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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2315363

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2315363

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2315363
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantFERESHTYAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juin 2023, M. D B A demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 28 juin 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé sa demande d'entrée en France au titre de l'asile et a défini le territoire à destination duquel il pourra être réacheminé ;

3°) d'enjoindre au ministre de mettre fin à la mesure de privation de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du refus de la demande d'entrée en France au titre de l'asile :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que n'a pas été respectée la confidentialité des éléments de sa demande d'asile ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que les conditions matérielles de l'entretien ne lui ont pas permis de développer son récit et qu'il n'a pas été en mesure d'exercer son droit à la présence d'un tiers lors des entretiens menés par les agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'examen du ministre a dépassé le caractère manifestement infondé de la demande et est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 352-2 et L. 351-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation de vulnérabilité n'a pas été prise en compte ;

- elle méconnaît le principe de non-refoulement dès lors que la décision attaquée a pour conséquence qu'il soit procédé à son réacheminement sans que sa demande d'asile ait été examinée.

S'agissant du pays de destination :

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, représenté par la SCP Saidji, Moreau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Convention de Genève ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 777-3-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Fereshtyan, avocat commis d'office, représentant M. B A, assisté d'un interprète en langue haoussa, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Lecourt, représentant le ministre de l'intérieur et des outre-mer.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ghanéen, né le 3 novembre 2001, a atterri à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle le 22 juin 2023 en provenance d'un vol n°SV143 depuis l'Arabie Saoudite et s'est présenté le 25 juin 2023 au poste frontière transfrontalier pour y solliciter le statut de réfugié. Par une décision du 28 juin 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté sa demande d'entrée en France au titre de l'asile et a fixé le territoire à destination duquel il pourra être réacheminé. Par la requête susvisée, M. B A en demande l'annulation.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Le requérant a été assisté par un conseil commis d'office lors de l'audience publique. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et des apatride (OFPRA) relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié constitue à la fois une garantie essentielle du droit constitutionnel d'asile et une exigence découlant de la convention de Genève relative au statut des réfugiés. Il en résulte notamment que seuls les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile peuvent avoir accès à ces informations. Si M. B A soutient que la décision attaquée a méconnu ce principe, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que les éléments d'informations détenus par l'OPFRA le concernant auraient été communiqués à d'autres personnes qu'aux agents du ministère de l'intérieur et des outre-mer chargés de se prononcer, au vu de l'avis rendu par l'OFPRA, sur le caractère manifestement infondé de sa demande d'asile et qui, dans cette mesure, sont appelés à mettre en œuvre le droit d'asile. Dès lors, le moyen est infondé et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 531-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile peut se présenter à l'entretien personnel accompagné soit d'un avocat, soit d'un représentant d'une association de défense des droits de l'homme, d'une association de défense des droits des étrangers ou des demandeurs d'asile, d'une association de défense des droits des femmes ou des enfants ou d'une association de lutte contre les persécutions fondées sur l'identité de genre ou l'orientation sexuelle. Les conditions d'habilitation des associations et les modalités d'agrément de leurs représentants par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sont fixées par décret en Conseil d'Etat. Seules peuvent être habilitées les associations indépendantes à l'égard des autorités des pays d'origine des demandeurs d'asile et apportant une aide à tous les demandeurs. L'avocat ou le représentant de l'association ne peut intervenir que pour formuler des observations à l'issue de l'entretien ". Aux termes de l'article R. 351-1 du même code : " Lorsque l'étranger qui se présente à la frontière demande à bénéficier du droit d'asile, il est informé sans délai, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, de la procédure de demande d'asile et de son déroulement, de ses droits et obligations au cours de cette procédure, des conséquences que pourrait avoir le non-respect de ses obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et des moyens dont il dispose pour l'aider à présenter sa demande () ".

