lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2313463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 5 juillet 2023, M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police, d'une part, de lui délivrer un rendez-vous afin que lui soit délivrée un rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jours de retard afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et, d'autre part, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail;
2°) de mettre à charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que l'absence de possibilité de prise de rendez-vous le plonge dans une situation de précarité dans laquelle il risque un placement en centre de rétention administrative et une reconduite dans son pays d'origine ;
- l'impossibilité de prendre un rendez-vous auprès de la préfecture à laquelle il fait face depuis plus de 3 mois témoigne de la violation des principes de continuité du service public et d'égal accès au service public ;
- il justifie d'un certain nombre de tentatives de prises de rendez-vous avec la préfecture ;
- ses conclusions ne font pas obstacles à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite, le préfet de police ayant répondu favorablement à la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B, celui-ci est en cours de fabrication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marino, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité afghane, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 25 juillet 2017. Sa dernière carte de séjour a expiré le 5 mars 2023. A la suite de sa demande de renouvellement, M. B a été convoqué à deux reprises dans le cadre d'un rendez-vous pour remise de titre. Il n'a pu se rendre à la convocation du 29 mars 2023 et celle du 25 avril 2023 a été annulée la veille par la préfecture au motif qu'aucun titre de séjour n'était disponible à son nom au centre de remises de titre. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de police, d'une part, de lui délivrer une convocation afin de pouvoir déposer sa demande de titre de séjour et, d'autre part, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture et que l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a formé une demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, la condition d'urgence est satisfaite.
6. En second lieu, le préfet fait valoir que la demande de renouvellement de M. B a fait l'objet d'une réponse favorable, son titre de séjour étant en cours de fabrication. Néanmoins, il n'a délivré ni récépissé de dépôt de sa demande ni attestation de décision favorable à M. B lui permettant de justifier de son droit de séjour en France le temps de la fabrication du titre. M. B a formulé, avec l'aide de son assistante sociale, des demandes de rendez-vous auprès de la préfecture les 4 avril et 8 juin 2023. Il fait aussi état d'une tentative de connexion vaine sur le site de la préfecture en date du 12 mai 2023. En outre, un rendez-vous qu'il avait pu obtenir le 24 avril a été annulé la veille par la préfecture. Suite à l'échec de ces tentatives de prise de rendez-vous, il s'est retrouvé dans l'impossibilité de pouvoir demander et obtenir une attestation de décision favorable lui permettant de voir sa situation sur le territoire français régularisée en attendant la fabrication de son titre de séjour. Il s'ensuit que les mesures demandées sont utiles et ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. B un rendez-vous pour la délivrance d'une attestation de décision favorable dans un délai d'un mois à compter l'ordonnance à intervenir, sans qu'il soit besoin à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de de délivrer à M. B un rendez-vous pour la remise d'une attestation de décision favorable dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 31 juillet 2023.
Le juge des référés,
Y. MARINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026