jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314424 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LUJIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Lujien, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admette au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 24 mars 2023 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil rétroactivement, à compter du 1er janvier 2023, dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 501 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, de la somme de 1 800 euros à Me Lujien, sous réserve qu'elle renonce dans ce cas à percevoir l'indemnité allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, en cas de non admission à l'aide, le versement de la même somme à Mme A, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- l'urgence est caractérisée dès lors que Mme A, enceinte, ne dispose pas des conditions matérielles d'accueil, d'aucune ressource et nourriture, et dispose d'un logement temporaire et précaire ;
En ce qui concerne le doute quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire dès lors que Mme A n'a pas pu présenter ses observations ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne pouvait être refusé à Mme A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, qui disposait d'une attestation de demandeur d'asile valable au jour de la décision attaquée, est enceinte, vulnérable et ne dispose d'aucune ressource.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête au motif que les conditions d'urgence et de doute sérieux quant à la légalité de la décision ne sont pas remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 juin 2023, en présence de Mme Toubi, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gros ;
- les observations de Me Lujien, avocate de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane, née le 21 octobre 1992 à Enugu (Nigéria) est entrée en France le 2 août 2022, en passant par le Portugal. Le 5 septembre 2022, elle a présenté une demande d'asile enregistrée au guichet unique, placée en procédure " Dublin ". Le 28 septembre 2022, elle a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 28 novembre 2022, elle a fait l'objet d'une décision de transfert à destination du Portugal. Par une lettre du 21 février 2023, l'OFII lui a notifié son intention de lui retirer ses conditions matérielle d'accueil, confirmée par une décision du 24 mars 2023, notifiée le 18 avril 2023, au motif qu'elle n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités les 12 et 19 décembre 2022. Par la présente requête, elle demande la suspension de la décision du 24 mars 2023 par laquelle l'OFII a décidé du retrait de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. "
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
En ce qui concerne l'urgence :
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Enfin, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. La requérante est enceinte, vulnérable et indique sans être contredite ne disposer d'aucune ressource pour subvenir à ses besoins. Dans ces conditions, la décision attaquée qui porte cessation de ses conditions matérielles d'accueil préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence est remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. En l'état de l'instruction, étant donné que la requérante est enceinte et serait atteinte d'une méningite, le moyen tiré de la prise en compte erronée de sa vulnérabilité est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. Les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 24 mars 2023.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
9. La présente ordonnance de suspension implique le rétablissement provisoire des conditions matérielles d'accueil. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'OFII de les rétablir provisoirement et pour l'avenir, sans délai.
Sur les frais de l'instance :
10. Mme A ayant été provisoirement admise à l'aide juridictionnelle, par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lujien, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lujien de la somme de 1 500 euros. Cette somme sera versée à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet définitif de sa demande d'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 24 mars 2023 de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de rétablir provisoirement et pour l'avenir, sans délai, les conditions matérielle d'accueil de Mme A.
Article 3 : La somme de 1500 euros est mise à la charge de l'OFII dans les conditions définies au point 10 au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Lujien et à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
Fait à Paris, le 6 juillet 2023.
Le juge des référés,
L. GROS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2314424
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026