vendredi 30 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2405803 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024 sous le n° 2405803, et des mémoires, enregistrés le 1er décembre 2024, le 17 janvier 2025, le 20 janvier 2025, le 10 février 2025 et le 23 février 2025, M. B A, représenté en dernier lieu par la SELARL Thesias, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 juin 2023 par laquelle le président de la Fédération française de parachutisme (FFP) a prononcé à son encontre une interdiction de vol de largage pour une durée de trois mois ;
2°) d'annuler la décision du 17 mai 2024 par laquelle le comité de discipline d'appel (CDA) de FFP a réformé la décision du 7 mars 2024 du comité de discipline de 1ère instance de la FFP et a prononcé à son encontre une sanction d'interdiction d'être licencié par la FFP ou de s'y affilier, de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFP et de participer directement ou indirectement à l'organisation et au déroulement des manifestations et compétitions organisées par la FFP ou par ses structures affiliées ou agréées pendant une durée de sept ans à compter du 7 mars 2024, sanction assortie d'une période de sursis de deux ans ;
3°) d'enjoindre à la FFP de publier un communiqué interne faisant état de l'annulation des sanctions prononcées à son encontre ;
4°) de condamner la FFP à lui verser la somme de 29 360 euros en réparation des différents préjudices qu'il estime avoir subis assortie des intérêts au taux légal, capitalisés pour produire eux-mêmes des intérêts ;
5°) de mettre à la charge de la FFP la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision du 23 juin 2023 :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle constitue une sanction et non une mesure conservatoire, qui a porté atteinte au principe du contradictoire, faute de possibilité de présenter des observations ou d'avoir été mis à même de prendre connaissance des pièces du dossier le concernant, aux droits de la défense, faute d'avoir pu être assisté par le conseil de son choix, et à la présomption d'innocence, faute de possibilité de contester la décision, en méconnaissance notamment des articles 6, 8, 9, 10, 11, 13, 16, 17, 19 et 24 du règlement disciplinaire de la FFP ainsi que des articles L. 121-1 à L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le président de la FFP n'était pas compétent pour adopter cette mesure, qui ne présente pas un caractère conservatoire mais constitue une sanction ; ce pouvoir de sanction appartenait en effet aux dirigeants des écoles françaises de parachutisme au nombre desquels il n'est pas ; par ailleurs, les pilotes ne sont pas soumis aux dispositions arrêtées par la FFP ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- il a subi des préjudices du fait de cette décision tenant à un préjudice matériel résultant de l'impossibilité d'exercer son activité dans des écoles ou des sociétés de parachutisme, qu'il évalue à 24 360 euros, et à un préjudice moral, qu'il estime à 5 000 euros ;
Sur la décision du 17 mai 2024 :
- elle est entachée d'incompétence et méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée de plusieurs vices de procédure tenant à la partialité du comité de discipline d'appel, à la méconnaissance de l'article 2 du règlement disciplinaire et à des situations de conflits d'intérêt ; en effet, d'une part, le président de la FFP, qui était l'auteur de la décision du 23 juin 2023, n'aurait pas dû y prendre part ; d'autre part, la licence qui avait été accordée au secrétaire du comité de discipline d'appel quelques jours avant la séance du comité l'a été en méconnaissance des règles déontologiques de sorte qu'il n'aurait pas dû pouvoir y siéger ; ce dernier, ainsi qu'un autre membre, ne pouvait pas être à la fois membre du comité de discipline d'appel et de la commission électorale de la FFP ; il ne pouvait pas davantage être membre dès lors qu'il était lié contractuellement à la FFP ; enfin, les autres dirigeants de la FFP présentent entre eux des liens d'intérêts importants ;
- la sanction prononcée est fondée sur des documents privés et des faux témoignages ;
- les faits ne sont pas établis ou ne présentent pas de caractère répréhensible ;
- la sanction a porté au principe constitutionnel non bis in idem ; elle ne pouvait pas lui être infligée dès lors qu'il n'était plus titulaire d'une licence lorsqu'elle a été prise ; les pilotes ne sont par ailleurs pas soumis aux dispositions arrêtées par la FFP ;
- elle présente un caractère disproportionné ;
- il a subi un préjudice du fait de cette sanction tenant à l'impossibilité d'exercer son activité en France, qu'il évalue à 30 000 euros, et à l'atteinte portée à sa réputation, qu'il évalue à 15 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 novembre 2024, le 23 décembre 2024 et le 24 février 2025, la Fédération française de parachutisme, représentée par Me de la Grange, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 23 juin 2023 dès lors qu'elle a désormais été entièrement exécutée ;
- les conclusions indemnitaires tenant à la faute commise par l'adoption de la décision du 23 juin 2023 n'ont pas été liées par une demande indemnitaire et sont irrecevables ;
- le préjudice allégué n'est pas établi ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction est intervenue le 14 mars 2025.
