vendredi 27 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2313014 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | BERTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juin et 17 novembre 2023, Mme B D, représentée par Me Oumar Berté, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la présidente du groupement d'intérêt public (GIP) " Maison départementale des personnes handicapées de Paris " (MDPH de Paris) lui a infligé la sanction disciplinaire du licenciement ;
2°) d'enjoindre au GIP MDPH de Paris de la réintégrer à la date de son éviction et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux, y compris le paiement des salaires, primes et accessoires dont elle aurait dû bénéficier, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et d'effacer toute mention de cette sanction et des poursuites disciplinaires engagées à son encontre de son dossier administratif et de tout autre fichier, dans un délai d'un mois à compter de la date de sa réintégration sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle n'a pas été préalablement informée des faits qui lui sont reprochés dans le courrier du 28 avril 2023 l'informant de l'ouverture d'une procédure disciplinaire à son encontre, en méconnaissance des dispositions de l'article 4 du décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ;
- le courrier la convoquant à un entretien préalable à une sanction disciplinaire qui lui a été adressé est daté du 28 avril 2023 et a été signé par Mme A alors que le courrier figurant dans son dossier administratif est daté du 18 avril 2023 et a été signé par Mme C, cette incohérence entachant d'irrégularité la procédure ; le contenu des courriers des 18 et 28 avril 2023 ne sont pas les mêmes alors qu'ils comportent le même numéro de lettre recommandée avec accusé de réception ;
- le courrier du 28 avril 2023 et signé par Mme A ne précise pas la qualité de son auteur en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et Mme A ne disposait d'aucune compétence pour engager la procédure disciplinaire à son encontre ; Mme C, signataire du courrier du 18 avril, ne disposait pas non plus d'une compétence pour engager la procédure disciplinaire ;
- la commission consultative paritaire n'a pas été consultée préalablement à l'édiction de la sanction disciplinaire en méconnaissance de l'article L. 532-5 du code général de la fonction publique et de l'article 1-2 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- s'il a été émis, l'avis ne figure pas dans son dossier ; il n'est pas établi qu'il est motivé, que le quorum était respecté lorsque la commission s'est réunie et que celle-ci a été convoquée par l'autorité compétente en matière disciplinaire ; il n'est pas établi que l'avis a été émis après l'entretien préalable et avant l'édiction de la sanction du licenciement en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 112-1 et L. 272-2 du code général de la fonction publique et des articles 42-1 et 42-2 du décret du 15 février 1988 ;
- la sanction attaquée est entachée d'inexactitude matérielle les faits d'absences injustifiées et de manquement à l'obligation d'obéissance hiérarchique qui lui sont reprochés n'étant ni circonstanciés ni datés de sorte qu'il n'est pas possible d'apprécier leur bien-fondé, leur gravité et leur récurrence ; elle avait demandé des jours de RTT à sa hiérarchie pour les 4, 5, 6 et 7 avril et un jour de fractionnement pour la journée du 11 avril 2023 en se prévalant d'un évènement personnel qu'elle ne souhaitait pas préciser s'agissant d'une question personnelle très sensible et sa hiérarchie a exigé la production de justificatifs afin de valider sa demande alors que le règlement intérieur du GIP prévoit que les absences sont validées par les n+1 a posteriori si l'agent communique des motifs ou des justificatifs ;
- elle est disproportionnée par rapport aux faits qui lui sont reprochés ;
- elle méconnaît le principe " non bis in idem " dès lors qu'elle a déjà été sanctionnée d'un avertissement pour les faits supposés de désobéissance hiérarchique et qu'elle a déjà fait l'objet de retenues irrégulières sur traitement pour les prétendues absences injustifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2023, le groupement d'intérêt public (GIP) " Maison départementale des personnes handicapées de Paris ", représenté par Me Naoële Belahouane, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juin 2025 :
- le rapport de M. Medjahed, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Belahouane, représentant le GIP MDPH de Paris.
