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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2507479

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2507479

mardi 2 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2507479
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNOMBRET

Résumé IA

En l'espèce, le Tribunal administratif de Paris, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui contestait un arrêté du préfet de police lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le juge a considéré que les moyens soulevés étaient soit manifestement infondés (motivation), soit inopérants (droit d'être entendu), soit non assortis de précisions suffisantes (défaut d'examen, erreur manifeste d'appréciation, risque en cas de retour). La solution retenue est le rejet de la requête sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de convoquer une audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2025, M. C A, représenté par Me Nombret, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination sont insuffisamment motivées ;

- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 1er août 1988, est entré en France en janvier 2023 selon ses déclarations. Par un arrêté du 15 novembre 2024, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () le vice-président du tribunal administratif de Paris () [peut], par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel M. A pourra être reconduit d'office. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions est par conséquent manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, le droit d'être entendu préalablement à une mesure d'éloignement, qui, s'agissant d'un demandeur d'asile, a été satisfait avant qu'il ne soit statué sur sa demande d'asile, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé ou lorsqu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu est inopérant.

5. En troisième lieu, il ressort de l'extrait de l'application Telemofpra que la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours contre le rejet de la demande d'asile de M. A par l'Office français des réfugiés et des apatrides par une décision lue en audience publique le 14 juin 2024. Par suite, à la date de l'arrêté attaqué, M. A ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme n'étant assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.

6. En quatrième lieu, les moyens tirés du défaut d'examen particulier de la situation particulière de M. A et de l'erreur manifeste d'appréciation dirigés contre les décisions faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, qui ne font l'objet que de très brefs développements et à l'appui desquels aucune pièce n'est produite, ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne fait également l'objet que d'un très bref développement et à l'appui duquel aucune pièce n'est produite, n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application du 7°de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au préfet de police et à Me Nombret.

Fait à Paris, le 2 septembre 2025.

La vice-présidente,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /8-1

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