vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2307927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 avril 2023, Mme C D et M. E B agissants en qualité de représentants légaux de leur fille mineure, Mme A B, représentés par Me Trassard, demandent au juge des référés du tribunal :
1°) de prescrire une expertise médicale au contradictoire de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris en vue de déterminer si la prise en charge et les soins dispensés par l'hôpital Necker-enfants malades à leur fille A B ont été conformes aux données acquises de la science et d'évaluer les préjudices subis ;
2°) d'autoriser l'expert à s'adjoindre un sapiteur ;
3°) de réserver l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens.
Ils soutiennent que, dans la perspective d'une action en responsabilité, la conduite d'une expertise est utile.
Par un mémoire, enregistré le 27 avril 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par le cabinet Saidji et Moreau avocats, demande au juge des référés de prendre acte de ce qu'il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et de compléter la mission d'expertise selon les termes de son mémoire.
Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2023, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris informe le juge des référés qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande à la mise hors de cause du docteur G qui a réalisé les soins litigieux dans le cadre de son activité de service public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente du tribunal administratif de Paris, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction".
2. Après un examen d'imagerie médicale réalisé le 10 février 2012 mettant en évidence un kyste sus-thyroïdien gauche compatible avec un kyste du tractus thyroïdien, l'enfant A B, née le 1er mars 2008, a été reçue en consultation à l'hôpital Necker-enfants malades, le 23 février 2012. Postérieurement, elle a été prise en charge par le service de chirurgie ORL et cervico-faciale de ce même hôpital pour une exérèse par cervicotomie d'une tuméfaction cervicale médiane, qui a été réalisée le 11 avril 2013. Dans les suites de cette intervention, l'enfant a présenté une dysphonie, une détresse respiratoire une immobilité de la corde vocale gauche, des reflux et une dyspnée de l'effort. Ses parents indiquent qu'elle souffre toujours d'une immobilité de la corde vocale gauche et d'une dyspnée de l'effort et font état de ce que leur fille a été empêchée de suivre une scolarité dans des conditions normales. Estimant que la responsabilité de l'hôpital Necker - enfants malades est susceptible d'être recherchée, Mme D et M. B, qui font également valoir qu'ils ne parviennent pas à obtenir le dossier médical complet de leur enfant, sollicitent la désignation d'un expert.
3. La demande d'expertise de Mme D et M. B entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. S'il apparaît à un expert qu'il est nécessaire de faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier, il doit préalablement solliciter l'autorisation du président du tribunal administratif. Par suite, les conclusions des parties tendant à ce que le juge des référés autorise l'expert à s'adjoindre un sapiteur ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il résulte de l'instruction que les faits dont se prévalent les parents de l'enfant A B se sont produits à l'hôpital Necker- enfants malades lors d'un acte chirurgical pratiqué par le docteur G dans le cadre de son activité de service public. Il y a dès lors lieu de mettre hors de cause le docteur G, qui pourra toutefois être entendu en qualité de sachant par l'expert.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Mme F H (chirurgie infantile), exerçant à l'hôpital Jean Verdier sis avenue du 14 juillet à Bondy (93140) est désignée en qualité d'experte. Elle aura pour mission, en présence de Mme D, M. B, l'enfant A B, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et la caisse primaire d'assurance maladie de Paris de :
1°) prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de Mme A B et, notamment, de tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués lors de sa prise en charge par l'hôpital Necker - enfants malades et les motifs de cette admission ; convoquer et entendre les parties et tout sachant, dont le docteur G si besoin ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme A B ainsi qu'à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de Mme A B et les soins et prescriptions antérieurs à son admission à l'hôpital Necker - enfants malades, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans cet établissement ; décrire son état pathologique ayant conduit à l'intervention chirurgicale du 11 avril 2013 et aux traitements pratiqués ; se prononcer sur le fait de savoir si des examens complémentaires étaient nécessaires avant l'intervention du 11 avril 2013 ; en cas de réponse positive dire clairement si une faute est à relever de la part de l'hôpital à compter de la prise en charge de