Une note en délibéré, présentée pour le GIP MDPH de Paris, a été enregistrée le 19 juin 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a été recrutée par le groupement d'intérêt public (GIP) " Maison départementale des personnes handicapées de Paris " en qualité d'agente contractuelle pour assurer les fonctions d'instructrice au pôle instruction des droits de la maison départementale des personnes handicapées par un contrat à durée déterminée du 1er juillet 2022 au 30 juin 2025 inclus. Par une décision du 22 mai 2023, la présidente du groupement lui a infligé la sanction disciplinaire du licenciement à compter du 9 juin 2023. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal l'annulation de cette sanction disciplinaire et qu'il soit enjoint au GIP de la réintégrer à la date de son éviction et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux et d'effacer toute mention de cette sanction et des poursuites disciplinaires dirigées contre elle de son dossier administratif et de tout autre fichier, dans un délai d'un mois à compter de la date de sa réintégration sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 36-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / 4° L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre jours à six mois pour les agents recrutés pour une durée déterminée et de quatre jours à un an pour les agents recrutés pour une durée indéterminée ; / 5° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement. / () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont établis au vu de l'ensemble des éléments versés au dossier et, dans l'affirmative, s'ils présentent un caractère fautif de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. La sanction disciplinaire du licenciement infligée à Mme D est motivée par un manquement à l'obligation d'obéissance hiérarchique et par des absences injustifiées en méconnaissance du règlement intérieur de la maison départementale des personnes handicapées de Paris.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'un avertissement a été infligé à Mme D le 20 mars 2023 pour manquement au devoir d'obéissance hiérarchique en raison d'un comportement et de propos tenus à plusieurs reprises à l'égard de sa hiérarchie caractérisant une attitude désinvolte et irrespectueuse et qu'il lui a été demandé un changement dans son comportement, ses propos et son attitude envers ses responsables hiérarchiques et ses collègues et elle a été informée qu'un suivi sera effectué pour constater si ce changement a été effectif ou non. Il résulte d'un rapport de situation du 24 avril 2023 versé au dossier par la requérante elle-même qu'il lui a été reproché de nouveaux faits sur lesquels s'est fondée l'autorité disciplinaire pour la licencier.
En ce qui concerne l'obligation d'obéissance hiérarchique :
6. Si Mme D ne conteste pas qu'elle a demandé à ses collègues et aux agents polyvalents du pôle instruction, à la suite d'un entretien du 17 mars 2023 préalable à l'avertissement qui lui a été infligé, de lui préciser les déclarations qu'ils avaient pu faire à son sujet, ces faits ne présentent pas en eux-mêmes un caractère fautif, la requérante se bornant à solliciter des informations.
7. Il n'est par ailleurs pas contesté qu'elle n'a pas respecté la procédure de signalement des difficultés informatiques rencontrées dans l'exercice de ses fonctions en informant de trop nombreux collègues du fait qu'elle n'arrivait pas à allumer son ordinateur. Ces faits, constitutifs d'une méconnaissance des procédures internes, présentent un caractère fautif.
8. Ensuite, s'il est reproché à Mme D d'avoir répondu le lundi 27 mars 2023 à une demande de sa hiérarchie du mardi 21 mars 2023 de correction et d'information complémentaire sur un dossier qu'elle a traité après avoir été relancé le 27 mars 2023, il n'est pas établi en défense que ce délai de réponse de six jours est anormal au regard des instructions données aux agents ou des nécessités de service et, par suite, fautif.
9. Il est également reproché à Mme D, après qu'il lui a été rappelé, par courriel du mardi 28 mars 2023, la procédure à suivre dans le traitement des demandes de correction et d'information complémentaire, d'avoir apporté une réponse en utilisant des propos objectivement inappropriés dans le ton et la forme. Toutefois, aucune pièce versée au dossier ne corrobore cette affirmation, le rapport de situation du 24 avril 2023 se bornant à illustrer ces propos en indiquant que la requérante a utilisé la formule " tu penses bien que ", dont l'usage à l'oral ou à l'écrit ne présente aucun caractère fautif.
10. En outre, il résulte des termes non contestés du rapport de situation du 24 avril 2023 que la réponse de Mme D au courriel précité du 28 mars 2023 a été adressée à sa hiérarchie n+2 avec en copie les encadrantes et les agents polyvalents du pôle instruction et qu'une réponse lui a été apportée par courriel pour lui rappeler le parcours d'un dossier au sein de la structure et les relais possibles en interne au pôle selon les sollicitations des usages. Ces faits, constitutifs d'une méconnaissance des procédures internes, présentent un caractère fautif.
