mercredi 2 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2309778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 avril 2023 et le 2 juin 2023, M. A, représenté par Me Pechanski, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à titre subsidiaire un titre de séjour portant la mention " salarié " ; ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- sont entachées d'incompétence ;
- sont insuffisamment motivées.
La décision de refus de titre de séjour :
- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- méconnaît les articles L. 423-22, L. 412-5, L. 432-1, L. 432-2, L. 423-23, L. 435-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur d'appréciation, son comportement n'étant pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences pour la situation personnelle du requérant.
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît les articles L. 423-23, L. 423-7, L. 614-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article R. 776-2 du code de justice administrative et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences pour la situation personnelle du requérant.
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Les décisions contestées méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus de délai de départ volontaire :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La décision de retrait d'un titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, le requérant n'ayant pas été mis à même de présenter des observations écrites ou orales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens relatifs à la décision portant refus de délai de départ volontaire sont irrecevables en tant que dirigés contre une décision inexistante ;
- les autres moyens soulevés par M A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Abdat a été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lagrède, greffière d'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, est entré en France en 2018 selon ses déclarations. Il y a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 19 décembre 2018 et jusqu'au
6 février 2022. Il a bénéficié d'un contrat jeune majeur jusqu'au 28 février 2023, renouvelable jusqu'à la veille de ses 21 ans. Reçu en préfecture le 14 octobre 2021, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de jeune majeur confié à l'aide sociale à l'enfance. Lors de l'examen de sa requête, le préfet de police a estimé que le requérant représentait une menace pour l'ordre public, en se fondant sur la circonstance qu'il a été condamné le
17 décembre 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à 105 heures de travail d'intérêt général pour des faits de vol aggravé par deux circonstances commis le 24 juillet 2021 et qu'il est connu de la base du fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de vol avec violence n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail le 24 juillet 2021, de vol aggravé par deux circonstances sans violence le 15 septembre 2020, pour des faits de vol en réunion avec violences les 22 août 2020 et pour outrage à une personne chargée d'une mission de service public et rébellion le 2 juin 2022. De ce fait, il a convoqué le 24 janvier 2023 la commission du titre de séjour des étrangers de l'est parisien, laquelle a émis un avis favorable. Par un courriel du 30 janvier 2023, le requérant a également sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qui doit être regardée comme une demande distincte de celle du 14 octobre 2021. Par une décision du 11 avril 2023, le préfet de police s'est prononcé sur la demande de titre de séjour d'octobre 2021, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il s'agit de la décision contestée.
Sur les moyens communs à la décision de refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-056 du
23 janvier 2023, le préfet de police a donné à M. B C adjoint à la cheffe de la division de la rédaction et des examens spécialisés, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contestée, qui vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les articles L. 432-14, L. 412-5, L. 432-1, L. 611-1 3°, L. 612-6, L. 611-3, L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne également les éléments de la situation personnelle et familiale de M. A, comme le fait qu'il ait été confié à l'aide sociale à l'enfance, le fait qu'il a été condamné le 17 décembre 2021 par le tribunal correction de Paris pour des faits de vol aggravé par deux circonstances et le fait qu'il soit connu des services de police pour des faits similaires. Il mentionne également la saisine de la commission du titre de séjour et le fait que l'intéressé ne justifie pas d'être démuni d'attaches familiales à l'étranger. Elle contient ainsi l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet de police pour prendre sa décision. La circonstance que le préfet ne s'est pas fondé sur les éléments portés à sa connaissance par le courriel du 30 janvier 2023, lequel portait demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et doit être regardé comme une demande distincte, est sans incidence sur la motivation de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 3 qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et professionnelle de M. A au regard de son droit au séjour avant de prendre la décision attaquée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ".
6. Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
7. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention
" vie privée et familiale ", présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 412-5 du code précité, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance en 2018, a été condamné le 17 décembre 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à 105 heures de travail d'intérêt général pour des faits de vol aggravé par deux circonstances commis le 24 juillet 2021 et qu'il est connu de la base du fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de vol avec violence n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail le 24 juillet 2021, de vol aggravé par deux circonstances sans violence le 15 septembre 2020, pour des faits de vol en réunion avec violences les 22 août 2020 et pour outrage à une personne chargée d'une mission de service public et rébellion le 2 juin 2022. Dès lors, en se fondant sur la circonstance que la présence en France du requérant représentait une menace pour l'ordre public, le préfet de police de Paris n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 423-22, L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ni d'une erreur d'appréciation.
9. En troisième lieu, si le requérant invoque la méconnaissance de l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit donc être écarté.
10. En quatrième lieu, si le requérant invoque la méconnaissance des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier qu'il a d'abord sollicité le 14 octobre 2021 un titre de séjour sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 423-22 de ce code ; avant de formuler une seconde demande sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 30 janvier 2023 ; date à laquelle il a également porté à l'attention de l'administration la naissance à venir de son enfant pour la première fois. Dans ces conditions, le moyen tiré de leur méconnaissance est inopérant contre la décision contestée.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
12. Si le requérant invoque la durée de son séjour en France, son intégration et sa situation familiale, il n'établit pas la nationalité française de la mère de son enfant, la réalité de leur vie commune, ou la nationalité de leur enfant et ne démontre pas l'impossibilité pour eux de reconstituer la cellule familiale dans son pays d'origine. Eu égard aux motifs qui ont fondé la décision du préfet de police, il n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être rejeté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, si le requérant invoque la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que les moyens tirés de leur méconnaissance sont inopérants contre la décision contestée.
15. En troisième lieu, si le requérant invoque la méconnaissance des articles L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative, il ressort des pièces du dossier que le requérant disposait d'un délai de trente jours pour quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance est inopérant.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : [] 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans [] ".
17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui n'établit pas la nationalité française de son enfant, contribue effectivement à son entretien et à son éducation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur la décision fixant le pays de destination :
19. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
20. Si M. A soutient que l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le Mali comme pays de destination, méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux termes duquel " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. De même, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant ce pays de destination, le préfet de police aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions contestées :
21. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
22. Ainsi qu'il a été dit au point 12, le requérant n'établit pas la nationalité française de la mère de son enfant, la réalité de leur vie commune, ou la nationalité de leur enfant et ne démontre pas l'impossibilité pour eux de reconstituer la cellule familiale dans son pays d'origine. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation manquent en fait et doivent être écartés.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
23. Si le requérant présente des conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la décision attaquée, que le préfet de police de Paris a laissé au requérant un délai de départ volontaire de trente jours. Par suite, les conclusions visant à l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire sont irrecevables en tant que dirigées contre un acte inexistant.
Sur la décision portant retrait de son titre de séjour :
24. Si M. A soutient que la préfecture de police n'a pas recueilli ses observations avant de lui retirer son titre de séjour, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 11 avril 2023 ne porte pas retrait du titre de séjour du requérant mais refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure relatif à la procédure de retrait des titres de séjour manque en fait et doit être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2023.
La rapporteure,
G. ABDAT
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
V. LAGREDE
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026