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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2501991

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2501991

vendredi 6 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2501991
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCARDOSO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant nigérian, contestant l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 5 septembre 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Le tribunal a jugé que la décision de refus de séjour n'était pas entachée d'incompétence, que la procédure d'avis médical de l'OFII était régulière, et que l'état de santé de M. A ne justifiait pas la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également estimé que la mesure d'éloignement ne méconnaissait ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni l'article 3 de cette même convention, et que les autres moyens soulevés étaient infondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 janvier et 30 avril 2025, M. D A, représenté par Me Cardoso, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros hors taxes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée du vice d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée de vices de procédure tirés de l'absence de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et de l'absence de tout élément permettant d'identifier le médecin de l'OFII ayant établi le rapport médical et de vérifier que ce médecin n'a pas siégé au sein du collège ayant rendu l'avis ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation car il souffre d'une pathologie grave, qui nécessite un traitement médicamenteux et un suivi régulier en milieu hospitalier, absents au Nigéria ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de l'ancienneté de son séjour, de ses liens développés en France et de ses efforts d'insertion professionnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par la voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée du vice d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence d'indication quant à la possibilité de voyager sans risques ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de l'ancienneté de son séjour, de ses liens développés en France et de ses efforts d'insertion professionnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elle est illégale par la voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée du vice d'incompétence de son auteur ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car elle l'expose à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour au Nigéria, eu égard à l'impossibilité de s'y soigner.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Par une ordonnance du 17 avril 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2025.

Par une décision du 12 décembre 2024, M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration,

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lambert a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant nigérian, né le 17 septembre 1986, a sollicité la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. Par un arrêté n° 2022-0217 du 7 février 2022, régulièrement publié au Bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation au signataire de l'arrêté attaqué, M. B C, sous-préfet de Saint-Denis, pour signer tous arrêtés, décisions, actes et correspondances en toutes matières se rapportant à l'administration de l'arrondissement de Saint-Denis, qui comportent la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de séjour :

3. En premier lieu, l'avis du 16 mai 2024 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été produit par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Il ressort de cet avis, qui mentionne le nom du médecin ayant établi le rapport médical, que celui-ci ne siégeait pas dans le collège de médecins de l'OFII. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () La décision de délivrer cette carte est prise par l'autorité administrative après avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".

5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

6. Pour refuser de renouveler le titre de séjour sollicité par le requérant, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur l'avis émis le 16 mai 2024 par le collège de médecins de l'OFII, qui a estimé que si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays. L'avis a également précisé, contrairement à ce qui est soutenu par le requérant, qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

7. M. A établit, en produisant de nombreuses pièces médicales et notamment son dossier médical de suivi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qu'il est atteint du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et du virus de l'hépatite C (VHC) et que son état nécessite la prise quotidienne du médicament Biktarvy, composé de trois antirétroviraux. Cependant, en se bornant à renvoyer, par des liens internet, à un article émanant de la compagnie d'assurance AXA Mansard relatif aux difficultés du système de santé nigérian, à la liste des médicaments essentiels au Nigéria en 2020 (" Nigeria Essential Medicines List -2020- 7th Edition) et au rapport MedCoi (" Medical Country of Origin information Report : Nigeria ") et à produire un certificat médical émanant du service des maladies infectieuses et tropicales de la Pitié-Salpêtrière, daté du 25 avril 2025, qui se borne à indiquer que " son traitement n'est pas disponible dans son pays d'origine " et que " ce traitement n'est pas substituable ", M. A ne démontre pas, alors que, comme cela a été dit au point 6 du présent jugement, le collège de médecins de l'OFII a estimé qu'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, qu'il ne pourrait pas avoir accès dans son pays d'origine à un suivi spécialisé et à un traitement médicamenteux approprié à son état de santé. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet de Seine-Saint-Denis de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

8. En dernier lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

9. Il est constant que M. A a demandé un titre de séjour pour raisons médicales sur le seul fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'a pas examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant refus de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En deuxième lieu, si le requérant se prévaut des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon lesquelles " ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ", ces dispositions ont été abrogées le 28 janvier 2024 suite à l'entrée en vigueur de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration. Dès lors que ces dispositions n'étaient plus en vigueur à la date de la décision attaquée, M. A ne peut utilement s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

13. S'il soutient être entré en France en 2019, M. A n'établit sa présence sur le territoire français qu'à partir du mois de juin 2022. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'intéressé a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en date du 6 juillet 2022. Enfin, M. A s'est déclaré célibataire et sans charge de famille et s'il allègue des efforts d'insertion professionnelle, il n'établit que sept mois d'emploi à la date de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

15. En second lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. En se bornant à soutenir qu'il pourrait être exposé " à un déclin rapide de son état de santé du fait de l'impossibilité évidente d'accès aux soins nécessaires et d'une prise en charge spécialisée, indispensable à la stabilité de son état de santé ", alors même qu'il n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier au Nigéria d'un traitement approprié à son état de santé ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, M. A ne démontre pas qu'il serait exposé à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et des dispositions précitées doit ainsi être écarté.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

18. D'une part, le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

19. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme sollicitée au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cardoso et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,

Mme Lambert, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2025.

La rapporteure,

F. Lambert

La présidente,

S. MarzougLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2501991/6-

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