mercredi 30 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2319333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET MINIER, MAUGENDRE ET ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 août 2023, l'assistance publique - Hôpitaux de Paris (APHP), représentée par son directeur général, représenté par Me Violaine Lacroix, avocate, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, qu'il soit mis fin à la suspension, prononcée par le juge des référés par l'ordonnance n° 2315284 du 20 juillet 2023, de l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le directeur du groupe hospitalo-universitaire (GHU) Nord - Université Paris Cité de l'APHP a prononcé à l'encontre de M. A B la sanction disciplinaire de révocation ;
2°) de rejeter la demande de M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023 ;
3°) de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'AP-HP soutient que :
- n'ayant pas défendu dans la procédure de référé et n'ayant été ni présente ni représentée à l'audience, elle est en mesure de faire valoir des éléments nouveaux non pris en compte par le juge des référés lors de sa première saisine, notamment les fonctions particulières de M. B en qualité d'agent de sécurité anti-malveillance, les faits qui lui sont reprochés, le jugement pénal le condamnant et indiquant qu'il avait déjà été condamné et le non-respect de l'obligation qui lui est faite d'entrer en contact avec la victime ;
- aucun moyen ne permet de considérer que la sanction serait entachée d'illégalité :
- l'auteur du rapport de saisine du conseil de discipline, qui dispose d'une délégation de signature, est compétent ;
- le rapport de saisine du conseil de discipline, qui mentionne le nom de l'agent, les faits reprochés et leurs circonstances ainsi que la transmission du dossier administratif de l'agent et qui était accompagné des pièces justifiant la saisine est complet et conforme à l'article L. 532-13 du code général de la fonction publique ;
- le délai écoulé entre la saisine et l'avis du conseil de discipline, compte-tenu des possibilités de report, est conforme à l'article 10 du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 et n'a, en tout état de cause, exercé aucune influence sur le sens de la décision prise ni privé M. B d'une garantie ;
- eu égard aux fonctions d'agent de sécurité exercées par M. B, à la gravité des faits commis sur une période de plusieurs années, à leur lien avec les fonctions exercées en ce que la victime était également agent de l'hôpital et à l'atteinte portée à l'image de l'hôpital compte tenu qu'ils étaient connus par de nombreux agents au sein des services, la condamnation pénale inscrite au casier judiciaire de M. B est incompatible avec l'exercice de ses fonctions et la sanction de révocation n'est pas manifestement disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, M. A B, représenté par Me Marceau Perdereau, avocat, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint à l'AP-HP, à titre reconventionnel, de le réintégrer dans ses fonctions jusqu'à la notification du jugement du tribunal sur les conclusions de sa requête aux fins d'annulation de la sanction, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'AP-HP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'AP-HP ne justifie ni même n'invoque aucune urgence à faire cesser les effets de l'ordonnance du 20 juillet 2023 ; la victime des faits pour lesquels il a été condamné, relativement anciens, n'étant plus en fonction et l'affaire n'ayant fait l'objet d'aucune médiatisation ni soulevé un émoi particulier au sein du service de nature à en troubler le bon fonctionnement, il n'existe aucune urgence à faire cesser les effets de l'ordonnance du 20 juillet 2023, alors que la sanction de révocation préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour qu'il y ait lieu de les maintenir ;
- en ce qui concerne les éléments nouveaux :
- ses fonctions particulières en qualité d'agent de sécurité anti-malveillance étaient connues du juge des référés ayant statué le 20 juillet 2023 ;
- l'absence de toute précision sur la nature et sur la date des faits pour lesquels il a déjà été condamné, condamnation mentionnée dans le jugement du 28 mars 2022, et l'absence de mention de cette condamnation au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ne permettent pas d'apprécier la pertinence de cet élément au regard de la condamnation de 2022 et de sa compatibilité avec l'exercice de ses fonctions ;
- la seule circonstance, dont il n'avait lui-même pas connaissance, que la victime a déposé plainte le 3 août 2022 en se bornant à dénoncer le fait qu'il s'est rendu une fois à l'hôpital Louis Mourier, étant non sous le coup d'une sanction disciplinaire mais en disponibilité, alors qu'elle-même y était présente et qu'il aurait demandé à son ancien supérieur hiérarchique, avec qui elle l'a vu converser, de lui dire merci pour ce qu'elle avait fait, à la suite de laquelle il n'a jamais été convoqué par son conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation ou par le juge de l'application des peines et encore moins sanctionné d'une révocation du sursis ou d'une prolongation du délai d'épreuve, n'établit pas qu'il aurait violé l'interdiction d'entrer en contact avec la victime et ne permet pas à l'AP-HP d'affirmer que les faits reprochés se seraient poursuivis au moins jusqu'au 3 août 2022 soit pendant plus de trois ans, d'autant que son ancien supérieur hiérarchique témoigne qu'il était simplement venu chercher des bulletins de salaires qui ne lui avaient pas été remis et qu'il n'est pas entré en contact avec la victime ;
