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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2310467

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2310467

jeudi 14 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2310467
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantLACOSTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2300848 en date du 5 mai 2023 du tribunal administratif de Lille, le dossier de la requête de M. B A a été renvoyé au tribunal administratif de Paris.

Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2023, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.

2°) d'enjoindre l'administration de produire l'ensemble des pièces du dossier ayant servi de fondement à l'édiction des décisions querellées ;

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée examen d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.

Le préfet du Nord a produit des pièces enregistrées le 19 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Evgénas,

- et les observations de Me Lacoste, avocat commis d'office pour M. A.

La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant irakien né le 5 juillet 1995, déclare être entré en France en octobre 2022. Par un arrêté du 27 janvier 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu par un arrêté du 13 octobre 2022, publié le même jour au recueil n° 245 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D C, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, en particulier, la décision attaquée. Le moyen d'incompétence de la signataire des décisions litigieuses, qui manque en fait, doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En vertu de l'article L. 211-5 du même code, la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.

4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / (). ".

5. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise que M. A ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire ni être en possession de documents de voyage ou d'identité en cours de validité. Par ailleurs, l'arrêté indique également que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et précise, en outre, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Il en résulte que l'arrêté contesté est suffisamment motivé en droit et en fait. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de situation personnelle de l'intéressé ne peuvent être qu'écartés.

6. En troisième lieu, si le requérant soutient que le principe du contradictoire a été méconnu, que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, d'un défaut de base légale, qu'il méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, il n'apporte aucune précision ni justification à l'appui de ses allégations permettant d'apprécier le bien-fondé de ces moyens. Ils doivent donc être écartés.

7. Enfin, si son conseil fait valoir en audience que la décision lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré récemment en France en octobre 2022 et ne fait état d'aucun élément d'intégration. Dès lors en prononçant à son encontre une interdiction de retour de deux ans, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2023 du préfet du Nord doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023 .

La magistrate désignée,

J. EVGENASLa greffière,

A. MAURICE

La République mande et ordonne au le préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2310467/2-1

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