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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418638

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418638

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418638
TypeDécision
Formation6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 3 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B, selon la procédure prévue à l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par cette requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. A C B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa remise aux autorités italiennes et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui remettre son titre de séjour italien.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les droits de la défense ;

- elle porte une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est tardive et, partant, irrecevable, et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Weidenfeld a été lu, en l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé la remise aux autorités italiennes de M. B, ressortissant pakistanais né le 8 juillet 1981 et entré en France en 2009 selon ses déclarations, à quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le règlement (UE) 2016/399 et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait également état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. Par suite, il comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas sérieusement examiné sa situation. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, si le requérant invoque, sans aucune précision, une méconnaissance du principe du contradictoire, il ne conteste pas les énonciations de l'arrêté contesté selon lesquelles il a été mis en mesure de présenter ses observations lors de son audition par les services de police le 1er juillet 2024. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la défense doit être écarté.

4. En troisième lieu, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir la durée de sa présence sur le territoire français, ou les attaches, notamment professionnelles, qu'il y revendique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir soulevée en défense, les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.

D É C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La magistrate désignée,

K. Weidenfeld Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2418638/6-1

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