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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2506918

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2506918

vendredi 12 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2506918
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantARROM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme A... d’une requête en excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet de police de lui délivrer un titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a accordé à l’intéressée un titre de séjour « vie privée et familiale », rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal constate donc un non-lieu à statuer sur ces demandes. Sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, il condamne l’État à verser 1 000 euros à son avocat, sous réserve de renonciation à la part contributive de l’État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 mars 2025, Mme B... A..., représentée par
Me Arrom, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite du préfet de police rejetant sa demande de délivrance d’un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer, dans les 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans cette attente, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d’un mois suivant la même notification et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans cette attente, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à Me Arrom, son conseil, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de non-admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle, à lui verser directement au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation, dès lors qu’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » a été délivré à l’intéressée le 12 novembre 2025, et au rejet du surplus des conclusions.

Par une décision du 24 mars 2025, le bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a admis Mme A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (...) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».

Sur le non-lieu :

Il résulte des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de police a accordé à Mme A... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable du 5 novembre 2025 au 4 novembre 2026. Dès lors, ce titre doit être regardé comme ayant nécessairement retiré la décision implicite par laquelle le préfet de police avait refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête présentées par Mme A... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les frais liés à l’instance :

Mme A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2025. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros à verser à Me Arrom, son conseil, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.



ORDONNE:


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : l’État versera à Me Arrom, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Arrom renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.



Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à Me Arrom et au préfet de police.

Fait à Paris, le 12 décembre 2025.


La vice-présidente de la 1ère section,


Signé

E. Topin


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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