vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2327244 |
| Type | Décision |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | ESSOH-EKOUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Essoh-Ekoue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2023, notifié le 2 mai 2023, par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français avec délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et du citoyen.
Par un courrier en date du 4 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est tardive et donc irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas, présidente de section, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Evgénas a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 29 janvier 2024, en présence de M. Boucher, greffier d'audience.
La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant Bangladais né le 16 septembre 1997 à Lamapara, est entré en France le 17 mai 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 24 janvier 2023. Sa demande de réexamen a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 juin 2023. Par un arrêté du 19 avril 2023, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné à l'issue de ce délai, en application du 4° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du 19 avril 2023 a été notifié au requérant le 2 mai 2023 comme l'atteste les mentions de l'accusé de réception produit au dossier signé par le requérant. Cet arrêté comportait l'indication des voies et délais de recours. Dans ces conditions, le préfet de police est fondé à soutenir que la requête de M. A enregistré au tribunal le 28 novembre 2023 est tardive et partant irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Essoh-Ekoue et au préfet de police.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
La magistrate désignée,
J. EVGENAS Le greffier,
R. BOUCHER
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.