11. Si Mme E ne conteste pas qu'en réponse à un courriel de son encadrante du 29 mars 2023 lui rappelant les formes de bienséance dans la communication au travail et les changements qui lui ont été demandés par la direction, notamment dans le cadre de son entretien du 17 mars 2023 préalable à l'avertissement qui lui a été infligé, elle a adressé un courriel indiquant à son encadrante qu'elle ressentait son courriel comme " offensant et très harcelant " et " accusateur de véhiculer de mauvaises informations (sic) ", ces faits ne présentent pas en eux-mêmes un caractère fautif, la requérante se bornant à exprimer sans excès son ressenti. Il en va de même des termes du rapport de situation du 24 avril 2023 mentionnés entre crochets selon lesquels " [le mardi 28 mars 2023, une collègue du bureau de Mme D a déclaré oralement à son encadrante "qu'est-ce qui se passe avec B, elle dit qu'on supprime son travail")] ".
12. La circonstance non contestée que Mme D a unilatéralement décidé de ne plus suivre la formation métier des agents instructeurs en estimant qu'elle avait compris et savait déjà faire, qui constitue un refus de se conformer aux obligations de formation, présente un caractère fautif.
13. S'il n'est pas contesté que, le 31 mars 2023, Mme D a posé oralement à son encadrante des questions relatives à l'activité et qu'il lui a été demandé de faire part de ses questions par courriel afin d'éviter toute interprétation des réponses apportées et que toutes les réponses et mesures d'accompagnement lui seront apportées et qu'elle a alors adressé ses questions par courriel en commençant par " comme t'a refusé de me répondre oralement, [] ", l'emploi de cette incise par courriel n'est pas en lui-même constitutif d'une faute compte tenu du contexte particulier de cet échange.
14. Enfin, de manière générale, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de situation du 24 avril 2023, qu'il est reproché à Mme D d'être, depuis la mi-septembre 2022, en situation de contestation constante à l'égard de ses responsables hiérarchiques, de faire preuve de désinvolture dans l'accomplissement des tâches qui lui sont confiées et dans les échanges avec ses responsables relatifs à l'instruction des situations des usagers, de n'accepter aucune remarque sur son travail et de ne pas remplir l'ensemble des missions d'un agent instructeur. Ces faits non circonstanciés ne sont étayés par aucune pièce versée au dossier. Il ressort au contraire des pièces du dossier, notamment des courriers et courriels adressés par Mme D à sa hiérarchie, qu'elle s'est bornée, de manière certes ferme mais toujours courtoise et sans excès, à faire part de sa volonté de ne pas renouveler sa période d'essai et de voir ainsi son contrat de travail devenir définitif, à faire valoir ses droits à l'adaptation de son poste de travail au regard de son handicap conformément aux préconisations du médecin du travail et à bénéficier de la possibilité de télétravailler conformément à la politique de la structure et à exprimer sa souffrance au travail.
En ce qui concerne les absences injustifiées :
15. Il ressort des pièces du dossier, notamment des termes non contestés du rapport de situation du 24 avril 2023, que Mme D s'est absentée les 4, 5, 6, 7 et 11 avril 2023, qu'elle a prévenu ses encadrantes de ses absences par courriels des 4, 7 et 11 avril 2023, qu'elle a repris son poste le 12 avril 2023 et demandé le jour même par courriel la validation de ces jours d'absence en posant quatre jours de réduction du temps de travail (RTT) et un jour de fractionnement alors qu'elle ne disposait à cette date que de trois jours de RTT. Il est constant qu'elle n'a pas communiqué à sa hiérarchie de motifs ni de justificatifs de ses absences, ce qu'elle justifie par le fait qu'elle s'est prévalue devant sa hiérarchie d'un évènement personnel qu'elle ne souhaitait pas préciser s'agissant d'une question très sensible. Si elle a commis une faute en prenant ses congés sans attendre la validation de sa demande de congé par sa hiérarchie et en posant quatre jours de RTT alors qu'elle n'en disposait plus que de trois, elle a toutefois averti sa hiérarchie dès le 4 avril 2023 de ses absences en invoquant un motif personnel qu'elle était en droit de ne pas révéler et dont il ressort des pièces du dossier qu'il justifiait qu'elle s'absente de son travail et l'administration n'oppose en défense aucun motif tiré d'une quelconque nécessité de servir s'opposant à ce que l'intéressée prenne des congés ces jours-là.
