jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2023, M. A B, représenté par Me de Seze, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 mai 2023 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'enjoindre au préfet de police, dans un délai de 5 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros à verser à Me de Seze en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- la condition relative à l'urgence est remplie en ce que la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil suite à son placement en fuite le met dans une situation de précarité administrative ;
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il n'a pas été informé des conséquences des manquements aux obligations de présentation lors de l'enregistrement de sa demande en procédure Dublin ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 9 du règlement (CE) n°1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 en ce que la Suède n'a pas été informée de la prorogation du délai de transfert ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne peut être regardé comme en fuite.
La requête a été communiqué au préfet de police qui a produit des pièces enregistrées les 28 et 29 juin 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 juin 2023 sous le numéro 2314272 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 29 juin 2023 à 14h30, tenue en présence de Mme Toubi, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me de Sèze, représentant M. B, absent, qui justifie son absence le jour de la convocation pour l'embarquement le 1er mars 2023 par le besoin ressenti d'aller voir son médecin ce jour-là ;
- les observations de Me Floret, substituant Me Tomasi, représentant le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant afghan né le 1 avril 2000 à Ghazni, s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile en procédure dite Dublin, le 6 septembre 2022. Par un arrêté du 4 octobre 2022, le préfet de police a décidé de son transfert aux autorités suédoises, responsables de sa demande d'asile. A l'expiration du délai initial de six mois, M. B a demandé au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 30 mai 2023 du préfet de police portant refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées et eu égard à l'urgence à statuer, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
5. A l'appui de ses conclusions tenant à la suspension de l'exécution de la décision contestée, M. B fait valoir, d'une part, que cette décision est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il n'a pas été informé des conséquences des manquements aux obligations de présentation lors de l'enregistrement de sa demande en procédure Dublin. D'autre part, il soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait les dispositions de l'article 9 du règlement (CE) n°1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, la Suède n'ayant pas été informée de la prorogation du délai de son transfert. Enfin, il fait valoir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne peut être regardé comme en fuite. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de sa demande présentée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de police et à Me de Seze.
Fait à Paris, le 6 juillet 2023.
Le juge des référés,
L. GROS
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026