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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2406850

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2406850

vendredi 24 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2406850
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKADOCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme B... d’une requête en excès de pouvoir visant à annuler le refus du préfet de police d’enregistrer sa demande d’asile. Postérieurement à l’introduction du recours, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a enregistré la demande et une attestation de demande d’asile a été délivrée à l’intéressée. Le tribunal a constaté que la requête était devenue sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction. Sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, l’Etat a été condamné à verser 800 euros à l’avocat de la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2024, Mme C... B..., représentée par ses parents et représentants légaux, Mme D... A... et M. E... B..., ainsi que par Me Kadoch, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler la décision du 26 février 2024 par laquelle le préfet de police a refusé d’enregistrer sa demande d’asile ;

3°) d’enjoindre au préfet de police de procéder à l’enregistrement de sa demande d’asile, dans un délai de quarante-huit heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sous réserve qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale ne lui est pas accordé, à lui verser directement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le préfet de police conclut à ce qu’il n’y ait lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête et au rejet des conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 et L. 911-1 du code de justice administrative.

Par une décision du 7 mai 2024, Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

1. Par une décision du 7 mai 2024, le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme B.... Il n’y a pas lieu, par suite, de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3( Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a enregistré la demande d’asile de Mme B... le 10 avril 2024 et le préfet des Hauts-de-Seine, département de résidence de la requérante, lui a délivré une attestation de demande d’asile valable du 11 mars 2024 au 10 septembre 2024. Par suite, sa requête est devenue sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.


Sur les frais liés à l’instance :

4. Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que son avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Kadoch de la somme de 800 euros.



O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu d’admettre Mme B..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de Mme B....

Article 3 : L’Etat versera la somme de 800 euros à Me Kadoch en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Kadoch renonce à percevoir la contribution de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B..., au préfet de police et à Me Kadoch.


Fait à Paris, le 24 octobre 2025.


Le président de la 2ème section,




J.-F. SIMONNOT


La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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