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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2309081

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2309081

mercredi 3 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2309081
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantDAURELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril et 3 mai 2023, M. G A, représenté par Me Daurelle, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 20 avril 2023 par lesquels le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour pour une durée de douze mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à un nouvel examen de sa situation personnelle et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-167 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles traduisent un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la demande de réexamen de sa demande d'asile était encore en cours d'instruction devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ;

- elle est entachée d'un vice de procédure faute de saisine de la commission du titre de séjour conformément aux articles L. 432-13 et 15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît le 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elles comportent pour sa situation personnelle ;

Sur le refus de délai de départ volontaire :

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'existait aucun motif de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elles comportent pour sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit :

- elle est privée de base légale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elles comportent pour sa situation personnelle ;

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il dispose d'une résidence stable en France et disposait d'un passeport pakistanais même s'il n'était plus en cours de validité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que des circonstances humanitaires auraient dû conduire le préfet de police à ne pas prononcer cette mesure ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation à raison du délai qui a été retenu ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elles comportent pour sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet de police, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-167 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F conformément à l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rezard, magistrat désigné ;

- les observations de Me Daurelle, représentant M. A, et de M. A, présent, assisté de M. B, interprète en langue ourdou, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Salard, représentant le préfet de police.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais, né le 19 juillet 1987, est entré sur le territoire français au cours du mois de décembre 2010 selon ses déclarations. Par deux arrêtés du 20 avril 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. M. A en demande l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par arrêté n° 2022-01543 du 30 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police du même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme H E, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière et signataire de l'arrêté attaqué, à effet de signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions. Par suite, le moyen doit être écarté comme étant infondé.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables à la situation de M. A, notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il comporte en outre les considérations de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé afin de prononcer une mesure d'éloignement à son encontre sans délai de départ volontaire et de fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit. Par suite, le moyen est infondé.

4. En troisième lieu, si M. A soutient que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de droit tenant à un défaut d'examen suffisant de sa situation personnelle, cela ne ressort ni de ses motifs, ni des autres pièces du dossier, de sorte que ce moyen doit aussi être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient au préfet de police de saisir la commission du titre de séjour uniquement lorsqu'il envisage de rejeter certaines demandes de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure n'est par conséquent pas utilement invocable à l'encontre d'une obligation de quitter le territoire français.

6. En deuxième lieu, aux termes du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans () ". Il est constant que M. A, qui est entré irrégulièrement en France, n'y a jamais disposé d'un droit au séjour. Dès lors, il ne remplit pas la condition de résidence régulière de dix ans prévue par les dispositions précitées. Son moyen doit donc être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 541-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 753-1 à L. 753-4 et L. 754-1 à L. 754-8, lorsque l'étranger sollicitant l'enregistrement d'une demande d'asile a fait l'objet, préalablement à la présentation de sa demande, d'une décision d'éloignement prise en application du livre VI, cette dernière ne peut être mise à exécution tant que l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. " Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (), le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. () " Aux termes de l'article L. 542-2 du code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () / 2° Lorsque le demandeur : () / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement () ". Aux termes de l'article L. 754-5, relatif aux demande d'asile présentées en rétention : " A l'exception des cas mentionnés aux b et c du 2° de l'article L. 542-2, la décision d'éloignement ne peut être mise à exécution avant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ait rendu sa décision (). " Il résulte des dispositions précitées que la présentation d'une demande d'asile par un étranger postérieurement à l'adoption à son encontre d'une obligation de quitter le territoire français est sans incidence sur la légalité de cette mesure mais a seulement pour effet de suspendre son exécution, s'agissant d'une première demande de réexamen, jusqu'à ce que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ne déclare la demande d'asile irrecevable en application du 3° de l'article L. 531-32 ou, à défaut, jusqu'à ce que l'OFPRA et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) aient statué sur la demande. Le moyen est donc infondé.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est présent sur le territoire de manière continue depuis le mois de décembre 2010, soit plus de douze ans avant la décision attaquée, et y est désormais hébergé au domicile d'un de ses amis, M. D C, ressortissant français, dans la commune d'Epinay-sous-Sénart. Si M. A soutient qu'il exerce sur le territoire une activité professionnelle en qualité de peintre en bâtiment, il ne le justifie en revanche pas. Par ailleurs, il est constant qu'il demeure célibataire sans enfant ni tout autre lien familial sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En cinquième lieu, M. A soutient que la décision attaquée est susceptible de porter une atteinte d'une exceptionnelle gravité à sa situation personnelle. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 9, en l'absence de tout autre élément de nature à caractériser une telle atteinte, que la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elle comporterait sur sa situation personnelle.

11. En sixième lieu, si le requérant invoque les stipulations de de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne justifie pas que, par elle-même, la mesure d'éloignement adoptée à son encontre porte atteinte à son droit de ne pas faire l'objet de traitements inhumains ou dégradants.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle le préfet de police a refusé un délai de départ volontaire à M. A. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté comme étant infondé.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

14. Il ressort des mentions figurant sur la décision attaquée que, pour refuser d'octroyer à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance qu'il existait un risque qu'il se soustrait à l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français en raison du fait, d'une part, qu'il ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire et n'y a pas demandé son admission au séjour, d'autre part, qu'il aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement et, enfin, qu'il ne disposait pas de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait ainsi manifesté son intention de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement adoptée à son encontre. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'il dispose d'un hébergement stable à Epinay-sous-Sénart, au domicile de l'un de ses amis,

M. D C. Ces motifs sont donc entachés d'erreur de fait. Cependant, ainsi qu'il a été dit, le préfet de police s'est également fondé, pour refuser le bénéfice du délai de départ volontaire, sur la circonstance que l'intéressé serait entré irrégulièrement sur le territoire et s'y serait maintenu sans solliciter la régularisation de sa situation et qu'il ne disposerait pas de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, ce que le requérant ne conteste pas. Il résulte de l'instruction que le préfet de police aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces motifs pour adopter la décision attaquée. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

15. En troisième lieu, pour les raisons exposées au point 10, le requérant ne justifie pas que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elle comporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit :

16. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, dont il ne résulte pas de ce qui précède qu'elle serait illégale, constitue la base légale de la décision par laquelle le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. A est susceptible d'être reconduit. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Le requérant soutient à cet égard qu'il craint pour sa vie en cas de retour au Pakistan. Toutefois, il ne produit, à l'appui de ses allégations, que des éléments antérieurs à la date à laquelle l'OFPRA et la CNDA ont rejeté sa première demande d'asile. Il ne justifie dès lors pas être visé par une menace grave, directe et individuelle contre sa vie ou sa personne, de sorte que son moyen ne peut qu'être écarté.

18. En troisième lieu, pour les raisons exposées aux points 10, 15 et 17, le requérant ne justifie pas que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des conséquences qu'elle comporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois est motivée par la double circonstance que M. A est entré en France au cours du mois de décembre 2010 et qu'il s'avère célibataire et sans enfant. Toutefois, en retenant une interdiction de retour d'une telle durée, alors que l'intéressé séjourne sur le territoire depuis une durée particulièrement longue, plus de douze ans, et qu'il est constant qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne s'est jamais soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet de police a commis une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2023 portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

22. L'annulation de l'arrêté du 20 avril 2023 portant interdiction de retour sur le territoire français n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 20 avril 2023 du préfet de police portant interdiction de retour sur le territoire français est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G A et au préfet de police.

Lu en audience publique le 3 mai 2023.

Le magistrat désigné,

A. F

La greffière,

N. Dupouy

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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