l'enfant le 23 février 2012 et quelles en sont les conséquences sur la suite des soins apportés à l'enfant ; dire ensuite si l'opération du 11 avril 2013 est exempte de tout reproche ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme A B et aux symptômes qu'elle présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales de l'hôpital, l'utilité des gestes opératoires pratiqués et la conformité de la prise en charge de l'intéressée (investigations, traitements, soins, surveillance, organisation du service) aux règles de l'art et aux données acquises de la science à l'époque des faits ; l'experte précisera les références des données médicales sur lesquelles elle se fonde, en retranscrivant au besoin les passages de la littérature scientifique qui lui paraîtraient pertinents ; se prononcer sur la détresse respiratoire de l'enfant dans les suites de l'opération, dire si elle était connue et prévisible ; dire clairement si la dysphonie résulte d'un acte médical fautif ainsi que l'immobilité de la corde vocale gauche, le reflux et la dyspnée de l'effort ;
4°) déterminer l'origine du dommage en appréciant, le cas échéant, la part respective prise par les différents facteurs qui y auraient concouru en recherchant, à cet égard, quelle incidence sur la survenance du dommage ont pu avoir la présence d'autres pathologies, de l'âge de Mme A B ou la prise d'un traitement antérieur particulier ;
5°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Mme A B une chance sérieuse de guérison ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par Mme A B de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;
6°) déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée au patient sur les risques des actes médicaux subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;
7°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance des préjudices subis tant par Mme A B notamment à raison des souffrances endurées, que par ses proches, ainsi que toute information utile à la solution du litige :
a) dire si l'état de Mme A B est consolidé ou s'il est susceptible d'amélioration ou de dégradation ; proposer, si possible, une date de consolidation de l'état de l'intéressée en fixant notamment la période d'incapacité temporaire et le taux de celle-ci, ainsi que le taux d'incapacité permanente partielle ;
b) donner son avis sur les dépenses de santé rendues nécessaires par l'état de Mme A B en lien avec les faits en litige ; préciser, dans le cas où certaines hospitalisations ou certains achats de produits pharmaceutiques ne seraient pas tout entiers imputables au dommage litigieux, dans quelle proportion ils peuvent être rattachés à ce dernier ;
c) indiquer si et dans quelle mesure l'assistance, constante ou occasionnelle, d'une tierce personne a été ou est nécessaire à Mme A B en raison du dommage litigieux, pour accomplir les actes de la vie quotidienne ; quantifier le volume horaire, la fréquence et le type d'aide nécessaire (médicalisée / non médicalisée), et dire jusqu'à quelle échéance cette aide éventuelle est requise ; préciser les autres frais liés au handicap dont la nécessité résulterait du dommage ;
d) déterminer l'incidence scolaire puis professionnelle ainsi que les autres dépenses liées au dommage corporel ;
e) décrire et évaluer les souffrances physiques, psychiques ou morales subies en lien avec les faits en litige ;
f) évaluer le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, le préjudice sexuel ;
g) donner au tribunal tous autres éléments d'information nécessaires à la réparation de l'intégralité du préjudice subi par Mme A B à raison des faits en litige.
Article 2 : L'experte remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles
R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Elle ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Il est enjoint à l'AP-HP de transmettre à l'experte l'entier dossier médical de la jeune A B à première demande, dont le compte-rendu opératoire du 11 avril 2013 et les conclusions de l'examen histologique par le service d'anatomie et cytologie pathologiques du 24 avril 2023.
Article 4 : Le docteur G est mis hors de cause. Il pourra être entendu comme sachant.
Article 5 : L'experte, à la demande du juge des référés ou à son initiative, pourra tenter une médiation entre les parties dans les conditions de l'article R. 621-1 modifié du code de justice administrative.
Article 6 : L'experte déposera son rapport au greffe du tribunal en 2 exemplaires au plus tard le 30 janvier 2024. Elle notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article n° 8 de la présente ordonnance, le cas échéant, avec leur accord, sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D, à M. E B, à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, au docteur G, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et à Mme F H, experte.
Fait à Paris, le 21 juillet 2023
La juge des référés,
M. Dhiver
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2307927/11-6
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026