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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2431124

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2431124

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2431124
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantDIARRA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir d'une ressortissante ivoirienne demandant l'annulation du refus implicite de délivrance d'un titre de séjour. La juridiction a estimé que le moyen tiré du défaut de motivation était inopérant, la requérante n'ayant pas préalablement demandé la communication des motifs de la décision implicite, et que son intégration en France n'était pas établie au regard des conditions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La requête a donc été intégralement rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et la demande de condamnation aux dépens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire de production enregistrés le 22 novembre 2024 et le 19 janvier 2026, Mme B... C... A..., représentée par Me Diarra, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et de lui délivrer dans un délai d’un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de police qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Benhamou,
- et les observations de Me Diarra, représentant Mme A....


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... C... A..., ressortissante ivoirienne née le 14 janvier 1981, a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile le 15 novembre 2023. Par la présente requête, Mme A... demande l’annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (...) ». Aux termes de l’article L. 232-4 du même code : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. »

Une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour déposée par Mme A... le 15 novembre 2023 est née, en application de l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du silence gardé pendant quatre mois par le préfet de police. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A... en aurait demandé la communication des motifs. En effet, par le courrier avec accusé de réception du 25 septembre 2024 reçu le 30 septembre suivant, le conseil de Mme A... se borne à rappeler sa demande et sollicite une information sur les suites qui lui sont données. Ainsi, Mme A... ne peut être regardée comme ayant demandé la communication des motifs de la décision implicite de rejet attaquée et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En second lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (…) »

Il ressort des pièces du dossier que Mme A... est présente en France depuis 2018, avec sa fille née en 2012, scolarisée. Toutefois, Mme A... n’apporte aucun élément relatif à son intégration en France. Elle ne déclare aucun revenu et ne fait pas valoir avoir développé sur le territoire des liens particuliers. Par suite, elle n’est pas fondée à soutenir que la décision en litige serait entachée d’une erreur manifeste d'appréciation et le moyen doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A..., en toutes ses conclusions, y compris celles tendant au prononcé d’une injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige, doit être rejetée.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... A... et au préfet de police.

Délibéré après l’audience du 23 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Séval, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme Benhamou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2026.

La rapporteure,


signé

C. BENHAMOULe président,


signé

J.-P. SEVALLa greffière,


signé

S. LARDINOIS


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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