jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2315273 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LACOSTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, Mme B, représentée par Me Lacoste, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir ses conditions matérielles d'accueil, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve dans une situation de précarité et de vulnérabilité manifeste, étant sans ressource ni logement ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
. cette décision n'est pas motivée et sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier, notamment au regard de sa vulnérabilité ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration a multiplié les erreurs concernant sa situation, justifiant les multiples suspensions par le juge des référés ;
. une erreur de fait a été commise ; elle n'a jamais été transférée en Italie alors qu'elle n'a pas pu se rendre à l'aéroport le 14 octobre 2022, en raison d'un rendez-vous à l'hôpital le même jour ;
. l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et une erreur manifeste d'appréciation a été commise au regard de sa vulnérabilité .
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que, par décision du 7 juillet 2023, la décision a été retirée et notifiée le même jour ; en outre la requérante va bénéficier des conditions matérielles d'accueil à compter d'octobre 2022 et il sera procédé à la remise d'une carte ADA.
Vu :
- la requête par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Riou, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Riou, qui indique à l'audience que le retrait de la décision attaquée conduit à prononcer un non lieu sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte, et non à un rejet de la requête pour défaut d'urgence comme le demande l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- et les observations de Me Lacoste, avocat de Mme B, qui prend acte du retrait de la décision contestée et maintient sa demande présentée sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 1er janvier 2011, demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 juin 2023 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Selon les termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. En l'espèce, compte tenu de la situation de précarité dans laquelle se trouve Mme B, demandeur d'asile dépourvue de toute ressource, la décision en litige porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
6. Il résulte de l'instruction que, par ordonnance n° 2301401 du 13 février 2023, le juge des référés a suspendu la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de l'intéressée à compter d'octobre 2022 et ordonné le rétablissement provisoire de celles-ci, en retenant les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation. L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas exécuté cette ordonnance et une demande d'exécution a été déposée devant le tribunal. Par une ordonnance n° 2307971 du 27 avril 2023, le juge des référés a de nouveau suspendu la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en date du 20 mars 2023, mettant fin aux conditions matérielles d'accueil de l'intéressée et a enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation, en retenant les moyens de l'erreur de droit et du défaut d'examen complet de la situation de l'intéressée. Par une décision du 13 juin 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a de nouveau refusé de rétablir ces conditions matérielles d'accueil, dont Mme B demande la suspension de l'exécution.
7. Il résulte de l'instruction que Mme B a déposé une demande de protection internationale et a été placé sous procédure dite " Dublin " le 26 avril 2022. Elle a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités italiennes en date du 24 mai 2022. Elle fait valoir qu'elle n'a pu se rendre aux convocations des 4 et 11 juillet 2022, étant enceinte et ayant dû se rendre aux urgences. Elle a donné naissance à son enfant le 13 juillet 2022. Son attestation de demande d'asile, valable jusqu'au 23 septembre 2022 n'a pas été renouvelée et elle a été convoquée pour un vol à destination de l'Italie le 14 octobre 2022 qu'elle indique n'avoir pu honorer, ayant un rendez-vous à l'hôpital le même jour. Alors que dans une précédente décision du 28 décembre 2022, suspendue par le juge des référés, l'Office français de l'immigration et de l'intégration avait indiqué que l'intéressée avait refusé d'embarquer pour son transfert vers la Bulgarie alors que le pays responsable de sa demande d'asile était l'Italie, la décision dont la suspension est sollicitée est fondée sur le fait que la requérante a présenté une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transférée vers l'Etat responsable de l'instruction de sa demande, alors qu'il n'est pas contesté que l'intéressée n'a pas déféré à la convocation pour un vol vers l'Italie.
8. Par un mémoire en défense enregistré avant l'audience, l'Office français de l'immigration et de l'intégration justifie du retrait de la décision contestée, par une décision du 7 juillet 2023 notifiée à l'intéressée, ainsi que de l'accord des conditions matérielles d'accueil et de la délivrance d'une carte ADA avec effet rétroactif. La requérante prenant acte de ces éléments doit être regardée comme abandonnant ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte et, par suite, comme se désistant purement et simplement de celles-ci. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991:
9. Mme B justifie avoir sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle et son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi
du 10 juillet 1991 modifiée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Lacoste, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lacoste de la somme
de 1 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte.
Article 3 : L'OFII versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Lacoste, son conseil, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, l'OFII versera à Me Lacoste une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Lacoste.
Fait à Paris, le 13 juillet 2023.
La juge des référés
C. Riou
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026