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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2310297

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2310297

lundi 26 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2310297
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 9 mai et 26 juin 2023, M. A B, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de police de lui délivrer une convocation de dépôt de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans cette attente, de lui délivrer un récépissé portant autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité de déposer une demande de titre de séjour et de disposer d'une convocation ou d'attestation de dépôt le place dans une situation de précarité pendant une durée anormalement longue ;

- la mesure qu'il sollicite est utile car elle constitue pour lui l'unique moyen de faire examiner sa demande de titre de séjour ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, en particulier d'une décision implicite de rejet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'urgence n'est pas constituée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement, ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant algérien, entré en France le 25 juin 2014, selon ses déclarations, a sollicité le 10 août 2022 la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Le même jour, ainsi que par courriels du 10 octobre et 6 décembre 2022, lui a été demandé des pièces complémentaires. M. B a répondu à ces demandes, dernièrement par courriel du 13 décembre 2022. A défaut de réponse de la part de l'administration, une décision implicite de rejet est née le 13 avril 2023 et l'intéressé n'a ni sollicité la communication des motifs de cette décision ni formé un recours pour contester sa légalité. Par suite, et contrairement à ce que soutient M. B, l'admission des conclusions de sa requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui délivrer une convocation de dépôt de titre de séjour, ferait obstacle à l'exécution de la décision administrative par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un tel titre. La requête de M. B ne peut, dans ces conditions, qu'être rejetée.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copies-en sera adressée au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 26 juin 2023.

Le juge des référés,

J-C DUCHON DORIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./9

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