- en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de police : le rapport de saisine du conseil de discipline méconnaît les dispositions de l'article L. 532-13 du code général de la fonction publique ; les délais prévus par les dispositions de l'article 10 du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 et l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique ont été méconnus ; la sanction est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que les faits pour lesquels il a été condamné en mars 2022, sans lien avec son activité professionnelle et pour lesquels aucune procédure disciplinaire n'avait été déclenchée lorsque son employeur en avait eu connaissance au cours de l'année 2020, ne peuvent être regardés comme étant incompatibles avec l'exercice de ses fonctions ;
- l'AP-HP n'ayant pas à ce jour exécuté l'ordonnance du 20 juillet 2023 alors que le délai fixé est expiré, il convient de la modifier en lui enjoignant de procéder à sa réintégration dès la notification de l'ordonnance à intervenir et en assortissant cette injonction d'une astreinte.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2315284 du 20 juillet 2023.
Vu :
- le code général de la fonction publique,
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989,
- le code de justice administrative.
M. Julinet, premier conseiller, a été désigné par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 août 2023, tenue en présence de Mme Audrey Guillou, greffière d'audience :
- le rapport de M. Julinet,
- les observations de Me Guardiola, représentant l'AP-HP, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire par les mêmes moyens et soutient en outre que sa requête est recevable dès lors qu'elle fait état d'éléments nouveaux et que l'urgence n'est pas une condition posée par l'article L. 521-4 du code de justice administrative ; que les conclusions reconventionnelles doivent être rejetées dès lors qu'elle entend exécuter l'ordonnance à intervenir si sa requête était rejetée ;
- et les observations de Me Roumane, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent des services hospitaliers qualifié de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), affecté au sein du groupe hospitalo-universitaire (GHU) " Nord Université Paris Cité ", a demandé au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le directeur du GHU " Nord Université Paris Cité " a prononcé sa révocation. Par l'ordonnance susvisée n° 2315284 du 20 juillet 2023, le juge des référés a fait droit à sa demande. Par sa requête, l'AP-HP demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à cette suspension.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". La seule circonstance que les éléments produits devant le juge des référés auraient déjà été à la disposition de la personne intéressée lors de l'instruction de la demande de suspension et qu'ils n'auraient pas été invoqués en temps utile ne fait pas obstacle à ce qu'ils soient invoqués ultérieurement au soutien d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative tendant à ce que le juge des référés mette fin à la suspension ordonnée antérieurement.
3. Aucuns des éléments nouveaux dont se prévaut l'AP-HP n'est de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le juge des référés dans l'ordonnance n° 2315284 du 20 juillet 2023, en particulier sur le moyen tiré de la disproportion de la sanction avec les faits reprochés.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de l'AP-HP tendant à ce qu'il soit mis fin à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023 et à ce que la demande de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté soit rejetée doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles aux fins d'injonction sous astreinte :
5. L'AP-HP n'ayant pas exécuté l'ordonnance n° 2315284 du 20 juillet 2023 en réintégrant à titre provisoire M. B dans ses fonctions dans le délai fixé, il y a lui de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'AP-HP au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'AP-HP est rejetée.
Article 2 : Il est enjoint à l'AP-HP d'exécuter l'ordonnance n° 2315284 du 20 juillet 2023 en réintégrant à titre provisoire M. B dans ses fonctions dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'AP-HP versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions reconventionnelles de M. B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à l'assistance publique - Hôpitaux de Paris (APHP) et à M. A B.
Fait à Paris, le 30 août 2023.
Le juge des référés,
S. JULINET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2319333
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026