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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2314284

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2314284

mercredi 5 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2314284
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET MINIER, MAUGENDRE ET ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2023 et un mémoire enregistré le 28 juin 2023, Mme B A , représentée par Me Laplante, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 17 avril 2023 par laquelle l' Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) lui a refusé le bénéfice d'une mise en retraite pour invalidité ;

2°) d'enjoindre à l'AP-HP d'examiner sa demande en suivant la procédure légalement prévue à cet effet et ce dans un délai de 15 jours suivant l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge d'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-sa requête est recevable ;

Sur l'urgence :

-la décision attaquée la prive de tout traitement et la place dans une situation précaire ; cette décision l'empêche de pouvoir bénéficier de sa pension de retraite mais aussi de pouvoir continuer à percevoir un versement de l'AP-HP dans l'attente que sa demande de retraite pour invalidité soit régulièrement étudiée.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

-la décision attaquée n'est pas motivée ;

-elles est entachée d'un vice de procédure, l'AP-HP n'ayant pas consulté le comité médical pour avis avant de statuer sur la demande de mise en retraite pour invalidité ;

-elle méconnait l'article 30 du décret n°2003-1306 dès lors que le fonctionnaire qui en fait la demande peut bénéficier du régime de retraite pour invalidité, quand bien même il aurait atteint l'âge légal de retraite ouvrant droit à une pension de droit commun.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête est irrecevable, que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2312842 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue, le 28 juin 2023, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience, Mme Evgénas a lu son rapport et entendu :

-Me Laplante pour Mme A,

-et Me Neven pour l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, aide-soignant titulaire exerçant au sein de l'hôpital Adélaïde-Hautval de Villiers-le-Bel puis affectée à l'Hôpital Ambroise Paré à Paris, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 17 avril 2023 par laquelle l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) lui a refusé le bénéfice d'une mise en retraite pour invalidité.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence, Mme A soutient que la décision attaquée du 17 avril 2023 lui refusant le bénéfice d'une mise en retraite pour invalidité la prive de tout traitement et la place dans une situation financière précaire ne pouvant ni bénéficier de sa pension de retraite ni bénéficier des versements de l'AP-HP dans l'attente que sa demande de retraite pour invalidité soit régulièrement étudiée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A qui a atteint la limite d'âge d'exercice le 30 novembre 2022 n'a ni sollicité une prolongation d'activité ni présenté un dossier de demande d'admission à la retraite avant le 19 avril 2023, date à laquelle elle déposait finalement un dossier de demande de pension normale CNRACL pour une retraite à compter du 1er décembre 2022. Si la requérante fait valoir qu'elle a sollicité le 7 juin 2022 une retraite pour invalidité et produit un imprimé en ce sens, elle ne justifie pas l'avoir adressé à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris qui conteste avoir reçu une telle demande. Par ailleurs, si Mme A ajoute que l'AP-HP va cesser de lui verser ses traitements, il ressort des pièces du dossier que c'est à titre exceptionnel que l'administration a continué à lui verser son traitement après l'intervention de sa limite d'âge dans l'attente de la liquidation de ses droits à pension et qu'il était prévu que cette rétribution provisoire avait vocation à être restituée dès que l'intéressée aurait déposé un dossier d'admission à la retraite et perçu de manière rétroactive sa pension. Ainsi, la situation d'urgence qu'elle invoque résulte non de la décision attaquée mais de son propre comportement en ne déposant pas dans les délais sa demande d'admission à la retraite et alors qu'elle ne justifie pas avoir sollicité une retraite pour invalidité.

5. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions en injonction et de celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP).

Fait à Paris, le 5 juillet 2023 .

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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