5. D'une part, M. B A soutient que les conditions matérielles de l'entretien avec l'officier de protection de l'OFPRA ont nui à la crédibilité de son propos par rapport aux entretiens se déroulant selon la procédure normale, du fait de son caractère directif et faute notamment d'avoir pu préparer cet entretien et rassembler des pièces dans la perspective de sa tenue. Toutefois, cet entretien n'avait pas pour objet d'apprécier si M. B A était fondé à bénéficier d'une protection internationale mais seulement à contrôler si sa demande d'asile présentait ou non un caractère manifestement infondé. Il ressort en outre des mentions figurant dans le compte-rendu de l'entretien que l'intéressé a pu fournir, en réponse aux questions de l'officier de protection, les précisions qui étaient utiles à l'examen de sa situation afin de permettre à l'OFPRA puis à l'autorité administrative de se prononcer sur cette question.

6. D'autre part, M. B A soutient qu'il a pu exercer son droit à être assisté par un avocat ou une association habilitée par le directeur général de l'OFPRA dans le cadre de son entretien avec l'officier de protection, faute d'avoir pu accéder à une connexion internet ainsi qu'à la liste des associations habilitées au sein de la zone d'attente, ce que conteste le ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui justifie de l'affichage de cette liste. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été informé du droit à être assisté dans ce cadre par un avocat ou une association à la lecture du procès-verbal dressé par les agents de la police aux frontières au moment du dépôt de sa demande d'asile, qu'il a signé conjointement avec l'interprète en langue haoussa qui avait été mis à sa disposition. Par ailleurs, il ne ressort pas du dossier que M. B A aurait, avant le début de son audition, informé l'officier de protection de son souhait d'être assisté par un représentant de l'une de ces associations et qu'il en aurait été matériellement empêché en l'absence de connexion internet. Le requérant ne produit enfin aucune pièce justificative de nature à justifier du bien-fondé de ses allégations. Dans ces conditions, M. B A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce que les conditions matérielles de l'entretien ne lui ont pas permis de développer son récit et qu'il n'a pas été en mesure d'exercer son droit à la présence d'un tiers lors des entretiens menés par les agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

7. En troisième lieu, aux termes de de l'article L. 351-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande à entrer en France au titre de l'asile peut être placé en zone d'attente () pour vérifier : () / 3° () si sa demande n'est pas manifestement infondée. " Aux termes de l'article L. 352-1 du même code : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : () / 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. "

8. Il résulte de ces dispositions que le ministre de l'intérieur et des outre-mer peut refuser à un étranger l'entrée sur le territoire national en raison du caractère manifestement infondé de sa demande d'asile présentée aux frontières lorsque les déclarations de celui-ci, et les documents qu'il produit à leur appui, du fait notamment de leur caractère incohérent, inconsistant ou trop général, sont manifestement dépourvus de crédibilité et font apparaître comme manifestement dénuées de fondement les craintes de persécutions ou d'atteintes graves alléguées par l'intéressé au titre de l'article 1er A (2) de la convention de Genève relative au statut des réfugiés ou de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à la protection subsidiaire.

9. D'une part, il résulte des dispositions précitées que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'a pas commis d'erreur de droit en appréciant la crédibilité des déclarations faites par M. B A afin de se prononcer sur le caractère manifestement infondé de sa demande d'asile.

10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu de l'entretien avec l'officier de protection de l'OFPRA, que le requérant allègue que son domicile, situé dans le village de Boko, a été incendié en 2020 dans le cadre d'un conflit interethnique opposant les ethnies auxquelles appartenaient respectivement son père et sa mère, décédée des suites de cet incendie, qu'il a par la suite déménagé avec son père dans la commune de Kumasi où il a vécu jusqu'à son départ en Arabie Saoudite au dernier trimestre de l'année 2022, pour suivre des études et que, à la suite du décès de son père, pendant qu'il vivait en Arabie Saoudite, ses oncles paternels ont continué de rechercher des documents concernant la propriété du terrain, dont seul le requérant connaît la localisation.

