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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2504114

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2504114

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2504114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet de police du 4 février 2025 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que le refus ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence de charge familiale en France et de la persistance d'attaches familiales au Sénégal. Il a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du caractère limité et discontinu de l'activité professionnelle du requérant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2025, M. B... A..., représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre à la préfecture de police de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à tout le moins de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation dans la mise en œuvre de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2025, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 avril 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 16 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C....


Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., né le 1er mai 1971 et de nationalité sénégalaise, est entré en France le 29 août 2007, selon ses déclarations. Le 9 mars 2023, il a sollicité auprès du préfet de police son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de l’arrêté du 4 février 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. En premier lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…) / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A..., qui déclare être entré en France le 29 août 2007, justifie de sa résidence habituelle sur le territoire national depuis fin 2011, soit depuis plus de 13 ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, il est célibataire et sans charge de famille en France où il fait uniquement valoir la présence de son frère, titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’en 2028. En revanche, il ne conteste pas conserver des attaches fortes dans son pays d’origine où résident ses enfants. Par ailleurs, si le requérant justifie avoir travaillé à quelques heures par mois auprès de la société BDB en qualité d’homme de ménage du 24 novembre 2016 jusqu’au 31 juillet 2017, en tant que plongeur auprès de la société Adecco entre mars et août 2019, et comme commis de salle dans la restauration en avril 2022, ces expériences professionnelles sont très limitées. En outre, s’il ressort de ses relevés bancaires qu’il a travaillé auprès de la société Mille et un repas entre 2020 et 2023, M. A... n’apporte pas de précision sur la nature de ce travail et le lien qui l’unissait à son employeur. Enfin, la commission du titre de séjour a émis le 18 décembre 2024 un avis défavorable à l’admission exceptionnelle au séjour du requérant, compte tenu de ces mêmes éléments et de ce qu’il a travaillé plusieurs années sous une fausse identité. Dans ces circonstances, M. A... n’est pas fondé à soutenir que l’arrêté attaqué a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ».

5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le préfet de police n’a pas davantage commis d’erreur manifeste d’appréciation en refusant de délivrer au requérant, qui ne justifie d’aucun motif exceptionnel, la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais liés au litige.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Patrick Ouardes, président,
Mme Sybille Mareuse, première conseillère,
M. Vadim Melka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2025.


La rapporteure,


Signé

S. C...


Le président,


Signé

P. Ouardes



La greffière,


Signé

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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