jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2315131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SOURTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2023, M. A, représenté par Me Sourty, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 mai 2023 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, ensemble le refus oral du même jour de lui délivrer le récépissé correspondant ;
3°) d'enjoindre au préfet de Paris de lui délivrer le récépissé demandé dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de
1 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui-même sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie ; il vit en situation régulière depuis janvier 2020 et son dernier titre de séjour expirait le 3 mars 2023 ; il a engagé toutes les démarches administratives en temps utile et le refus d'enregistrement de sa demande est seulement motivé, à tort, par le fait qu'il devait se rendre sur la plateforme numérique internet pour y déposer sa demande, et non se présenter physiquement en préfecture, alors qu'il avait été convoqué auprès de ces services pour le 17 mai 2023 et que les modifications portant sur ces démarches étaient intervenues à compter du 19 avril 2023, date dont il n'a jamais été avisé ; il est dépourvu de tout titre et peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement à tout moment ; il ne peut plus se déplacer hors de France pour visiter sa famille en Tunisie alors qu'il doit s'y rendre par bateau le
26 juillet 2023 et qu'il justifie de l'achat de ses billets ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en cause :
. une erreur de droit a été commise au regard des articles R. 431-5 et R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; à la date de sa demande de renouvellement de titre de séjour, le 2 janvier 2023, cette dernière ne pouvait être effectuée en ligne ;
. une erreur manifeste d'appréciation a été commise ; il appartenait aux services de lui délivrer le récépissé lors du rendez-vous qui lui avait été fixé.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2023, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire au non lieu à statuer.
Il soutient que :
- l'information qui a été donnée au requérant concernant la nouvelle procédure ouverte en ligne ne peut être regardée comme une décision de refus de sa demande ; les conclusions présentées sont, dès lors, irrecevables ;
- en tout état de cause, une attestation de dépôt de demande lui a été délivrée le 20 mai 2023 puis, le 4 juillet 2023, d'une décision favorable de sorte que les conclusions de la requête sont désormais privées d'objet.
Vu :
- la requête par laquelle M. A demande l'annulation des décisions contestées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Riou pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Riou a été entendu au cours de l'audience publique.
M. A et le préfet de police n'étaient ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, ci-dessus visée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la demande de référé :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon les termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ".
4. M. A, ressortissant tunisien né le 30 novembre 1985, titulaire de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dont le dernier expirait le 3 mars 2023, a sollicité le renouvellement de ce titre en qualité de parent d'enfant français, le 2 janvier 2023, et a été convoqué pour le 17 mai 2023 par les services de la préfecture. Toutefois, il n'a pas été fait droit à sa demande au motif que, depuis le 19 avril 2023, une telle demande devait désormais être effectuée en ligne sur la plateforme numérique dédiée à cet effet. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 17 mai 2023 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, ensemble le refus oral du même jour de lui délivrer le récépissé correspondant.
5. Il résulte de la capture d'écran AGDREF versée au dossier par le préfet, dont le caractère probant n'est pas contesté par le requérant, que ce dernier a été mis en possession, postérieurement à l'introduction de sa requête, le 30 juin 2023, d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable du 30 juin au 29 septembre 2023 et qu'un avis favorable a été émis le 4 juillet 2023 sur sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions en suspension présentées par le requérant ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
6. M. A justifie avoir sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle et son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Sourty, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sourty d'une somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Sourty renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Sourty, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Sourty et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 13 juillet 2023.
La juge des référés,
C. RIOU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026