11. Toutefois, le récit de M. B A est entaché de contradictions dès lors que, interrogé lors de l'audience, il soutient avoir subi des menaces directes des membres de sa famille lorsqu'il vivait à Kumasi ainsi que, par téléphone, lorsqu'il vivait en Arabie saoudite, alors qu'il ressort du compte-rendu de son entretien avec l'agent de l'OFPRA, dont il ne conteste pas le contenu, qu'il n'avait jamais été en contact direct avec ceux-ci et en particulier que " quand mon père est parti à Kumasi, nous vivions seuls et nous n'étions pas en contact ". En outre, ainsi que l'a relevé l'OFPRA dans son avis motivé, les réponses apportées quant au conflit ethnique et son implication dans celui-ci sont vagues et dénués d'éléments factuels précis. A cet égard, si le requérant se prévaut de deux articles faisant état de conflits ethniques au Ghana, ceux-ci sont datés de 2001 et 2008. Par ailleurs, si M. B A soutient que sa vie est en danger, ainsi qu'il a été dit, il ressort du compte-rendu de l'entretien avec l'officier de protection de l'OFPRA que l'intéressé n'a pas été en contact direct depuis son enfance avec les membres de l'ethnie de son père qui sont l'objet de ses craintes et que son départ du Ghana vers l'Arabie saoudite en 2022 était dépourvu de lien avec ce conflit, dès lors qu'il faisait suite à la demande expresse que lui en avait faite son père à la suite d'une liaison amoureuse. Au surplus, M. B A n'exclut pas son retour au Ghana en se bornant à indiquer lors de l'entretien avec l'officier de protection de l'OFPRA que ce retour pourrait avoir lieu " peut-être après mais pour l'instant non ". Par suite, en estimant que la demande formée par M. B A devait être considérée comme manifestement infondée au sens des articles L. 351-1 et l'article L. 352-1 précités, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 351-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute personne intervenant en zone d'attente peut signaler au responsable de la zone d'attente ou à son représentant la situation de vulnérabilité d'un demandeur d'asile qu'elle aurait constatée, ou dont le demandeur d'asile aurait fait état. () ". L'article L. 531-10 de ce même code dispose que : " Pendant toute la durée de la procédure d'examen de la demande, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut définir les modalités particulières d'examen qu'il estime nécessaires pour l'exercice des droits d'un demandeur en raison de sa situation particulière ou de sa vulnérabilité. / Pour l'application du premier alinéa, l'office tient compte des informations sur la vulnérabilité du demandeur () dont il peut seul avoir connaissance au vu de la demande ou des déclarations de l'intéressé. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 351-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans le cadre de l'examen tendant à déterminer si la demande d'asile n'est pas irrecevable ou manifestement infondée, considère que le demandeur d'asile, notamment en raison de sa minorité ou du fait qu'il a été victime de torture, de viol ou d'une autre forme grave de violence psychologique, physique ou sexuelle, nécessite des garanties procédurales particulières qui ne sont pas compatibles avec sa présence en zone d'attente, il y est mis fin. L'étranger est alors muni d'un visa de régularisation de huit jours. Dans ce délai, l'autorité administrative compétente lui délivre, à sa demande, une attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire cette demande auprès de l'office ".

13. Si M. B A soutient qu'il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité, il n'allègue ni ne justifie avoir fait état de celle-ci auprès des agents du ministre de l'intérieur et des outre-mer ou de l'officier de protection de l'OFPRA. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de vulnérabilité allégué par M. B A, dont il ne justifie au demeurant pas, n'aurait pas été pris en considération lors de son entretien avec le représentant de l'OFPRA ou dans la décision du ministre. Par suite, son moyen doit, en tout état de cause, être écarté comme étant infondé.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés : " Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Enfin, aux termes des stipulations du paragraphe 1 de l'article 2 de la même convention : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 10, le requérant n'établit pas la réalité des risques actuels et personnels auxquels il serait exposé au Ghana à raison d'un conflit interethnique. Par suite, alors que les craintes de persécutions ou d'atteintes graves d'un demandeur d'asile doivent être appréciées au regard de son pays d'origine, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, en ce qu'elle prescrit son réacheminement vers l'Arabie Saoudite, où il soutient, sans toutefois se prévaloir d'aucun élément de preuve, ne pas disposer d'un droit au séjour et avoir fait l'objet de traitements dégradants, méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni, en tout état de cause, celles de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, alors au demeurant que la décision en litige prévoit son réacheminement, le cas échéant, vers tout pays où il serait légalement admissible. Ce moyen doit par suite être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B A doit être rejetée, en toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Lu en audience publique le 10 juillet 2023.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

T. RENE-LOUIS-ARTHUR La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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