II. Par une requête, enregistrée le 30 août 2024 sous le n° 2423394 et des mémoires enregistrés le 2 décembre 2024, le 17 janvier 2025, le 20 janvier 2025 et le 10 février 2025 et le 23 février 2025, M. B A, représenté en dernier lieu par la SELARL Thesias, doit être regardé comme demandant au tribunal, par les mêmes moyens que sous le n° 2405803, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2024 par laquelle le comité de discipline d'appel de FFP a réformé la décision du 7 mars 2024 du comité de discipline de 1ère instance de la FFP et a prononcé à son encontre une sanction d'interdiction d'être licencié par la FFP ou de s'y affilier, de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFP et de participer directement ou indirectement à l'organisation et au déroulement des manifestations et compétitions organisées par la FFP ou par ses structures affiliées ou agrées pendant une durée de sept ans à compter du 7 mars 2024, sanction assortie d'une période de sursis de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la FFP de publier un communiqué interne faisant état de l'annulation des sanctions prononcées à son encontre ;
3°) de condamner la FFP à lui verser la somme de 45 000 euros en réparation des différents préjudices qu'il estime avoir subis ;
4°) de mettre à la charge de la FFP la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en outre, que la décision du 23 juin 2023 a été adopté au terme d'une procédure ayant méconnu le principe du contradictoire garanti par les articles L. 121-1 à L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 janvier 2025 et le 24 février 2025, la FFP, représentée par Me de la Grange, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables car présentées dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir et car le requérant n'a pas lié le contentieux ;
- la réalité des préjudices allégués n'est en tout état de cause pas établie.
La clôture de l'instruction est intervenue le 14 mars 2025.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du sport ;
- le décret n° 2016-1054 du 1er août 2016 ;
- la charte des écoles de la Fédération française de parachutisme, dans sa rédaction modifiée par son assemblée générale le 16 juin 2017 ;
- le règlement intérieure de la Fédération française de parachutisme, adopté par son assemblée générale le 15 mars 2019 ;
- le règlement disciplinaire de la Fédération française de parachutisme, dans sa rédaction modifiée par son assemblée générale le 18 mars 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rezard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hudrisier, représentant M. A,
- et les observations de Me de la Grange, représentant la FFP.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A, qui était alors titulaire d'une licence technique délivrée par la Fédération française de parachutisme (FFP), a pris part durant le weekend des 8 et 9 avril 2023 à un vol en qualité de pilote au cours duquel il a procédé au largage de deux personnes en combinaison ailée (wingsuiters). Par une décision du 23 juin 2023, le président de la FFP, eu égard aux conditions de réalisation de ce vol, a prononcé notamment à son encontre une interdiction de vol de largage pour une durée de trois mois. L'intéressé a formé un recours gracieux contre cette décision, assortie d'une demande indemnitaire. Par un courrier du 3 octobre 2023, le président de la FFP a maintenu sa décision et rejeté la demande indemnitaire. M. A a formé le 21 novembre 2023 le recours prévu par l'article R. 141-5 du code du sport devant le conciliateur du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui, par un courrier du 23 juin 2023 l'a invité à s'en tenir à la décision du 23 juin 2023. M. A a fait opposition le 21 février 2024 à cette proposition. Par la requête n° 2405803, il demande l'annulation de la décision du 23 juin 2023.
