mercredi 11 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2507304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | MILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 mars, 23 avril et 19 mai 2025, M. A B, représenté par Me Milly, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2025 par lequel le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle de lui verser cette somme.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu, tel que garanti par les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de l'existence d'une menace réelle actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en fait ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors que le préfet de l'Oise ne pouvait l'édicter sur le fondement des dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard du même article ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 14 mai 2025, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 14 mai 2025, la clôture de l'instruction a été reportée au 21 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Topin,
- et les observations de Me Milly représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant roumain, né le 2 février 2006, est entré en France en 2015 ou 2016 selon ses déclarations. Par un arrêté du 19 février 2025, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la fin de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.
3. D'autre part, l'article 38 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique prévoit que : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance (), l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai () ". Il résulte de ces dispositions qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle.
4. Il ressort de l'arrêté contesté qu'il a été notifié par voie administrative au requérant le 19 février 2025. La demande d'admission à l'aide juridictionnelle a été enregistrée 14 mars 2025 au greffe du tribunal, soit dans le délai de recours de trente jours à compter de cette notification alléguée, et a ainsi interrompu le délai de recours contentieux. Il s'en suit qu'en application des dispositions précitées, la requête, enregistrée le 17 mars 2025 au greffe du tribunal n'est pas tardive et que la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Oise ne peut donc être accueillie.
Sur les conclusions à fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. " M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Dans ces conditions, il doit être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne notamment les dispositions des articles L. 235-1 et L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de l'Oise s'est fondé. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à M. B de comprendre les motifs de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Oise a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre la décision attaquée, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen.
8. En troisième lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue sur la décision en cause.
9. Si M. B soutient qu'en méconnaissance du droit d'être entendu avant que ne soit prise la décision lui faisant obligation de quitter le territoire il n'a pas pu faire connaître au préfet ses observations sur la mesure envisagée, il ne précise toutefois pas les éléments pertinents qu'il aurait voulu faire valoir et qui auraient eu une incidence sur l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; (). " Aux termes de l'article L. 232-1 de ce même code : " Tant qu'ils ne deviennent pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale mentionné par la directive 2004/38 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres, les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille, tels que définis aux articles L. 200-4 et L. 200-5 et accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne, ont le droit de séjourner en France pour une durée maximale de trois mois, sans autre condition ou formalité que celles prévues pour l'entrée sur le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 233-1 de ce code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ".
11. Pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet de l'Oise s'est fondé sur la circonstance que ce dernier est sans emploi déclaré, sans ressource, déclare être aidé par le secours catholique et les associations et ne justifie ainsi pas relever de l'une des trois situations permettant un droit au séjour en France à un ressortissant d'un autre Etat membre de l'Union européenne en application des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé ne conteste pas ces motifs en se bornant à faire valoir qu'il n'a pas bénéficié de prestations sociales au regard de son jeune âge. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que le préfet de l'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de sa situation. Le moyen ne peut par suite qu'être écarté.
12. En cinquième lieu, M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur l'existence d'une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, la décision attaquée n'est pas fondée sur ce motif et ce moyen, dans ces conditions, inopérant, doit donc être écarté.
13. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
14. Si M. B se prévaut de la circonstance qu'il n'a jamais vécu en Roumanie et qu'il habite depuis dix ans en France où résident également plusieurs membres de sa famille, il n'établit pas la durée de sa résidence habituelle en France et ne justifie d'aucun élément d'insertion dans la société française. S'il évoque la présence de sa fille mineure en France, il ne produit aucun acte d'état civil la concernant et aucune précision sur les liens entretenus avec cette dernière. Dès lors compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le préfet de l'Oise n'a pas porté à son droit au respect à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis, ni méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 -1 de la convention relative aux droits de l'enfant ne peuvent dès lors qu'être écartés.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, la décision attaquée précise que l'urgence est constituée compte-tenu d'une part de l'absence de ressources de M. B et d'autre part de la circonstance que son comportement est constitutif d'une menace à l'ordre public dès lors qu'il a été condamné le 5 février 2025 à 6 mois d'emprisonnement pour vol aggravé par trois circonstances. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation en fait de cette décision doit être écarté.
16. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".
18. Au regard des motifs non contestés de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire fondé à la fois sur l'absence de ressources de M. B et sur comportement de nature à constituer une menace à l'ordre public à raison d'une condamnation récente à 6 mois d'emprisonnement pour vol, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation.
19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs exposés au point 10. du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de la reconduite par voie de conséquence de l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne l'interdiction de circuler pour une durée d'un an :
21. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / 3° ° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. () ". Aux termes de l'article L. 251-4 de ce même code : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".
22. Il ressort de la décision d'obligation de quitter le territoire français qu'elle n'est fondée ni sur le 2°, ni sur le 3° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais sur le 1° de cet article. Le préfet de l'Oise a donc entaché l'interdiction de circuler sur le territoire français d'un an prononcée à l'encontre de M. B d'une erreur de droit et ces décisions doivent par suite être annulées.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an et les conclusions d'annulation dirigées contre les autres décisions doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Le présent jugement implique que le signalement de M. B dans le système d'information Schengen soit supprimé. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de l'Oise, ou à tout préfet territorialement compétent, de faire procéder à cet effacement dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais de litige :
25. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les décisions d'interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an du 19 février 2025 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Oise ou à tout préfet compétent de procéder à l'effacement du signalement de M. B dans le système d'information Schengen dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : Les autres conclusions de la requête de M. B sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié M. A B, à Me Milly et au préfet de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Topin, présidente ;
- M. Matalon, premier conseiller ;
- M. Hémery, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2025.
La présidente-rapporteure,
Signé
E. Topin
L'assesseur le plus ancien,
Signé
D. MatalonLa greffière,
Signé
L. Poulain
La République demande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2507304/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026