samedi 1 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2315252 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2023, Mme A B représentée par Me Papinot, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du préfet de police de Paris portant refus de délivrance " d'une convocation de renouvellement à changement de statut à admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé " ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une " convocation de renouvellement à changement de statut à admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail d'un un délai de 5 jours " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dès lors que son employeur a suspendu son contrat de travail et l'a informée qu'il envisageait son licenciement à compter du 1er juillet 2023, d'une part, et qu'elle est exposée à une mesure d'éloignement, d'autre part ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et sa liberté de travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle comme juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delesalle ;
- les observations de Me Simon, se substituant à Me Papinot, avocate de Mme B, présente, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et expose, en outre, que si elle a été placée en situation de congé sans solde depuis le 8 mai 2023, elle vit depuis cette date grâce à ses économies et l'urgence résulte de la réception du courrier du 23 juin 2023 de son employeur envisageant son licenciement et une injonction serait à tout le moins de nature à l'empêcher ;
- les observations de Me Floret, avocate du préfet de police, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les conditions d'urgence et d'atteinte à une liberté fondamentale ne sont pas remplies dès lors que la requérante n'a fait sa demande d'admission exceptionnelle au séjour qu'au mois d'avril 2023, que sa demande de rendez-vous est en cours d'instruction, qu'un très grand nombre de ce type de demande est présenté et l'instruction se fait dans l'ordre chronologique, qu'une demande analogue faite par la requérante dans le cadre du référé de l'article L. 521-3 du code de justice administrative vient d'être rejetée le 23 juin 2023 en rappelant ce dernier point, que le contrat de Mme B est suspendu depuis le mois de mai 2023 en réalité et qu'elle n'est donc plus rémunérée depuis cette date, et qu'à supposer même qu'une injonction soit adressée, elle ne pourrait reprendre son travail le 1er juillet 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante colombienne née le 27 octobre 1983, est entrée en France le 3 février 2013 sous couvert d'un visa de long séjour étudiant et a résidé en France sous couvert d'un titre de séjour en tant qu'étudiante du 31 janvier 2013 au 15 octobre 2021. Depuis le 25 février 2017, elle exerce une activité professionnelle de vendeuse dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel, en bénéficiant d'une perspective d'un temps complet. Le 7 février 2022, elle a bénéficié d'un changement de statut et obtenu un titre de séjour mention " recherche d'emploi/création d'entreprise " valable jusqu'au 6 février 2023. Le 31 janvier 2023, elle a présenté une demande de titre de séjour mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a toutefois été classée sans suite le 8 mars 2023 faute pour elle de déposer un dossier complet avec une autorisation de travail. Le 3 avril 2023, elle a alors sollicité son admission exceptionnelle au séjour pour l'obtention d'un titre de séjour mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été enregistrée, et elle a tenté depuis d'obtenir un rendez-vous afin de déposer son dossier auprès des services de la préfecture de police, lesquels lui ont indiqué que sa demande serait traitée dans l'ordre chronologique dans les meilleurs délais. Mme B demande donc au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une convocation en vue de renouveler son titre de séjour dans le cadre d'un changement de statut vers une admission exceptionnelle au séjour, et de lui remettre un récépissé et d'enjoindre au préfet de police de lui remettre une convocation en vue de ce changement de statut dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ainsi qu'un récépissé valant autorisation de travail.
3. Pour justifier de l'urgence s'attachant à ce qu'il soit enjoint à la préfecture de police de lui fixer rendez-vous et de lui délivrer un récépissé, Mme B fait valoir que le refus de lui accorder un tel rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour l'expose à la perte de son emploi dès lors que son employeur a suspendu son contrat de travail le 8 mai 2023 et l'a informée le 23 juin 2023 qu'il envisageait son licenciement à compter du 1er juillet 2023, d'une part, et qu'elle est exposée à une mesure d'éloignement, d'autre part. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 2, alors que son titre de séjour expirait le 6 février 2023, elle n'a présenté que le 31 janvier 2023 une demande de titre de séjour mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auquel elle ne pouvait prétendre en l'absence de l'autorisation de travail requise. Par ailleurs, alors qu'elle a été informée de ce refus dès le 8 mars 2023, elle n'a déposé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour que le 3 avril 2023, soit il y a un peu moins de trois mois à la date de la présente ordonnance, et ne s'est d'ailleurs pas vu opposer un refus de la convoquer par les services préfectoraux. Ainsi, Mme B a, ce faisant, contribué à la situation administrative dont elle se plaint. Dès lors, la requérante ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative nécessitant l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 1er juillet 2023.
Le juge des référés,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026