3. Par un courrier du 28 décembre 2023, le président de la FFP a informé M. A qu'il saisissait le comité de discipline de première instance (CDPI) de la FFP de sa situation en raison notamment du vol du weekend des 8 et 9 avril 2023 ainsi que d'un autre vol du 2 juin 2023. Par une décision du 7 mars 2024, le CDPI lui a infligé une sanction de radiation définitive de la FFP et d'interdiction définitive d'y être licencié ou de s'y affilier. L'intéressé a relevé appel de cette décision devant le comité de discipline d'appel (CDA) de la FFP qui, par une décision du 17 mai 2024, a réformé la décision du CDPI et infligé à M. A une sanction d'interdiction d'être licencié ou affilié à la FFP, de participer aux manifestations organisées ou autorisées par elle et de participer à l'organisation ou au déroulement de manifestations et compétitions organisées par elle ou ses structures affiliées ou agréées pendant une durée de sept ans courant à compter de la décision du CDPI et assortie d'une période de sursis de deux ans. L'intéressé a formé le 10 juin 2024 le recours prévu par l'article R. 141-5 du code du sport devant le conciliateur du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui, par un courrier du 1er août 2024 l'a invité à s'en tenir à la décision du 17 mai 2024. M. A a fait opposition le 6 août 2024 de cette proposition. Par un mémoire complémentaire à la requête n° 2405803 et par la requête n° 2423394, il demande l'annulation de la décision du 17 mai 2024. Le requérant demande aussi la condamnation de la FFP à lui verser les sommes de 29 360 euros et 45 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de ces décisions.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
4. La décision du 23 juin 2023 par laquelle le président de la FFP a interdit le requérant de vol pendant une durée de trois mois a reçu exécution et n'a pas été retirée. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la FFP dans l'instance n° 2405803 doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 23 juin 2023 :
5. Aux termes de l'article 4.3 de la charte des écoles de la FFP, dans sa rédaction modifiée par l'assemblée générale de la FFP le 16 juin 2017 et applicable au litige : " () en cas de mise en cause de la sécurité des personnes : / a) Les dirigeants, les éducateurs sportifs des écoles et des établissements agréés et les cadres techniques nationaux ont la charge de la police du terrain et sont ainsi habilités à prononcer, en conformité, le cas échéant, avec le règlement intérieur de la structure à laquelle ils appartiennent, des interdictions de sauts ou de vols pouvant aller jusqu'à un maximum de trois mois () ".
6. Il ressort de ces dispositions que les autorités compétentes pour adopter, à titre conservatoire dans une finalité de protection de la sécurité des personnes, une mesure de police consistant en une interdiction de saut ou de vol sont, d'une part, les dirigeants et les éducateurs sportifs des écoles de parachutisme et des établissements agréés par la FFP et, d'autre part, les conseillers techniques nationaux mentionnés à l'article R. 131-16 du code du sport.
7. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise par le président de la FFP en cette qualité. Il est constant que l'intéressé n'est pas dirigeant ou éducateur sportif d'une des écoles ou d'un des établissements agréés par la FFP. Il n'a pas davantage la qualité de conseiller technique national. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que la décision du 23 juin 2023 est entachée d'incompétence, comme l'avait d'ailleurs relevé le conciliateur du CNOSF, et à demander en conséquence son annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2405803 dirigés contre cette décision.
En ce qui concerne la sanction du 17 mai 2024 :
8. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 19 du règlement disciplinaire de la FFP, dans sa rédaction modifiée par son assemblée générale le 18 mars 2023, que le recours contre les décisions de l'organe disciplinaire de première instance de la FFP sont portés devant l'organe disciplinaire d'appel, que constitue le comité disciplinaire d'appel. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a bien été adoptée par le comité de discipline d'appel de la FFP. Par suite, le moyen d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". S'agissant d'une autorité de caractère collégial, il est satisfait aux exigences découlant de ces prescriptions dès lors que la décision prise comporte la signature du président de cette autorité, accompagnée des mentions, en caractères lisibles, prévues par cet article.
