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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2510419

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2510419

mardi 27 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2510419
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantCABINET SALIGARI - EL AMINE AVOCATS & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 3 avril 2025 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. Le tribunal a écarté le moyen tiré de la violation du droit d’être entendu, faute d’éléments pertinents que l’intéressé aurait pu faire valoir, et a estimé que le préfet avait procédé à un examen circonstancié de sa situation. Il a jugé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. B au regard de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, compte tenu de son absence d’attaches familiales en France et de son non-respect d’une précédente mesure d’éloignement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 10 avril 2025, le président du tribunal administratif de Melun a transmis en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative la requête, enregistrée le 9 avril 2025, présentée par M. A B.

M. B, représenté par Me El Amine, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 3 avril 2025 par lequel le préfet de police a prononcé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car il n'a pas pu être entendu en violation d'un principe général du droit de l'Union européenne et n'a pas ainsi procédé à un examen circonstancié de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions (sic) de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2025, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2008/115 du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Béal.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 3 avril 2025, le préfet de police a prononcé à l'encontre de M. B une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 2 ans. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. B soutient qu'en méconnaissance du droit d'être entendu avant que ne soit prise la décision de l'obliger à quitter le territoire il n'a pas pu faire connaître au préfet ses observations sur la mesure envisagée. Il ne précise toutefois pas les éléments pertinents qu'il aurait pu faire valoir. Par suite, le moyen sera écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de la décision attaquée que le préfet a bien procédé à un examen circonstancié de sa situation.

4. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. M. B ressortissant bangladais né en 1979 soutient qu'il est entré en France en 2023, n'a jamais troublé l'ordre public et n'a fait l'objet d'aucune poursuite pour des faits de conduite sans permis de conduire. Toutefois, M. B est célibataire, sans enfant et ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales au Bengladesh, pays où il a vécu au moins 43 ans. Enfin, il n'est pas contesté que le requérant a fait l'objet le 15 novembre 2024 d'une mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas obtempéré. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, il n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet de police aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le préfet n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle et professionnelle.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 avril 2025 du préfet de police. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025

Le magistrat désigné,

Signé

A. Béal

La greffière

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

La greffière

D. Permalnaick/8

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