lundi 26 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2308270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril et 15 mai 2023, M. H B F, représenté par Me Morel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
S'agissant des moyens invoqués à l'encontre de l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée de plusieurs vices de procédure ; l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'a pas été recueilli, a été signé par des autorités incompétentes, il n'est pas démontré que le médecin qui a rédigé le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège et l'avis ne comporte pas les mentions obligatoires ; le rapport médical n'a pas été transmis au collège des médecins de l'OFII, a été rédigé par une autorité incompétente et n'est pas conforme au modèle prescrit par les dispositions réglementaires y afférentes ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ; le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis du collège des médecins de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le traitement dont il a besoin n'est pas disponible en Bolivie au égard à l'insuffisance notoire des structures médicales, qui s'est aggravée à la suite de la pandémie de Covid-19 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en raison de l'absence de traitement approprié dans son pays d'origine ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; un retour dans son pays d'origine l'exposerait à une situation de risque pour son intégrité physique en raison de l'absence de traitement approprié ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour les mêmes motifs ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs.
M. B F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B F ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2023 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Roux.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, ressortissant bolivien né le 16 février 1993, est entré en France le 16 juin 2015 selon ses déclarations. Reçu par les services préfectoraux en dernier lieu le 18 juin 2022, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 janvier 2023, le préfet de police a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays a destination duquel il sera éloigné. Par la présente requête, M. B F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens invoqués à l'encontre de l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il vise notamment les articles L. 425-9 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. La circonstance que le préfet se réfère à l'avis du collège des médecins de l'OFII sans le reprendre extensivement n'établit pas que l'arrêté serait insuffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B F. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
S'agissant des vices de procédure :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été pris à la suite de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 janvier 2023, qui est visé et dont les mentions sont reprises dans ledit arrêté. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas recueilli l'avis du collège des médecins de l'OFII avant de prendre la décision attaquée. Par suite, ce moyen sera écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'avis est émis () au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (). ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précité : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. () ".
7. D'une part, l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 janvier 2023, produit par le préfet, comporte le nom des trois médecins y ayant siégé. En outre, il ressort des pièces du dossier que ceux-ci ont été désignés à cet effet par la décision NOR : IOMV2228245S du 3 octobre 2022 du directeur général de l'OFII. Par ailleurs, l'avis comporte les signatures de ces trois médecins sous forme de fac-similé dont rien ne permet de remettre en cause l'authenticité. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à soutenir que ledit avis a été rendu par des autorités incompétentes. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. D'autre part, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 janvier 2023 que le rapport médical au vu duquel cet avis a été émis a été rédigé par le docteur E A, médecin du service médical de l'OFII ainsi qu'en atteste, le 9 mai 2023, le directeur territorial de l'office de Paris et que ce médecin n'a pas siégé au sein du collège. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à soutenir que les dispositions citées au point 6 auraient été méconnues. Par suite, ce moyen sera écarté.
9. En troisième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé (). ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 janvier 2023 précise que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à soutenir que cet avis ne comporte pas les mentions prévues par les dispositions citées au point 6. Par suite, ce moyen sera écarté.
11. En cinquième lieu, il n'appartient pas au préfet de police, qui n'en est pas destinataire compte tenu du secret médical, de produire les pièces ayant abouti à l'élaboration de l'avis et dont il était en revanche loisible au requérant de solliciter la communication, ce qu'il n'établit pas ni même n'allègue avoir fait. Dès lors, M. B F ne peut utilement invoquer un moyen tiré de l'irrégularité du rapport médical en question. Par suite, ce moyen doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents, sans qu'il soit besoin d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de communiquer les pièces ayant abouti à l'élaboration de l'avis, que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
S'agissant des autres moyens :
13. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué et des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen approfondi de la situation du requérant à la suite duquel il a estimé qu'aucune circonstance particulière ne justifiait de s'écarter de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 janvier 2023. Dès lors, M. B G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit tirée de ce que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée vis-à-vis de cet avis. Par suite, ce moyen sera écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ".
15. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer que l'absence de prise en charge médicale est, ou n'est pas susceptible d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour la santé de l'intéressé ou que le demandeur a, ou n'a pas la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour lui de bénéficier effectivement de ce traitement dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
16. Pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, le préfet s'est fondé notamment sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 3 octobre 2022 indiquant que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, l'intéressé peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Pour justifier de l'absence de traitement approprié à sa maladie en Bolivie, M. B G reproduit, dans sa requête, des extraits d'une étude du centre de recherches internationales de l'institut d'études politiques de Paris, d'une publication de l'Organisation panaméricaine de la santé et d'un article du site d'une association belge et de la radio française RFI qui émettent des considérations générales sur les systèmes de santé en Amérique latine en précisant que la Bolivie est un des pays les moins bien dotés en la matière. Toutefois, le requérant n'explique pas en quoi les supposées carences du système de santé bolivien seraient de nature à caractériser l'impossibilité pour lui de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans ce pays. Par ailleurs, les certificats médicaux qu'il produit à ce titre, dont la plupart datent de l'année 2016, sont de simples diagnostics de la maladie dont l'intéressé est atteint et ne font pas état d'éléments relatifs à la disponibilité du traitement dans son pays d'origine. À cet égard, le certificat médical dans lequel il est pour la première fois indiqué que la pathologie de l'intéressé ne peut être prise en charge dans son pays d'origine a été établi par le docteur C D le 11 mai 2023, soit postérieurement à la date de la décision attaquée, et ne peut, par conséquent, suffire à établir les allégations du requérant. Dès lors, M. B F n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen sera écarté.
17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, M. B F n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
19. Comme il a été dit au point 16, M. B G n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen sera écarté.
20. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, M. B F n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
21. En premier lieu, aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
22. Comme il a été dit au point 16, M. B G n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ni, par conséquent, qu'il serait exposé en cas de retour en Bolivie à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen sera écarté.
23. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 22, M. B F n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B F aux fins d'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B F et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2023.
La présidente-rapporteure,
M.-O. LE ROUX L'assesseure la plus ancienne,
C. MADÉ
La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026