10. Il ressort des pièces du dossier que la décision du comité de discipline d'appel a été signée par M. Jean-Philippe Chatelain, président du comité, ainsi d'ailleurs que par les deux autres membres y ayant siégé. Par suite, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 100-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui est applicable aux personnes privées chargées d'une mission de service public administratif, à l'image des fédérations sportives, en vertu du 1° de l'article L. 100-3 du même code et reprend la teneur du principe général du droit s'imposant à tous les organismes administratifs : " L'administration () se conforme au principe d'égalité et garantit à chacun un traitement impartial. " Le principe d'impartialité impose à l'autorité administrative d'exercer son pouvoir d'appréciation sans faire preuve de partialité et en particulier d'animosité personnelle vis-à-vis des administrés. Par ailleurs, aux termes du dernier alinéa de l'article 2 du règlement disciplinaire : " Les membres des organes disciplinaires ne peuvent être liés à la fédération, à ses organes déconcentrés, le cas échéant, à la ligue professionnelle par un lien contractuel autre que celui résultant éventuellement de la licence. "
12. D'une part, la circonstance que le président de la FFP, qui avait interdit l'intéressé de vol par la décision du 23 juin 2023, a saisi le 28 décembre 2023 les organes disciplinaires de la fédération de la situation de M. A n'est pas de nature à entacher la procédure d'irrégularité dès lors qu'il n'est pas justifié que le président de la FFP aurait fait preuve de partialité et notamment d'une animosité personnelle à son encontre.
13. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les membres du comité de discipline d'appel ayant exercé le 17 mai 2024 les fonctions de président et de secrétaire de séance étaient également membres de la commission électorale de la FFP et, d'ailleurs, pour le premier, de sa commission des juges. Toutefois, cette circonstance ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article 2 du règlement disciplinaire dès lors que leur désignation en ces qualités ne permet pas de déduire l'existence d'un lien contractuel entre eux et la FFP. Il en va de même de la circonstance que le secrétaire de séance exerce des fonctions de consultant au sein du cabinet d'avocats de la FFP, qui la représente notamment dans les présentes instances, faute pour le requérant de démontrer qu'il existait, à la date à laquelle le comité s'est réuni, des liens contractuels directement conclus entre cette personne et la FFP.
14. Enfin, si le requérant soutient que la délivrance de la licence du membre du comité de discipline d'appel ayant siégé comme secrétaire de séance, peu de temps auparavant, aurait été irrégulière, il n'identifie pas, en se bornant à indiquer que son âge était incompatible avec la pratique du sport de haut niveau dans laquelle est spécialisé le pôle qui lui a délivré sa licence, la condition mise à la délivrance d'une licence par la FFP que l'intéressé n'aurait pas remplie.
15. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés des vices de procédure doivent être écartés comme étant infondés. A supposer que le requérant invoque également des moyens tirés de l'absence de communication du rapport disciplinaire, du retard pris avant l'engagement de la procédure disciplinaire ou de l'absence de précision sur ses " fondements juridiques ", ils ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent être écartés.
16. En quatrième lieu, le requérant soutient que la procédure d'adoption de la décision du 17 mai 2024 est entachée d'irrégularité dès lors que les articles L. 121-1 à L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration auraient été méconnus dans le cadre de la procédure d'adoption de la décision du 23 juin 2023. Toutefois, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 6, la décision du 23 juin 2023 présentait le caractère d'une mesure de police, et non d'une sanction, à l'image de la décision du 17 mai 2024, de sorte que ces décisions ne sont pas intervenues au terme d'une procédure commune. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la procédure ayant abouti à l'infliction de la sanction du 17 mai 2024 a été conduite dans les conditions prévues par les dispositions du règlement disciplinaire, qui garantissent le respect des droits de la défense et du principe du contradictoire d'une manière conforme aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen doit être écarté.
