mercredi 8 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2304011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CAMBONIE BERNARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 23 février 2023 et le 4 mars 2023, M. C, représenté par Me Bernard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé portant autorisation provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande de titre de séjour, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie dès lors qu'étant titulaire d'un CDI en qualité d'aide-maçon au sein de la société Acorus depuis le 2 novembre 2017, il se trouve exposé à la perte de son emploi ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
. elle est entachée d'incompétence ;
. elle est insuffisamment motivée en droit et en faits ;
. elle méconnaît les articles L. 431-2 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son récépissé n'est plus renouvelé sans motif ni explication alors qu'aucun refus de titre de séjour ne lui a été opposé.
Des pièces, enregistrées le 3 mars 2023, ont été produites par le préfet de police.
Vu :
- la requête par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont a été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Me Bernard, représentant M. C, qui fait valoir les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Giafferi, représentant le préfet de police, qui fait valoir que, compte tenu des motifs des décisions de refus de renouvellement du récépissé, le dossier était sans doute incomplet.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Aux termes de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors applicable : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour (), autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. Sous réserve des exceptions prévues par la loi ou les règlements ". Aux termes de l'article R. 431-12 de ce code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. ", l'article R. 431-13 de ce code venant préciser que : " La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé. ".
3. M. C, ressortissant malien né le 11 février 1985, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de parent de deux enfants français, valable du 2 décembre 2019 au 1er décembre 2021, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Il s'est vu délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour valable jusqu'au 12 avril 2022. Par un courriel du 18 juillet 2022, en réponse à une demande de récépissé, la préfecture lui a indiqué que les éléments communiqués n'avaient pas permis de donner une suite favorable à sa demande. Deux nouvelles demandes ont fait l'objet, le 2 novembre et le 2 décembre 2022, d'une réponse similaire par messagerie. M. C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du préfet de police lui refusant la délivrance de ce récépissé.
En ce qui concerne l'urgence :
4. M. C, qui est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, et dont le dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour est arrivé à échéance le 12 avril 2022, fait valoir il se trouve exposé à la perte de son emploi et verse au dossier un courrier du 20 janvier 2023 de son employeur qui le met pour la seconde fois en demeure de justifier de la régularité de son séjour en France en produisant un titre de séjour en cours de validité ou un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour, sous peine de rompre son contrat de travail. Il établit ainsi se trouver dans une situation d'urgence.
En ce qui concerne le doute sérieux concernant la légalité de la décision :
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a refusé de renouveler le récépissé du requérant, ainsi qu'il a été rappelé au point 3. Par ailleurs, en l'absence de toute décision prise sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.
8. Il y a lieu, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. C, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente décision, le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assorti d'une autorisation de travail, qui devra être renouvelé jusqu'à ce que le préfet de police se soit prononcé sur la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressé. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler le récépissé de M. C est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. C un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour autorisant son titulaire à travailler, dans le délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et de le renouveler jusqu'à ce que le préfet ait statué sur sa demande de renouvellement de carte de séjour.
Article 3 : L'État versera à M. C la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 8 mars 2023.
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026