mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2310961 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | STOFFANELLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, M. C, représenté par Me Stoffaneller, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et désigner Me Stoffaneller pour le représenter ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 16 mars 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a décidé son expulsion du territoire français, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Stoffaneller d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, pour le cas où il ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, d'ordonner le versement de cette somme à son profit direct.
Il soutient que :
- l'urgence est en l'espère présumée et justifiée dès lors que l'édiction de la décision contestée l'a placé en situation de séjour irrégulier et que cette décision est susceptible d'être exécutée le 16 mai 2023 ;
- la décision attaquée est entachée de l'incompétence de son auteur dès lors que n'y figure par son identité non plus que sa signature ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- il appartient au ministre de l'intérieur de justifier de sa convocation régulière devant la commission prévue à l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile chargée d'émettre un avis sur le projet d'expulsion d'un étranger et de justifier du respect de la procédure devant cette commission ;
- la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de son comportement au vu de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait, enfin, son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023 à 9 heures 34, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 mars 2023 sous le numéro 2306278 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rahmouni, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- Les observations de Me Stoffaneller, représentant M. C ;
- Les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, enregistrée le 24 mai à 18 heures 19, a été présentée pour M. C, qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C à l'aide juridictionnelle. Il n'appartient, en revanche, pas au juge saisi d'une demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de désigner le conseil du requérant, cette mission incombant, à la demande de ce dernier, au président du bureau d'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. M. C, né le 10 avril 1987, ressortissant du Cameroun, fait valoir qu'il réside en France depuis 1999, où il a rejoint sa famille adoptive accompagné de sa sœur après la disparition de chacun de leur deux parents au Cameroun. Il fait valoir, encore, que compte tenu du traumatisme que lui a causé la mort de sa mère en 1994 puis de son père en 1998 et son arrachement à son pays d'origine, son insertion en France a été très difficile et que des mesures éducatives ont dû être prises à son égard par le juge des enfants, notamment, son placement sous la protection du service de l'aide sociale à l'enfance, alors que la procédure d'adoption internationale engagée en France était pendante, et le prononcé d'une mesure de sauvegarde jusqu'à sa majorité. M. C fait, encore, valoir que l'absence de délivrance de tout titre de séjour entre l'âge de dix-huit et trente et un ans a constitué un obstacle à son insertion, en particulier, professionnelle, cette situation ayant eu pour conséquence la commission d'actes délictueux afin de se procurer les moyens de sa subsistance, notamment. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, M. C fait valoir qu'elle est, en l'espèce, présumée, dès lors que la décision d'expulsion prise à son encontre le fait " basculer " dans une situation irrégulière au regard du séjour. En outre, il fait valoir, par l'ensemble de ses écritures qu'il réside en France depuis de très nombreuses années et y conserve des liens avec ses parents adoptifs et sa sœur.
6. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer, pour prendre la décision d'expulser M. C du territoire français, a retenu le motif que depuis 2006 ce dernier présente un comportement incompatible avec les nécessités de préservation de l'ordre et de la sécurité publics. Il s'est fondé, en particulier, sur les très nombreuses condamnations prononcées par le juge pénal à l'égard du requérant entre le 17 mai 2006 et le 23 juillet 2021 en répression de faits d'atteinte aux personnes ou aux biens, commis parfois avec des circonstances aggravantes, d'infractions à la législation sur les stupéfiants, et, en 2017, de menaces de mort, enfin en dernier lieu, en 2021, d'apologie d'un acte de terrorisme. En outre, des motifs de l'acte attaqué, il ressort que M. C profère des menaces, insultes et des propos d'apologie du terrorisme à l'égard de représentants et agents de l'autorité publique. En outre le ministre de l'intérieur et des outre-mer a annexé à ses écritures en défense une note des services de renseignements, qui rapporte les faits déjà mentionnés dans les motifs de la décision d'expulsion, et, en outre, rapporte qu'alors qu'il faisait l'objet de mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), M. C a, le 3 octobre 2022, de nouveau prononcé des propos outrageants à l'égard d'un fonctionnaire de la police nationale, le 6 octobre suivant a été contrôlé circulant en dehors du périmètre de l'assignation géographique prévue par les MICAS, le 12, le 24 et le 25 décembre 2022 refusait de se soumettre aux condition d'exécutions de ces mesures renouvelées le 12 décembre précédent.
7. S'il ne résulte pas de l'ensemble des motifs de l'acte contesté ni de la note des services de renseignements que le comportement du requérant serait " lié à des activités à caractère terroriste ", ainsi qu'il est mentionné à l'avant dernier paragraphe de l'arrêté d'expulsion, en particulier, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. C ait manifesté une adhésion à une idéologie radicale, serait proche ou membre d'un groupe prônant une telle idéologie ou étant auteur d'actes de terrorisme, il en résulte, en revanche, au vu des actes qu'il a commis depuis de très nombreuses années, que le ministre a entendu, par sa décision d'expulsion, prévenir tous nouveaux troubles à l'ordre public de nature à compromettre la sécurité publique.
8. Dans ces conditions, eu égard à l'intérêt public de la décision objet de la demande de suspension de l'exécution, nonobstant ses effets sur la situation du requérant, la condition d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue, condition qui doit être appréciée objectivement et globalement, n'est, en l'espèce, pas caractérisée.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens relatifs à la légalité de la décision contestée, que les conclusions de M. C à fin de suspension ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Paris, le 24 mai 2023.
Le juge des référés,
J.-F. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026