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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2310678

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2310678

mardi 26 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2310678
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantDOS SANTOS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mai et 3 août 2023, M. A B, représenté par Me Dos Santos demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 mai 2023 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir.

Il soutient que :

- Il n'a pas pu présenter sa demande devant l'OFPRA de manière régulière car l'interprète l'interrompait constamment ;

- Le préfet ne justifie pas de l'existence de la décision portant obligation de quitter le territoire qui sert de fondement à l'arrêté attaqué ;

- il risque d'être persécuté en cas de retour dans son pays d'origine ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, le préfet de police, représenté par Me Termeau conclut au rejet de la requête.

Il soutient à titre principal que la requête est irrecevable faute d'être motivé et à titre subsidiaire que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

a été entendu au cours de l'audience publique en présence de M. Boucher greffier d'audience :

- le rapport de M. Béal,

- les observations de Me Dos Santos représentant M. B en présence d'un interprète en langue bengali.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 9 mai 2023, le préfet de police a prononcé à l'encontre de M. B une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police :

2. En premier lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFPRA est inopérant à l'appui d'un recours dirigé contre une obligation de quitter le territoire français.

3. En deuxième lieu, par arrêté du 7 octobre 2022, régulièrement produit dans le cadre de l'instruction de la présente affaire et communiqué à son conseil, le préfet de la Marne a bien prononcé à son encontre une mesure d'obligation de quitter le territoire. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police ne justifierait pas de l'existence de la décision portant obligation de quitter le territoire qui sert de fondement à l'arrêté attaqué.

4. Enfin, pour contester la décision distincte fixant le pays de renvoi, M. B invoque les risques de traitements inhumains et dégradants qu'il peut encourir en cas de retour dans son pays. Toutefois, ses allégations relatives aux risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine ne sont assorties d'aucune justification. Au surplus, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile fondée sur les mêmes faits. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'il risque d'être persécuté en cas de retour dans son pays et que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mai 2023 du préfet de police. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.

rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023

Le magistrat désigné,

A. Béal

Le greffier

R. Boucher

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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