vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2311602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2023, M. B A, représenté par Me Patureau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 30 mars 2023 par lequel le préfet de police a refusé le renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour autorisant le travail dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de la situation de M. A dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- l'urgence présumée en matière de refus de renouvellement d'un titre de séjour est caractérisée ;
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- le défaut de saisine de la commission du titre de séjour l'a entachée d'un vice de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle mentionne l'existence, sans en rapporter la preuve, d'une manœuvre frauduleuse du requérant ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet de police devait examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur l'article L. 421-1 ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de police, représenté par Me Tomasi, a produit le 7 juin 2023, un mémoire en production de pièces.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 mai 2023 sous le numéro 2311603 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 7 juin 2023 en présence de Mme Porrinas, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Gros,
- les observations de Me Kamoun, se substituant à Me Patureau, pour le requérant,
- et les observations de Me Fleuret, représentant le préfet de police, qui conclut au rejet de la requête en soutenant que la condition d'urgence n'est pas remplie, que deux rapports de police montrent qu'il ne réside pas à l'adresse qu'il a indiquée ce qui constitue une fraude, qu'il ne justifie pas d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans ni de circonstances humanitaires.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fins de suspension :
1. M. A, ressortissant malien, né le 14 août 1989 à Fouroukarane, est entré en France le 5 mai 2012. Il a sollicité, le 12 mai 2022, le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié " valable du 25 novembre 2020 au 24 novembre 2021. Par un arrêté du
30 mars 2023, le préfet de police a rejeté sa demande. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. En défense, le préfet de police ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à faire échec en l'espèce à cette présomption. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen sérieux :
4. Le préfet de police a rejeté la demande de renouvellement en se fondant sur une fraude qu'aurait commise l'intéressé dans la constitution de son dossier de demande de titre de séjour, d'une part, en n'indiquant pas l'adresse où il réside effectivement et, d'autre part, en produisant des documents d'une entreprise au sein de laquelle il n'aurait pas travaillé. En l'état de l'instruction, la suspicion de production d'un faux Cerfa n'est pas établie et en ce qui concerne l'adresse communiquée à la préfecture, selon deux rapports de police c'est une adresse de domiciliation postale chez un tiers. Toutefois le moyen tiré de ce que cette circonstance est suffisante pour vicier la demande et justifier légalement son rejet pour fraude est, en l'état de l'instruction de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu d'en prononcer la suspension.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
5. La présente ordonnance de suspension implique seulement que le préfet de police réexamine la demande de renouvellement de titre de séjour. Il y a lieu de lui enjoindre cette mesure dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte. Il y a lieu d'enjoindre la délivrance sans délai d'un récépissé autorisant provisoirement le séjour et le travail pendant ce réexamen.
Sur les frais de procédure :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 30 mars 2023 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, en délivrant immédiatement dans cette attente un récépissé autorisant provisoirement le séjour et le travail.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. A au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 16 juin 2023.
Le juge des référés,
L. GROS
La République mande et ordonne ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026