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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2406868

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2406868

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2406868
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET CLYDE & CO (LLP)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Air France. Celle-ci contestait une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur pour avoir débarqué une passagère munie d'un passeport ukrainien manifestement contrefait, en application de l'article L. 821-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a jugé que la société avait pu exercer ses droits de la défense en consultant le dossier contradictoire, lequel comprenait une planche comparative identifiant précisément les anomalies du document. Il a estimé que ces anomalies étaient décelables par un examen normalement attentif des agents de la compagnie, conformément à l'obligation de vérification prévue à l'article L. 6421-2 du code des transports.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, la société Air France, représentée par Me Pradon, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 25 janvier 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a infligé une amende d’un montant de 10 000 euros sur le fondement de l’article L. 821-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou de la décharger du paiement de cette somme ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


La société Air France soutient que :

- elle a été empêchée d’exercer pleinement ses droits de la défense faute d’avoir pu examiner le document original ;
- au vu de la seule copie du document litigieux et d’une planche comparative dont disposait le ministre, le caractère manifeste de la contrefaçon n’était pas décelable ;


Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens soulevés n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des transports,
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beugelmans-Lagane ;
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique ;
- les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :


Par une décision du 25 janvier 2024, le ministre de l’intérieur a infligé à la compagnie, sur le fondement des articles L. 821-6 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une amende de 10 000 euros pour avoir, le 21 février 2023, débarqué sur le territoire français, Mlle A... se disant Anna Shekoyan, ressortissante en provenance du Caire démunie de document de voyage revêtu le cas échéant du visa requis, le passeport ukrainien étant manifestement contrefait. La société Air France demande l’annulation de cette sanction financière et la décharge de l’obligation de payer l’amende.

Aux termes de l’article L. 6421-2 du code des transports : « Le transporteur ne peut embarquer les passagers pour un transport international qu'après justification qu'ils sont régulièrement autorisés à atterrir au point d'arrivée et aux escales prévues. » Aux termes du premier alinéa de l’article L. 821-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Est passible d'une amende administrative de 10 000 euros l'entreprise de transport aérien, maritime ou routier qui débarque sur le territoire français, en provenance d'un État qui n'est pas partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse démuni du document de voyage et, le cas échéant, du visa requis par la loi ou l'accord international qui lui est applicable en raison de sa nationalité ». L’article L. 821-8 du même code précise que « L’amende prévue à l’article L. 821-6 (…) n’est pas infligée (…) 2° Lorsque l'entreprise de transport établit que les documents requis lui ont été présentés au moment de l'embarquement et qu'ils ne comportaient pas d'élément d'irrégularité manifeste ».

Ces dispositions font obligation aux transporteurs aériens de s’assurer, au moment des formalités d’embarquement, que les voyageurs ressortissants d’Etats non membres de l’Union européenne ni d’un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 sont en possession de documents de voyage leur appartenant, le cas échéant revêtus des visas exigés par les textes, non falsifiés et valides. Si ces dispositions n’ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet de conférer au transporteur un pouvoir de police aux lieu et place de la puissance publique, elles lui imposent de vérifier que l’étranger est muni des documents de voyage et des visas éventuellement requis et que ceux-ci ne comportent pas d’éléments d’irrégularité manifeste, décelables par un examen normalement attentif des agents de l’entreprise de transport. En l’absence d’une telle vérification, à laquelle le transporteur est d’ailleurs tenu de procéder en vertu de l’article L. 6421-2 du code des transports, le transporteur encourt l’amende administrative prévue par les dispositions précitées.

Il appartient au juge administratif, saisi d’un recours de pleine juridiction contre la décision infligeant une amende sur le fondement des dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de statuer sur le bien-fondé de la décision contestée et de réduire, le cas échéant, le montant de l’amende infligée en tenant compte de l’ensemble des circonstances de l’espèce.

En premier lieu, il résulte de l’instruction que, par un courrier du 25 juillet 2023, la société Air France a été informée du projet de sanction, et invitée à consulter le dossier et présenter des observations écrites. Une salariée de la société a attesté avoir consulté le dossier de la procédure contradictoire préalable à la sanction le 1er août 2023. Il est constant que ce dossier comprenait une planche comparative en couleur, établie par les services de police, qui identifiait précisément les anomalies présentées par le passeport ukrainien de la passagère par rapport à un document authentique. Ces anomalies étaient aisément décelables même sur la copie du passeport de la passagère. Dans ces circonstances, la communication du document original n’était pas nécessaire pour mettre la société requérante à même de faire valoir ses observations, ce qu’elle a fait au demeurant par un courrier du 23 août 2023. Par suite, elle n’est pas fondée à soutenir que ses droits de la défense ont été méconnus.

En second lieu, il résulte de l’instruction, et notamment de la planche comparative produite par le ministre, que le passeport ukrainien, présenté par la passagère, comporte une pastille en encre pailletée de l’Ukraine aux contours mal définis, qui ne réagit pas en fonction de l’inclination du document et que la pastille demeure brun foncé. Ces anomalies étaient aisément décelables à l’œil nu, sans qu’il ne soit nécessaire d’opérer un grossissement de la zone concernée du document, par un examen normalement attentif du document par un agent de l’entreprise de transport formé à la vérification des documents de voyage. Par suite, la société requérante n’est pas fondée à soutenir que le caractère manifeste de la contrefaçon n’est pas établi.

Compte-tenu de la gravité du manquement de la société Air France à son obligation de vérification documentaire, et en l’absence de circonstances de nature à atténuer sa responsabilité, il ne résulte pas de l’instruction que l’amende mise à sa charge serait disproportionnée. Dans ces conditions, le ministre de l’intérieur était fondé à infliger à la société Air France l’amende prévue par les dispositions précitées de l’article L. 821-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et à en fixer le montant à 10 000 euros.

Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Air France doit être rejetée dans toutes ses conclusions.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de la société Air France est rejetée.


Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Pradon, mandataire de la société Air France et au ministre de l'intérieur.


Délibéré après l'audience du 11 décembre 2025 à laquelle siégeaient :

- M. Gracia, président ;
- Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère ;
- M. Rannou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2025.

La rapporteure,





N. BEUGELMANS-LAGANE

Le président,





J-Ch. GRACIA
Le greffier,




R. DRAI

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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