mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2312846 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SINGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023, Mme B A représentée par
Me Singh, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2° d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui accorder durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'extrême urgence de sa situation est caractérisée dès lors qu'elle ne peut plus justifier de sa présence sur le territoire français, ne peut plus travailler et est privée de toute ressource pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit de travailler, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à celui de ne pas être soumise à des traitements inhumains ou dégradants.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2023, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que le requérant est invité à se présenter le 21 juin 2023 à la préfecture de police en vue de la remise de son récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la Constitution,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perfettini, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 2 juin 2023 en présence de Mme Depousier, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Perfettini, juge des référés ;
- les observations de Me Singh, représentant Mme A, qui souligne la précarité de la requérante dont le contrat de travail a été suspendu à compter du 18 avril 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née le 14 février 2002 et de nationalité congolaise, est entrée sur le territoire français au mois de novembre 2018 à l'âge de 16 ans. Elle a été confiée à l'aide sociale à l'enfance à compter du 28 décembre 2018 et a, ensuite, été prise en charge dans le cadre d'un contrat dit de " jeune majeur ", valable jusqu'au mois de juillet 2021. Le 14 octobre 2019, la préfecture du Val d'Oise lui avait délivré une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L.313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Le 30 avril 2021, Mme A a emménagé dans un foyer de jeunes travailleurs situé dans le 18ème arrondissement de Paris. La préfecture du Val d'Oise a continué d'instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour mais sans renouveler son récépissé, qui avait expiré le 25 juillet 2021, en dépit de demandes répétées de l'intéressée. Informée au mois d'octobre 2021 par la préfecture du Val d'Oise, de ce que sa demande de renouvellement de titre de séjour relevait de la compétence territoriale de la préfecture de police de Paris, et en raison de difficultés pour obtenir un rendez-vous auprès de cette dernière, Mme A a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris qui, par une ordonnance du 29 janvier 2022, a enjoint au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours. En exécution de cette ordonnance, Mme A a obtenu l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour auprès de la préfecture de police de Paris. Par ailleurs, le 9 décembre 2022, elle a demandé, par l'intermédiaire de son conseil, la communication des motifs du refus implicite de renouvellement de son titre de séjour, en précisant qu'elle sollicitait la délivrance d'un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale ". Le 15 décembre 2022, son récépissé de demande de titre de séjour a expiré. Ses demandes de renouvellement de ce sont demeurées sans réponse. Elle a, alors, introduit un recours en annulation, assorti d'une requête en référé contre le refus implicite de renouvellement de titre de séjour qui lui était opposé. Par une ordonnance du 2 février 2023, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision attaquée, a enjoint au préfet de police de Paris de " procéder au réexamen de la situation administrative de Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification de son ordonnance, et de délivrer dans l'intervalle à l'intéressée, sous dix jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. En exécution de cette ordonnance, une autorisation provisoire de séjour a été délivrée à l'intéressée le 10 février 2023, valable jusqu'au 9 mai 2023. Le 5 avril, le 26 avril et le 15 mai 2023, Mme A a vainement demandé le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Par la présente requête, elle demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui accorder durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et les conclusions du préfet de police tendant au non-lieu à statuer:
3. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dispose que : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () " et aux termes de l'article R. 431-13 du même code : " La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé. ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.
5. En l'espèce, il n'est pas contesté par le préfet de police que les justificatifs nécessaires à l'instruction de la demande de Mme A ont été produits et que l'intéressée a effectué dans les délais prescrits toutes les démarches nécessaires à l'instruction de son dossier. Dans ces conditions, en ne procédant pas au réexamen de la situation de Mme A dans le délai d'un mois ordonné par le juge des référés et en s'abstenant de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de la requérante, le préfet de police a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir de l'intéressée et à son droit au travail, ce que, au demeurant, il ne conteste pas. Par ailleurs, s'il a produit, au début de l'audience, un mémoire par lequel il conclut au non-lieu à statuer, au motif que Mme A est invitée à se présenter le 21 juin à 13h30 à la préfecture de police en vue de la remise d'une autorisation provisoire au séjour l'autorisant à travailler dans le cadre de l'instruction de sa demande, cette circonstance ne permet pas de regarder la requête comme privée d'objet, eu égard la situation de précarité de Mme A, qui est privée de tout droit à demeurer sur le territoire français et ne peut plus légalement travailler dès lors que le contrat de travail à durée déterminée obtenu par elle alors qu'elle était encore titulaire d'un récépissé n'est plus en vigueur depuis le 31 mars 2023 et que, le 9 mai 2023, lui a été notifiée une décision de cessation d'inscription auprès de Pôle Emploi en raison de l'expiration de son autorisation provisoire de séjour. Sans ressources et dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant en bas âge, Mme A justifie ainsi se trouver dans une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'instruction de la demande de titre de séjour de Mme A dans un délai d'un mois et de délivrer à l'intéressée pendant la durée de cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Singh de la somme de 1 000 euros, sous réserve que Me Singh renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de police de procéder à l'instruction de la demande de titre de séjour de Mme A dans un délai d'un mois et de délivrer à l'intéressée pendant la durée de cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pour la durée de l'instruction de son dossier, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'État versera à Me Singh la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Singh renonce à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Singh.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 6 juin 2023.
La juge des référés,
D. PERFETTINI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026