mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2304262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | CABINET SALIGARI - EL AMINE AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 février 2023, M. A, représenté par Me El Amine, demande au tribunal :
1) De l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2) D'annuler l'arrêté en date du 3 février 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3) D'enjoindre au préfet de police de lui délivrer le récépissé prévu à l'article R. 742-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à verser à Me El Amine au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, en cas de renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
M. A soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :
- L'arrêté est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen de sa situation ;
- L'arrêté a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- L'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3, 9°, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- L'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la fixation du pays de destination :
- L'arrêté est illégal par voie d'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qui lui est faite ;
- L'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- L'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête et soutient qu'aucun des moyens soulevés est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention Internationale relatives aux droits de l'enfant ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal administratif de Paris a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-5 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur A, né le 5 mai 1986 à Moulvibazar, de nationalité bangladaise, entré en France le 23 juillet 2020 selon ses déclarations, demande l'annulation d'un arrêté en date du
3 février 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". M. A n'ayant pas été assistée par un conseil dont il est établi qu'il aurait été commis d'office lors de l'audience publique, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constitue le fondement tant de l'obligation de quitter le territoire français faite à M. A que de la fixation du pays de destination. Il est ainsi suffisamment motivé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. Par ailleurs, s'il fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, dès lors qu'il ne mentionne pas la pathologie rénale dont il est atteint, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, alors que le requérant se borne à produire un compte-rendu médical du 20 janvier 2023 de l'hôpital Bichat Claude Bernard, qu'il en aurait informé la préfecture. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. /
2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union également invoqué par le requérant. Néanmoins, si M. A soutient que l'obligation de quitter le territoire a été décidée en méconnaissance de son droit à être entendu, il n'apporte aucun élément de nature à établir, alors que l'obligation de quitter le territoire fait suite au rejet de sa demande d'asile tant par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides que par la Cour nationale du droit d'asile, qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance des services de la préfecture des informations utiles, notamment concernant sa santé, avant que soient prises à son encontre les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu ne peut qu'être en l'état écarté.
6. Aux termes de l'article L. 611-3.9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Si M. A soutient souffrir de la maladie de Berger, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, ni de ce que cette pathologie, quand bien même elle pourrait être d'une particulière gravité, ne pourrait faire l'objet de soins dans son pays d'origine. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être rejeté.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". En se bornant à soutenir qu'il réside en France depuis 2020, qu'il est parfaitement intégré et qu'il a établi le centre de ses intérêts sur le territoire national, M. A n'établit pas que le préfet de police aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale et, ainsi, méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen présenté à ce titre ne peut que, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
8. Eu égard à ce qui vient d'être dit précédemment sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire faite à M. A, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation du pays de destination est illégale par voie d'exception.
9. En se bornant à énoncer les faits qu'il a déjà exposé tant devant l'office français de protection des réfugiés et des apatrides que devant la Cour nationale du droit d'asile, lesquels ont au demeurant respectivement rejeté ses demande d'asile les 31 mai 2022 et
24 octobre 2022, M. A n'apporte aucun élément, notamment nouveau, de nature à démontrer qu'il risque de subir des traitements inhumains ou dégradants ou qui porteraient atteinte à sa vie en cas de retour dans son pays d'origine ou dans tout pays où il sera légalement admissible. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Compte tenu de l'ensemble de ce qui a été précédemment, il y a lieu de rejeter la requête de M. A dans toutes ses conclusions, à l'exception de celles présentées au titre de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
Le magistrat désigné,
E. B La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026