17. En cinquième lieu, en l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction, peut apporter la preuve de ces faits par tout moyen. Par suite, M. A, qui ne soutient au demeurant pas qu'il en résulterait une atteinte à une obligation de loyauté à laquelle la FFP serait tenue vis-à-vis de lui en sa qualité de licencié, n'est pas fondé à soutenir que la circonstance que le rapport établi dans le cadre de la procédure disciplinaire serait fondé sur des extraits de conversations privées avec un autre pilote et un groupe de pilotes entacherait la décision attaquée d'illégalité. Ce moyen doit donc être écarté.
18. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 131-8 du code des sports : " Un agrément peut être délivré () aux fédérations qui, en vue de participer à l'exécution d'une mission de service public, ont adopté () un règlement disciplinaire conforme à un règlement type () " Le règlement type prévu par ces dispositions figure en annexe I-6 au même code. Aux termes de l'article 2 du règlement disciplinaire de la FFP, qui reprend les termes de l'article 2 du règlement type, dans sa rédaction issue du le décret du 1er août 2016 : " Il est institué () un ou plusieurs organes disciplinaires d'appel investis du pouvoir disciplinaire à l'égard : () / 2° Des licenciés de la fédération () / Ces organes disciplinaires sont compétents pour prononcer des sanctions à raison des faits contraires aux règles posées par les statuts et règlements de la fédération () et commis par une personne physique () en une des qualités mentionnées ci-dessus à la date de commission des faits. " Il résulte de ces dispositions qu'une fédération sportive agréée, qu'elle ait ou non reçu la délégation du ministre chargé des sports prévue à l'article L. 131-14 du code des sports, est habilitée à prononcer une sanction disciplinaire à l'encontre des personnes qui avaient la qualité de licencié de cette fédération, à la date à laquelle les faits qui leur sont reprochés ont été commis, même si elles ont ensuite perdu cette qualité.
19. Il ressort des pièces du dossier que M. A avait obtenu, au titre de l'année 2023, une licence auprès de la FFP, d'une durée de validité comprise entre le 7 avril 2023 et le 31 décembre 2023. Il suit de là qu'il était licencié de la FFP à la date de commission des faits qui lui sont reprochés, durant le weekend des 8 et 9 avril 2023 et le 2 juin 2023. Si le requérant n'était plus titulaire d'une licence à la date à laquelle le comité de discipline d'appel a statué le 17 mai 2024, sa licence au titre de l'année 2024 n'ayant été délivrée que le 20 juin 2024, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, à supposer que vol de largage ne soit pas une des disciplines relevant de la FFP mentionnées dans le contrat de délégation conclu entre la FFP et le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports le 7 mars 2022, cette circonstance est également sans incidence. Par suite, les moyens d'erreurs de droit sont infondés et doivent être écartés.
20. En septième lieu, selon l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : " La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée ". Les principes ainsi énoncés ne concernent pas seulement les peines prononcées par les juridictions pénales mais s'étendent à toute sanction ayant le caractère d'une punition. Il découle du principe de nécessité des délits et des peines qu'une même personne ne peut faire l'objet de plusieurs poursuites tendant à réprimer de mêmes faits qualifiés de manière identique, par des sanctions de même nature, aux fins de protéger les mêmes intérêts sociaux.
21. Si le requérant soutient que la décision attaquée a porté atteinte au principe non bis in idem dès lors qu'il avait déjà fait l'objet d'une sanction à raison des mêmes faits, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que la décision du 23 juin 2023 ne constitue pas une sanction présentant le caractère d'une punition mais une mesure de police prise à titre conservatoire. Par suite, la circonstance que l'interdiction de vol résultant de la décision du 23 juin 2023 ait pu se cumuler avec la sanction prononcée le 17 mai 2024 ne saurait être regardée comme constituant un cumul de sanctions. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté comme étant infondé.
