lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2422883 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | CABOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, Mme B C, représentée par Me Cabot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée ;
2°) d'ordonner au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence de son auteur ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, il convient aussi d'exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les pièces complémentaires enregistrées le 28 août 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, en présence de Mme Iannizzi, greffière d'audience, a été entendu le rapport de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante éthiopienne entrée en France le 25 septembre 2022, a déposé une demande de protection internationale dans le cadre des dispositions de l'article L. 521-1 et L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Sa demande tendant à être admise en qualité de réfugiée a été rejetée par l'OFPRA le 18 avril 2023 et cette décision a été confirmée par la CNDA le 3 janvier 2024. Mme C a déposé une demande de réexamen selon la procédure accélérée le 1er mars 2024 mais sa demande a été déclarée irrecevable par l'OFPRA par une décision du 8 mars 2024, qui a été confirmée par la CNDA, pour absence d'éléments sérieux, par une décision du 21 mai 2024. Par un arrêté du 11 juillet 2024, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 4° du CESEDA, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
2. Par un arrêté n° 2024-00598 du 7 mai 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. Youssef Berqouqi, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. La mesure d'éloignement étant légale, Mme C n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
4. La décision fixant le pays de destination vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et énonce les considérations de fait tirées que Mme C n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de ladite convention en cas de retour dans son pays d'origine, ou dans son pays de résidence habituelle où elle est effectivement admissible. Le moyen tiré du défaut de motivation sera donc écarté. Il ressort en outre des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de police a procédé à un examen préalable et sérieux de la situation de la requérante.
5. Enfin, si Mme C soutient qu'elle risque d'être exposée à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Ethiopie, elle ne produit, devant le tribunal, aucun élément nouveau de nature à établir qu'elle serait personnellement et directement exposée à de tels risques en cas de retour dans son pays d'origine, alors que sa demande de protection internationale au titre de l'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA et que sa demande de réexamen a été déclarée irrecevable par l'OFPRA par une décision du 8 mars 2024, qui a été confirmée par la CNDA, pour absence d'éléments sérieux, par une décision du 21 mai 2024. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée
.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au préfet de police et à Me Cabot.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La magistrate désignée,
A. A
La greffière,
J. Iannizzi
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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