jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET MORDANT, FILIOR, SERRE (ASSOCIATION) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, M. A, représenté par Me Odin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son certificat de résidence de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de Paris de réexaminer sa situation administrative dans le délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée le place en situation irrégulière alors qu'il est bien intégré au plan social et professionnel ; il réside en France depuis l'année 2000 ; ses attaches familiales se trouvent en France où résident son épouse, leur enfant ainsi que deux autres enfants qui sont de nationalité française ; il justifie d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel et il prend seul en charge l'ensemble de la famille ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité du refus de titre de séjour :
.il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cette décision ;
. cette décision n'est pas motivée et sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
. une erreur de droit a été commise ; l'article 7 bis de l'accord franco-algérien a été méconnu en ses alinéas f), g) et h) ; son certificat de résidence devait être automatiquement renouvelé ; il remplit les conditions posées par ces dispositions ;
. il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
. l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu.
La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit d'observations mais des pièces enregistrées le 6 juillet 2023.
Vu :
- la requête par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier, dont l'arrêt n° 206914 ministre de l'intérieur contre Belmehdi, rendu le 14 février 2001 par le Conseil d'Etat.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Riou pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Riou ;
- les observations de Me Zanjantchi, pour M. A, qui développe les mêmes moyens que sa requête et insiste sur la vie privée et familiale du requérant en France ;
- et les observations de Me Dussault, pour le préfet de police, qui fait valoir qu'il y a lieu d'étendre à l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, la jurisprudence récente prononcée par le Conseil d'Etat qui retient la réserve de la menace à l'ordre public dans l'application des articles 6-4 et 7 ter de cet accord.
M. A n'étant pas présent.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de référé :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon les termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ".
En ce qui concerne l'urgence :
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant algérien né le 17 août 1967, a bénéficié d'une carte de résident valable du 27 juin 2012 au 26 juin 2022 sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Compte tenu de la durée de son séjour en France et de ce qu'il est marié à une compatriote depuis 2008 et qu'un enfant est né de leur relation, également en 2008, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de regarder la condition d'urgence comme remplie.
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
4. Par l'arrêté contesté, le préfet de police a refusé le renouvellement du certificat de résidence de dix ans de M. A au motif que ce dernier constituait une menace à l'ordre public. Or, il résulte des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié qu'aucune restriction n'est prévue au renouvellement du certificat de résidence tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public. Dès lors, le préfet de police ne pouvait légalement opposer à M. A l'existence d'une menace à l'ordre public pour justifier le rejet de sa demande de renouvellement de son certificat de résidence. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit au regard de ces stipulations, invoqué par M. A à l'appui de sa demande de suspension paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté en cause. Le requérant est dès lors fondé à demander la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. La présente ordonnance implique qu'il soit enjoint au préfet de police de réexaminer la situation administrative de M. A et de le munir, dans l'attente du jugement à intervenir au fond, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté préfectoral du 31 mai 2023 refusant à M. A le renouvellement de son certificat de résidence est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la situation administrative de M. A, et de le munir, dans l'attente du jugement à intervenir au fond, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 13 juillet 2023.
La juge des référés,
C. RIOU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2394905
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026