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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2512480

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2512480

mercredi 24 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2512480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET SELARL LEVY AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, contestant l’obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de police le 12 juin 2024. La requête a été jugée irrecevable car introduite le 8 mai 2025, soit après l’expiration du délai de recours contentieux d’un mois prévu à l’article L. 911-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation, d’injonction et celles relatives aux frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mai 2025, M. A... B..., représenté par Me Levy, demande au tribunal :

d’annuler les décisions du 12 juin 2024 par lesquelles le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation ;

de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :
- sa requête est recevable ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- faute pour le préfet de police de justifier d’une délégation de signature régulière, la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée du vice d’incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise dans des conditions qui méconnaissent le droit d’être entendu qui constitue un principe général du droit de l’Union européenne et les stipulations de l’article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les stipulations du 7) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;


Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2025, le préfet de police, représenté par Me Claisse conclut au rejet de la requête.

Le préfet de police fait valoir que la requête est irrecevable.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Blusseau a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant algérien né le 15 août 1993, a présenté une demande de renouvellement de certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 7) de l’article 6 de l’accord franco-algérien. Par un arrêté du 12 juin 2024 le préfet de police a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B... demande au tribunal l’annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Aux termes des dispositions de l’article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1. ». Et aux termes des dispositions de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées comportent la mention des voies et délais de recours et ont été notifiées à l’intéressé le 18 juin 2024 à l’adresse qui est indiquée dans sa demande de certificat de résidence et qui est la même que celle figurant dans sa requête. Dans ces conditions, cette requête, introduite le 8 mai 2025, l’a été postérieurement à l’expiration du délai de recours contentieux d’un mois. Par suite, la requête est irrecevable.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. B... doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :

La requête de M. B... est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de police.


Délibéré après l’audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Blusseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2025.


Le rapporteur,

A. Blusseau
Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

A. Gomez Barranco



La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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