lundi 28 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2319595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | VOVARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2023 M. A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 août 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et l'arrêté du même jour prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- les décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-3 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision viole l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision viole l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et 5 de la directive 2008//115/CE du parlement européen et du conseil européen ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi de délai de départ volontaire :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article
R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
- les observations de Me Vovard, avocat commis d'office, représentant M. B ;
- et les observations de Me Faugeras, représentant le préfet de police ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant guinéen né le 20 août 1976, a fait l'objet le 22 août 2023 d'un arrêté par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et d'un autre arrêté du même jour lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois. M. B demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions
2. En premier lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles mentionnent notamment que le comportement de
M. B a été signalé le 19 août 2023 pour menaces de mort sur conjoint sous conditions violences habituelles sur conjoint par auteur ivre en présence de mineur avec une ITT inférieure à huit jours, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement le 8 août 2014, ne justifie pas d'une résidence stable ni de documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des arrêtés attaqués, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B. Dès lors, le moyen tiré d'un tel manque d'examen doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. Si M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 1998 qu'il est père de trois enfants français qu'il réside avec ses deux filles ainsi qu'avec leur mère qui est une ressortissante française. Toutefois, le requérant n'en apporte pas la preuve alors que la seule attestation d'hébergement qu'il produit en date du 22 août 2023 est celle de l'association Aurore qui déclare l'héberger et lui faire bénéficier d'un accompagnement social. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 3, le comportement du requérant constitue une menace réelle, actuelle, et grave à l'ordre public. Il ressort du procès-verbal de police du 20 août 2023 que le requérant a refusé de répondre à pratiquement toutes les questions qui lui étaient posées ou a gardé le silence, ne permettant ni à l'officier de police ni au tribunal de connaître la réalité de sa situation ou permettant de revenir sur les faits pour lesquels il a été signalés. Si le requérant soutient à l'audience faire l'objet d'une mesure judicaire lui interdisant d'approcher le domicile familial et ses enfants et que, pour cette raison, il n'a pas pu obtenir ses papiers d'identité et justificatifs familiaux, en tout état de cause, il n'apporte aucun élément sur sa situation familiale qu'il n'établit pas. Par suite, le préfet n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et 5 de la directive 2008//115/CE du parlement européen et du conseil européen, doivent dès lors être écartés.
Sur la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
6. Le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de l'obligation de quitter le territoire français dépourvue de toute illégalité, doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
7. Pour le même motif que celui retenu au point 6, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Au regard des faits pour lesquels il a été signalé et en raison d'une soustraction à une précédente mesure d'éloignement, dans les circonstances particulières de l'espèce, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de police n'a pas pris une mesure disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Lu en audience publique le 28 août 2023.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
A. HEERALALL
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026