LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2327465

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2327465

mercredi 20 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2327465
TypeDécision
PublicationC
Formation1re section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête initiale et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les

30 novembre 2023 et 5 mars 2024, M. B A, représenté par Me Caillet demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit la circulation sur le territoire français pendant une durée de douze mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- L'arrêté a été pris par un auteur incompétent ;

- Il est entaché d'insuffisance de motivation en fait comme en droit et de défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé, conjoint et père de ressortissants européens, disposant d'une assurance maladie et de ressources suffisantes pour séjourner en France, circonstance qui ne sont pas même mentionnées ;

- Il a été pris au terme d'une procédure de retenue et d'un contrôle d'identité irréguliers, ce dernier étant constitutif d'un détournement de pouvoir ;

- L'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et les articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- Elle méconnaît les dispositions des articles L.232-1 et L.233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les conditions ne sont pas remplies dès lors que le préfet n'établit pas que l'intéressé séjourne en France depuis plus de trois mois et qu'en tout état de cause, il dispose de ressources suffisantes et d'une assurance maladie espagnole ;

- Elle a été prise en méconnaissance du droit de l'intéressé d'être entendu ;

- Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé, qui séjourne en France avec son épouse et leur bébé, ressortissantes espagnoles ;

- Le refus de départ volontaire est illégal car fondé sur une mesure d'éloignement illégale ;

- Il est entaché d'erreur de droit et de défaut de base légale, les conditions prévues par l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers n'étant pas remplies ;

- La fixation du pays de renvoi est illégale car fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

- Elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme ;

- L'interdiction de circulation est illégale car fondée sur une mesure d'éloignement illégale;

- Elle n'est pas motivée ;

- Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et disproportionnée et contraire aux articles 8 de la convention européenne et 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant compte tenu de la situation personnelle et familiale du requérant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'arrêté a été pris par un auteur compétent.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme Grossholz en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grossholz ;

- les observations de Me Caillet pour M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait obligation à M. A, né le 26 avril 1991 à Bounkiling, ressortissant du Sénégal, de quitter le territoire sans délai, a fixé les pays de renvoi et a interdit à l'intéressé la circulation sur le territoire français pendant une durée de douze mois.

Sur les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté attaqué et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens du requérant :

2. Il ressort des énonciations de l'arrêté attaqué que ce dernier a été pris aux motifs de fait que M. A " ne prouve pas sa présence sur le territoire français depuis moins de trois mois " et " ne justifie d'aucune activité professionnelle ni de la recherche d'un emploi ", " ne peut justifier de ressources ou de moyens d'existence suffisants et se trouve en situation de complète dépendance par rapport au système d'assistance sociale français puisqu'il ne justifie pas d'une assurance maladie personnelle en France ou dans son pays d'origine ". L'arrêté attaqué s'est pourtant borné à viser les " articles L.621-1, L.621-2, L.622-1 à L.622-4, L.722-4, L.722-10 et L.721-4 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les règlements européenne n°2018/1861 et 2016/399 et le décret publiant l'accord franco-espagnol relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière signé le 26 novembre 2002, alors que ces dispositions et stipulations n'énoncent pas les normes juridiques dont il a ainsi fait application à la situation de M. A. Faute de toute référence à ces dernières, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas mis M. A à même de comprendre les motifs de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse pour lui permettre d'exercer utilement son recours. Il en résulte que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit et doit, par suite, être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

3. L'exécution du présent jugement implique que le préfet de police délivre à M. A, en application de l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour et qu'il réexamine sa situation. Le préfet de la Seine-Saint-Denis devra y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 28 novembre 2023 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé.

Article 2 : Il est ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour à M. A et de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.

La magistrate désignée,

C. GROSSHOLZ La greffière,

A. HENRY

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2327465/1-1

Décisions similaires

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419499

05/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419864

05/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420745

05/11/2024

TA75

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420764

05/11/2024

← Retour aux décisions