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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2509148

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2509148

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2509148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 2e Chambre
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la désignation de son pays de renvoi. La juridiction estime que les décisions attaquées sont suffisamment motivées et que le préfet a procédé à l'examen sérieux de sa situation personnelle requise. Elle constate notamment que le droit de se maintenir sur le territoire, prévu par les articles L. 541-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a pris fin suite à la notification du rejet de sa demande de réexamen d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 avril 2025, M. B... A... représenté par Me Nombret, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet de police l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

3°) d’enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour et ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à Me Nombret en application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Il soutient que :

Concernant les moyens dirigés à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée et n’a pas fait l’objet d’un examen sérieux de sa situation ;
- le préfet a méconnu les articles L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

Concernant les moyens dirigés à l’encontre de la décision fixant le pays de renvoi :

- le préfet a méconnu l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2025, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens invoqués pour M. A... ne sont pas fondés.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique, le rapport de M. Feghouli, rapporteur.



Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant malien, né le 10 septembre 1997, est entré en France en 2020 selon ses déclarations. Le 25 juin 2024, il a sollicité le réexamen de sa demande d’asile. Par l’arrêté attaqué du 15 novembre 2024, le préfet de police l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 27 juin 2025, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé l’aide juridictionnelle totale à M. A.... Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur sa demande d’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les moyens dirigés contre l’ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, la décision l’obligeant à quitter le territoire français mentionne les dispositions applicables du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que le rejet de sa demande par l’office français de protection des réfugiés et apatrides. Par ailleurs la décision fixant le pays de renvoi énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Ainsi, le moyen tiré l’insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des décisions attaquées, que le préfet n’aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A.... Dès lors, le moyen tiré d’un tel manque d’examen doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes de l’article L. 541-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ». Aux termes de l’article L. 541-2 du même code : « L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. » Aux termes de l’article L. 542-1 du même code : « En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. »

6. Il ressort de la fiche Telemofpra produite par le préfet de police que la décision de l’office français de protection des réfugiés et apatrides portant rejet de sa demande de réexamen lui a été notifié le 8 août 2024. Aucun des éléments versés au dossier ne permet de remettre en cause l’exactitude des mentions portées sur cette pièce qui, en vertu des dispositions de l’article R. 532-57 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, fait foi jusqu’à preuve du contraire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet de police du droit au maintien de M. A... doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

7. Aux termes de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 » et aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».


8. Si le requérant invoque les risques qu’il courrait en cas de retour dans son pays d’origine, il n’apporte aucun commencement de preuve des risques auxquels il serait personnellement exposé, risques dont l’office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d’asile n’ont d’ailleurs pas retenu l’existence. Il s’ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9 Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du préfet de police du 15 novembre 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.







DECIDE :







Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.



Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Nombret et au préfet de police.


Délibéré après l’audience du 5 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Nikolic, présidente,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.


Le rapporteur,
Signé
M. FEGHOULI
La présidente,
Signé
Mme NIKOLIC



La greffière,

Signé


C. CHAKELIAN


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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