, d'une part, l'état de leurs relations avec les occupants d'autres aires d'accueil de région parisienne ne saurait être un motif justifiant une occupation sans titre du domaine public et, d'autre part, si l'une des occupantes, Mme F, se rend régulièrement à Paris pour un traitement médical, un changement d'emplacement ne l'empêcherait pas d'honorer ses rendez-vous médicaux. Par suite, la mesure d'expulsion demandée par la Ville de Paris ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Le moyen tiré de la violation du droit au respect de leur vie privée ne peut dès lors qu'être écarté.
9. L'injonction demandée entre dans le champ des mesures, de nature provisoire et conservatoire, que le juge des référés peut ordonner sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. En cas d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient, en principe, au juge administratif d'enjoindre à l'occupant de libérer sans délai le domaine public.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. A E, M. G E, M. B D et aux autres occupants, d'évacuer sans délai l'emplacement qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur le parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome de Vincennes dans le Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre). La Ville de Paris, à défaut d'exécution dans les 8 jours suivant la notification de la présente ordonnance, est autorisée à faire évacuer les lieux irrégulièrement occupés, aux frais, risques et périls de M. A E, M. G E, M. B D et de tous les autres occupants.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. A E, M. G E, M. B D et aux autres occupants, d'évacuer sans délai, l'emplacement qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur un parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome de Vincennes dans le Bois de Vincennes (75012 Paris), situé à l'angle des routes de la Gerbe, de la Ferme et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre).
Article 2 : A défaut d'exécution dans les 8 jours de la notification de la présente ordonnance, la Ville de Paris est autorisée à faire évacuer l'emplacement irrégulièrement occupé, aux frais, risques et périls de M. A E, M. G E, M. B D et de tous les autres occupants.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Ville de Paris, à M. A E, à M. G E, à M. B D et à tous les autres occupants du parking situé devant l'entrée principale de l'hippodrome de Vincennes dans le Bois de Vincennes (75012 Paris), à l'angle des routes de la Ferme, de la Gerbe et du Fort de Gravelle (feuille 000BH01 au cadastre).
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 9 mars 2023.
Le juge des référés,
M.-P. VIARD
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2/4-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026