16. Il résulte de ce qui précède que certains des faits sur lesquels s'est fondée l'autorité disciplinaire pour prononcer le licenciement de Mme D ne sont pas établis ou ne présentent pas de caractère fautif. Si les faits matériellement établis et présentant un caractère fautif consistant à ne pas avoir respecté les procédures internes de signalement d'un problème d'ordinateur auquel elle a été confrontée, à ne pas s'être conformée aux obligations de formation et à avoir pris cinq jours de congés sans attendre la validation de la demande de congé par sa hiérarchie et en posant quatre jours de RTT alors qu'elle n'en disposait plus que de trois, étaient de nature à justifier une sanction disciplinaire, l'autorité disciplinaire, qui disposait d'un éventail de sanctions de nature et de portée différentes, notamment de la possibilité de prendre une sanction, dans les circonstances de l'espèce, pouvant aller jusqu'à l'exclusion temporaire de fonctions, a, en faisant le choix du licenciement, prononcé à l'encontre de Mme D une sanction disproportionnée au égard de la nature et de la relative gravité des faits reprochés et alors même que la requérante avait déjà fait l'objet d'un avertissement infligé le 20 mars 2023 pour des faits antérieurs de manquement au devoir d'obéissance hiérarchique. Dès lors, la décision de la présidente du GIP MDPH de Paris du 22 mai 2023 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. L'annulation d'une décision évinçant illégalement un agent public implique, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, outre la réintégration juridique rétroactive de cet agent à la date de la décision d'éviction illégale, entraînant la régularisation de ses droits sociaux, sa réintégration effective dans l'emploi qu'il occupait avant son éviction illégale ou dans un emploi équivalent à celui-ci. Toutefois, si l'annulation du licenciement d'un agent contractuel implique en principe la réintégration de l'intéressé à la date de son éviction, cette réintégration doit être ordonnée sous réserve de l'examen de la date à laquelle le contrat aurait normalement pris fin si la mesure d'éviction illégale n'était pas intervenue.
18. L'annulation du licenciement prononcé à l'encontre de Mme D implique nécessairement qu'il soit procédé à la réintégration juridique de l'intéressée avec reconstitution de ses droits sociaux, notamment de ses droits à pension de retraite, au titre de la période du 9 juin 2023, date d'effet de son licenciement jusqu'au 30 juin 2025, date d'échéance de son contrat à durée déterminée. Elle implique également l'effacement de toute référence à cette décision de son dossier administratif. Il y a donc lieu d'enjoindre au GIP MDPH de Paris de prendre des mesures en ce sens dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
19. En revanche, il n'y a pas lieu de procéder à la réintégration effective de la requérante dans l'emploi qu'elle occupait ou dans un emploi équivalent à celui-ci, cette réintégration effective étant matériellement impossible compte tenu de la durée restant à courir entre la date du présent jugement et la date de fin de contrat de la requérante. En outre, contrairement à ce que soutient Mme D, l'annulation de la décision prononçant son licenciement n'implique pas, en l'absence de service fait, qu'il soit enjoint au GIP MDPH de Paris de procéder au versement de sa rémunération au titre de la période d'éviction illégale.
Sur les frais liés au litige :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GIP MDPH de Paris le versement à Mme D de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le GIP demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la présidente du GIP MDPH de Paris du 22 mai 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au GIP MDPH de Paris de réintégrer juridiquement Mme D avec reconstitution de ses droits sociaux pour la période allant du 9 juin 2023, date d'effet de son licenciement, au 30 juin 2025, date de fin de son contrat à durée déterminée, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de procéder sans délai à l'effacement de la sanction du 22 mai 2023 du dossier administratif individuel de Mme D.
Article 3 : L'Etat versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête de Mme D et les conclusions du GIP MDPH de Paris tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au groupement d'intérêt public (GIP) " Maison départementale des personnes handicapées de Paris ".
Délibéré après l'audience du 13 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Lu en audience publique le 27 juin 2025.
Le rapporteur,
N. MEDJAHED
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026