mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314886 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, Mme B A, représentée par Me David, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du préfet de police la plaçant en fuite ainsi que des décisions du préfet de police du 16 mai 2023 prononçant la prolongation du délai de transfert et du 25 mai 2023 rejetant sa demande d'enregistrement de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros TTC à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou à elle-même si elle n'était pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition relative à l'urgence est présumée remplie s'agissant d'un refus d'enregistrement d'une demande d'asile ; elle se trouve dans une situation de précarité ; elle ne peut attendre que sa requête soit jugée au fond, compte tenu des délais d'instruction des recours contentieux ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées :
S'agissant de la décision de placement en fuite :
.cette décision est entachée d'incompétence ;
.elle n'est pas motivée en faits et en droit ;
. elle méconnaît l'article 29.2 du règlement n° 604-2013 ; elle s'est présentée à toutes les convocations mais n'a pas pu se rendre à l'aéroport le 16 mai 2023 ; elle ne peut être placée en fuite pour n'avoir pas honorée une unique convocation ; en outre, elle a trois enfants en bas âge, dont deux ont des problèmes de santé ; elle se trouve, avec sa famille, dans une situation de grande vulnérabilité ; elle justifiait d'un motif légitime le 16 mai 2023, compte tenu de ce qu'elle a dû se rendre aux urgences pédiatriques concernant son fils et qu'elle en a avisé les services moins de dix jours plus tard ;
S'agissant du refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale :
.cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de prolongation du délai de transfert et du placement en fuite ;
.elle n'est pas fondée en l'absence d'une situation de fuite, les autorités françaises étant redevenues responsables de sa demande d'asile ;
S'agissant de la décision de placement en fuite :
.cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
. elle n'est pas motivée ;
. elle méconnaît l'article 29.2 du règlement n° 604-2013 pour les mêmes motifs que ceux rappelés précédemment ; sa situation de vulnérabilité n'a pas été prise en compte ; elle a justifié de son absence ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête présentée par Mme A tendant à l'annulation des décisions dont la suspension est demandée.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Riou pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ()". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 5 avril 1993, entrée sur le territoire français le 14 juillet 2022 sous couvert d'un visa délivré par les autorités allemandes le 30 juin 2022, a déposé une demande d'asile enregistrée en procédure dite " Dublin " le 20 octobre 2022. Elle a fait l'objet d'un arrêté préfectoral en date du 26 janvier 2023 prononçant son transfert aux autorités allemandes, lesquelles avaient donné leur accord à sa prise en charge le 22 novembre 2022. Mme A ne s'étant pas présentée à l'aéroport pour un départ vers l'Allemagne prévu le 16 mai 2023, le préfet de police l'a placée en fuite et le délai de transfert a été prolongé de six à dix-huit mois. Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du préfet de police la plaçant en fuite et des décisions préfectorales du 16 mai 2023 prononçant la prolongation du délai de transfert et du 25 mai 2023 rejetant sa demande d'enregistrement de sa demande d'asile.
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions relatives à la décision de prolongation du délai de transfert :
3. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'Etat responsable de la demande d'asile par l'Etat membre qui ne peut procéder au transfert du fait de cette fuite, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'Etat responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours. Par suite, les conclusions en suspension dirigées contre la décision de prolongation de l'arrêté de transfert doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision de placement en fuite et le refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale :
4. Mme A se prévaut de sa situation de précarité et de vulnérabilité, en soutenant qu'elle est la mère de 3 enfants nés respectivement en 2015, 2020 et en septembre 2022 qui ont des problèmes de santé. Elle soutient qu'elle n'a pu honorer la convocation préfectorale pour se rendre à l'aéroport le 16 mai 2023 au motif qu'elle avait dû se rendre aux urgences pédiatriques concernant son dernier enfant qui souffre d'une hernie ombilicale et est suivi en cardiopédiatrie. Pour justifier de cette impossibilité, elle produit un certificat médical pour " dispense de scolarité ou crèche " pour une durée de deux jours, établi le 16 mai 2023 par le service d'accueil des urgences du centre hospitalier d'Argenteuil et une ordonnance du même jour prescrivant un vaccin et une échographie abdominale " bilan douleurs chroniques " ainsi que du forlax, du spasfon et de l'adiaril en cas de besoin. Toutefois, aucune de ces pièces ne mentionne un état de santé impliquant l'impossibilité de voyager. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas d'un motif légitime pour s'être soustraite à la mesure de transfert dont elle faisait l'objet. En outre, l'arrêté de transfert du 26 janvier 2023 mentionnait que les autorités allemandes avaient également accepté de prendre en charge ses trois enfants mineurs et il n'est ni établi ni même allégué que la famille ne pourrait pas faire l'objet d'une prise en charge médicale adaptée en Allemagne.
5. Aucun des moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension ne paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
7. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Il ressort de ce qui a été dit précédemment que la présente requête est manifestement dénuée de fondement. Dès lors, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me David.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de police.
Fait à Paris, le 28 mai 2023.
La juge des référés,
C. Riou
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026