22. En huitième lieu, il ressort d'abord des pièces du dossier qu'alors que le flash de sécurité du 15 octobre 2018, diffusé à la suite d'un accident à l'issue tragique, impose au pilote de largage d'adopter, immédiatement après le saut des wingsuiters, une trajectoire garantissant qu'il s'écarte d'elles, M. A, lors du vol effectué sur le site de l'école de parachutisme de Besançon durant le weekend des 8 et 9 avril 2023, s'est maintenu en vol à proximité immédiate d'une des personnes qu'il avait larguées. Cette personne s'est alors retrouvée en dehors de son champ de vision, à proximité immédiate des gouvernes de profondeur de l'avion qu'il pilotait, ce qui a été de nature à la mettre en danger et à compromettre la stabilité de l'appareil. M. A conteste la matérialité de ces faits, notamment en se prévalant d'une expertise non-contradictoire qu'il a fait réaliser. Cependant, les éléments qu'il apporte dans ce cadre n'apparaissent pas suffisants pour contredire les éléments recueillis par la FFP dans le cadre du rapport d'enquête et du complément d'enquête qu'elle a sollicité et pour établir que le requérant aurait respecté le flash de sécurité du 15 octobre 2018. Si M. A soutient que le bien-fondé des prescriptions de ce document est contestable, cette circonstance, au demeurant non établie, est sans incidence dès lors qu'il lui appartenait de s'y conformer, comme à toute décision administrative, jusqu'à sa modification par la FFP ou son annulation par le juge.
23. Il ressort ensuite des pièces du dossier, notamment du message adressé par le requérant au directeur technique de l'école de parachutisme de Besançon lui indiquant " t'étais pas au courant ", que M. A et les deux personnes qu'il a larguées n'avaient pas alerté ce dernier, comme ils auraient dû le faire en application du flash de sécurité, des modalités du largage qu'ils envisageaient, afin qu'il ne puisse pas le leur interdire. Si M. A produit des attestations en sens contraires émanant de lui et des deux personnes qui étaient avec lui, celles-ci ne présentent pas de caractère probant étant donné qu'ils ont tous les trois fait l'objet d'une mesure conservatoire d'interdiction de vol ou de saut dans le cadre de la décision attaquée et alors que l'un des wingsuiters avait initialement, durant son audition, reconnu qu'ils avaient sciemment laissé le directeur technique dans l'ignorance.
24. Il ressort enfin des pièces du dossier, notamment du contenu de la vidéo publiée par une personne se présentant comme le requérant sur un réseau social ainsi que de l'attestation du président de l'école de parachutisme de Lyon-Corbas (EPLC) et du wingsuiter qu'il a largué au cours d'un vol effectuée depuis cette école le 2 juin 2023 que M. A a une nouvelle fois méconnu le flash de sécurité du 15 octobre 2018, en permettant au wingsuiter qu'il avait largué de faire le tour de l'avion dans le sens de la hauteur.
25. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que les faits qui lui sont reprochés n'étaient pas matériellement établis. Ce moyen doit donc être écarté.
26. En neuvième lieu, aux termes de l'article 22 du règlement disciplinaire de la FFP : " Les sanctions applicables sont notamment : () / 10° Une interdiction temporaire ou définitive de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par une fédération ; / 11° Une interdiction temporaire ou définitive de participer directement ou indirectement à l'organisation et au déroulement des compétitions et manifestation sportives autorisées par une fédération délégataire ou organisées par une fédération agréée () / 14° Une interdiction pour une durée qu'elle fixe d'être licencié de la fédération ou de s'y affilier () / Une ou plusieurs sanctions peuvent être choisies par les sanctions énumérées ci-dessus dans le respect du principe de proportionnalité. Elles sont prononcées en considération de la gravité des faits et du comportement de leur auteur ". Aux termes de l'article 25 du règlement : " Les sanctions prévues à l'article 22 () peuvent être assorties en tout ou partie d'un sursis () ".
