jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2316480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2023, Mme D C, représentée par Me Pommelet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, dans l'attente du jugement à intervenir au fond, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 10 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B C de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les moyens suivants :
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- en outre, le refus de renouvellement du titre de séjour anéantit l'ensemble des efforts déployés par la requérante depuis son arrivée en France, entrave la poursuite de ses études et la réalisation de son projet professionnel, et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le préfet ne justifie pas de la compétence du signataire de l'acte ;
- la décision est insuffisamment motivée et intervenue sur un examen incomplet de l'ensemble de sa situation personnelle ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2316477 par laquelle Mme B C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 juillet 2023 tenue en présence de M. Ayari, greffier d'audience :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Fournier pour Mme B C,
- et les observations de Me Floret pour le préfet de police, qui fait valoir que l'urgence n'est pas caractérisée et que les moyens ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de son arrêté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B C, ressortissante mexicaine née le 27 mars 1995, entrée en France le 20 février 2018, a demandé, auprès des services de la préfecture de police de Paris, le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 juin 2023, le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme B C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, selon le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence doit en principe être constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Eu égard à l'existence d'une procédure de recours à caractère suspensif organisée par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile contre l'obligation de quitter le territoire français, à l'occasion de laquelle l'intéressé est recevable à contester le refus de titre de séjour non définitif qui en constitue le fondement, la seule circonstance que l'intéressé peut se trouver dans l'un des cas où le préfet peut l'obliger à quitter le territoire français n'est pas, par elle-même, de nature à caractériser une situation d'urgence ouvrant au juge des référés le pouvoir de prononcer la suspension du refus de titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. En l'espèce, il est constant que Mme B C est entrée sur le territoire français le 20 février 2018 avec un visa " étudiant " valable du 12 février 2018 au 12 février 2019, qu'elle s'est ensuite vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", renouvelé à deux reprises, en dernier lieu le 24 juillet 2021, avec une validité durant jusqu'au 23 janvier 2023, et que la requérante a introduit une nouvelle demande de renouvellement auprès de la préfecture de police dans les délais réglementaires, toujours en qualité d'étudiante. Il s'ensuit que Mme B C se trouve dans une situation où l'urgence doit en principe être constatée, sans qu'il soit besoin d'examiner les circonstances particulières dont se prévaut en outre la requérante, qui justifie d'ailleurs non seulement d'une inscription régulière à l'université, mais aussi d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel, dont la poursuite serait grevée par l'application du refus contesté, et sans que le préfet de police ne soit fondé à remettre en cause cette présomption d'urgence par des considérations qui, loin de caractériser une situation particulière qui serait de nature à la renverser, reviennent à en nier le principe même, en exigeant d'autres éléments de preuve, superfétatoires, sur le risque d'interruption des études et de l'emploi salarié de la requérante causé par le refus de renouveler son titre de séjour.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an.
// Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".
6. En l'espèce, il est constant que Mme B C a validé un niveau A1 en français en juin 2018, qu'elle a suivi des cours de français de l'année 2019-2020 à l'année 2020-2021, qu'elle s'est ensuite inscrite en 3ème année de licence langues étrangères appliquées anglais-espagnol à l'université Paris Diderot au titre de l'année 2020-2021, diplôme qu'elle a obtenu, qu'elle a ensuite validé un niveau B2 et C1 en français durant l'année 2021-2022, et enfin qu'elle s'est inscrite en 1ère année de licence business à l'UPEC pour l'année 2022-2023 puis en 2ème année de la même licence pour l'année 2023-2024.
7. Mme B C soutient qu'à l'issue de sa dernière année de formation en langue française, forte d'une double licence en langues d'une université mexicaine et d'une université française, ainsi que d'un niveau C1 en français, elle a présenté sa candidature à des formations de master dans le domaine des affaires et du commerce international, mais également à des formations de licence afin de pallier les éventuels refus, que, malgré la qualité de sa candidature, notamment de sa maîtrise de quatre langues, et en raison de la sélectivité des formations auxquelles la requérante a postulé, ses candidatures en master ont été refusées, que l'examen des motivations de ces refus fait apparaître un motif commun qui est celui de l'absence de formation antérieure de la requérante dans des matières fondamentales liées aux affaires et au commerce international, que c'est la raison pour laquelle, la requérante a alors décidé de postuler à une formation qui lui permettrait d'obtenir ces fondamentaux dans ces domaines, afin de pouvoir intégrer par la suite un master spécialisé et envisager une carrière professionnelle dans le domaine de l'import-export et des échanges internationaux. Elle relève à cet égard que les formations suivies et les diplômes obtenus s'inscrivent dans un parcours académique et un projet professionnel tournés vers l'international.
8. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de ce qu'en refusant de renouveler le titre de séjour de Mme B C portant la mention " étudiant ", par le motif qu'elle s'est inscrite en dernier lieu à un niveau d'études (L1 et L2) inférieur au diplôme retenu précédemment (L 3), le préfet de police se serait livré à une inexacte application des dispositions de l'article L. 422-1 précité, est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du refus de renouvellement contenu dans l'arrêté contesté. Il y a lieu, par suite, d'en ordonner la suspension, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. La suspension des effets de la décision attaquée implique nécessairement que le juge des référés enjoigne au préfet de police de délivrer à la requérante, comme elle le demande, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les conditions prévues à l'article L. 422-1 précité. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder à cette délivrance dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, et en l'état du dossier, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme B C de la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de police du 12 juin 2023 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme B C, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les conditions prévues à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B C la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 20 juillet 2023.
Le juge des référés,
X. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026