mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2311196 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | BREVAN |
Vu la procédure suivante :
I./ Par une première requête, enregistrée le 18 mai 2023 sous le numéro 2311202, M. A C B demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 17 mai 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné, ainsi que l'arrêté du même jour portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, enfin le placement en rétention administrative ;
M. C B E soutient que :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la mesure d'éloignement s'analyse comme une double peine ;
-sa situation n'a pas été réellement prise en compte ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, par lequel le préfet de police représenté par la Selarl Actis avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de M. C B n'est fondé.
II./ Par une seconde requête enregistrée le 17 mai 2023 sous le numéro 2311196, M. A C B demande au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté en date du 16 mai 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné, ainsi que l'arrêté du même jour prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer son dossier dans un délai d'un mois suivant notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à la part contributive de l'Etat ;
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
-la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
-la décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
-la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
-la décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
-la décision est contraire aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
-la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
-la décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, par lequel le préfet de police, représenté par la Selarl Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucune des moyens de M. C B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
- les observations de Me Brevan, avocate commise d'office, représentant M. C B dans les deux affaires n°2311202 et 2311196 ;
- le préfet de police n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant péruvien né le 11 octobre 2000, a fait l'objet les 16 et 17 mai 2023 d'arrêtés par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. M. C B demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les deux affaires enregistrées sous le numéros 2311196 et 2311202, concernent la même personne et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ".
4. Me Brevan ayant été commise d'office et représentant le requérant dans ces deux affaires, il n'y a pas lieu d'admettre M. C B au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans ces deux affaire numéros 2311196 et 2311202.
Sur la compétence du tribunal administratif :
5. Il appartient au seul juge judiciaire de la détention et des libertés de mettre fin à la mesure de rétention administrative. Dès lors, les conclusions présentées à cette fin dans la requête n°2311102 sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les différentes décisions attaquées en date des 16 et 17 mai 2023 :
6. Si le préfet de police a pris plusieurs arrêtés du 16 et du 17 mai 2023 pour des raisons liées à la procédure de notification, elles doivent être regardées comme ayant le même objectif et la même portée. Dès lors, les moyens sont communs à l'ensemble des décisions attaquées dans ces deux arrêtés et il y a lieu d'y statuer concomitamment et globalement.
En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. D F, attaché d'administration de l'Etat, directement placé sous l'autorité de la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétente du signataire doit être écarté.
6. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont dès lors suffisamment motivées.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des décisions attaquées que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux et personnel de la situation de M. C B et le moyen doit par suite être écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort des décisions attaquées des 16 et 17 mai 2023, que M. C B a, le 14 mai 2023, été signalé pour détention, transport offre et cession acquisition de stupéfiants, ces faits constituant une menace pour l'ordre public. L'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et ne justifie d'aucune résidence permanente en France. Si M. C B fait valoir que cette décision constituerait une " double peine " avec sa condamnation à six mois de prison avec sursis, la procédure administrative est indépendante de la procédure pénale et ce n'est pas à tort que le préfet de police, qui a suffisamment examiné la situation de l'intéressé, a décidé qu'il constituait une menace pour l'ordre public. Dès lors, les décisions ne sont sur ce point entachées ni d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En dernier lieu, l'intéressé a déclaré être célibataire et sans charge de famille. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
10. Comme retenu aux points précédents, les moyens tirés de l'incompétence de son auteur, de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen de sa situation et de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.
11. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est dépourvu de toute précision. Le requérant ne justifie par ailleurs pas d'un domicile. Le moyen doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. L'intéressé a déclaré être célibataire et sans charge de famille. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. Le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est dépourvu de toute précision et doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
14. Comme mentionnés aux point précédents, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision, de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen de la situation du requérant et de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. C B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : M. C B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans les requêtes n°2311196 et 2311202.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet de police.
Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
A. DEPOUSIER
La République mande et ordonne à la préfète de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8 - 2311202/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026