27. Le comité de discipline d'appel, par la décision du 17 mai 2024, a infligé à M. A les sanctions prévues aux 10°, 11° et 14° de l'article 22 du règlement disciplinaire de la FFP, pour une durée de sept ans et les a assorties, conformément à son article 25, d'une période de sursis partielle d'une durée de deux ans. D'une part, les faits qui ont été commis par le requérant apparaissent particulièrement graves dès lors qu'ils étaient de nature à mettre en danger à la fois les wingsuiters à proximité desquelles il s'est maintenu en vol mais aussi la stabilité de son appareil et donc sa sécurité et celle des personnes au sol. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que ces manquements aux règles de sécurité ont été commis par lui délibérément et de manière réitérée et qu'il s'est efforcé de les dissimuler aux autorités chargées au sein de la FFP de veiller au respect des règles de sécurité. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, depuis la commission de ces manquements, M. A n'a pas remis en cause le comportement à risques qui a été le sien mais a au contraire adopté une attitude de défi vis-à-vis de la FFP, conteste toujours la validité des règles de sécurité et continue à soutenir que les faits qui lui sont reprochés ne devaient pas tomber sous le coup de cette réglementation. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, en infligeant les trois sanctions mentionnées ci-dessus, le comité de discipline d'appel n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Ce moyen doit donc être écarté.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A aux fins d'annulation de la décision du 17 mai 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
29. L'annulation de la décision du 23 juin 2023 n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au président de la FFP de diffuser un communiqué pour en faire état. Par suite, les conclusions du requérant aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la décision du 23 juin 2023 :
30. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'incompétence, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement intervenir et aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente. Dans le cas où il juge qu'une même décision aurait été prise par l'autorité compétente, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice qui entachait la décision administrative illégale.
31. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que la décision du 23 juin 2023 du président de la FFP est entachée d'incompétence dès lors qu'il ne constitue pas l'une des autorités qui étaient susceptibles de prononcer de manière conservatoire l'interdiction de vol de M. A sur le fondement de l'article 4.3 de la charte des écoles de la FFP. Cette illégalité est fautive.
32. Il résulte toutefois de l'instruction, ainsi qu'il a été dit aux points 22 à 24, d'une part, que M. A a mis en danger la sécurité des personnes durant le weekend du 8 au 9 février 2023, en se maintenant en vol à proximité immédiate d'un des personnes qu'il avait larguées alors que cela était prohibé par le flash de sécurité du 15 octobre 2018, d'autre part, qu'il l'a fait à l'insu du directeur technique de de l'école de parachutisme de Besançon, afin que celui-ci ne puisse pas s'y opposer avant le décollage et, enfin, qu'il a une nouvelle fois méconnu le flash de sécurité du 15 octobre 2018, en permettant, le 2 juin 2023, au wingsuiter qu'il avait larguée de faire le tour de l'avion dans le sens de la hauteur.
33. Il suit de là qu'à au moins deux reprises, le requérant a volontairement méconnu les préconisations édictées dans l'intérêt de la sécurité des wingsuiters et des pilotes après avoir dissimulé son intention de le faire aux autorités compétentes. Par suite, la même décision que celle qui a été prononcée par le président de la FFP, consistant en une interdiction de vol de trois mois dans l'intérêt de la protection de la sécurité des personnes, qui aurait pu légalement intervenir, aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente.
34. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées au titre du fait générateur que constitue l'illégalité fautive de la décision du 23 juin 2023 doivent être rejetées en l'absence de lien de causalité entre cette faute et le dommage, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la FFP.
En ce qui concerne la décision du 17 mai 2024 :
35. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 28 que la décision du 17 mai 2024 n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité pour faute de la FFP à ce titre. Ses conclusions indemnitaires doivent donc être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la FFP.
Sur les frais liés à l'instance :
36. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la FFP une somme à verser au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2405803. Ces dispositions font par ailleurs obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme demandée par la FFP.
37. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A une somme de 1 800 euros à verser à la FFP sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2423393. Ces dispositions font, en revanche, obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la FFP, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme demandée par le requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 juin 2023 du président de la Fédération française de parachutisme est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties dans l'instance n° 2405803 est rejeté.
Article 3 : La requête n° 2423394 est rejetée.
Article 4 : Il est mis à la charge de M. A une somme de 1 800 euros à verser à la Fédération français de parachutisme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de l'instance n° 2423394.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Fédération française de parachutisme.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente,
Mme de Schotten, première conseillère,
M. Rezard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2025.
Le rapporteur,
A. Rezard
La présidente,
K. Weidenfeld
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de vie associative en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2405803-2423394/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026