LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2513332

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2513332

mardi 16 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2513332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantBEAUFORT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. B, ressortissant ivoirien, contestant un arrêté du préfet de police du 18 avril 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, et prononçant une interdiction de retour de douze mois. Le requérant invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, la violation de son droit d'être entendu, et la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de M. B, jugeant que les décisions attaquées étaient suffisamment motivées, que la procédure avait respecté les droits de la défense, et que les mesures d'éloignement et d'interdiction de retour ne portaient pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des textes applicables, notamment les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 mai et 14 juillet 2025, M. A B, représenté par Me Beaufort, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2025 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2025 par lequel le préfet de police de Paris l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d'ordonner au préfet de police de Paris, dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Beaufort au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Concernant l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué n'est pas motivé ;

- le préfet de police n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;

- l'arrêté attaqué a méconnu les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, le droit d'être entendu et le principe du contradictoire ;

- l'arrêté attaqué a méconnu l'article 18 du code civil : il doit être reconnu français par filiation paternelle ;

- l'arrêté attaqué a méconnu les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ses deux enfants ont déposé une demande d'asile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté attaqué a méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet de police a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;

Concernant le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français étant illégale, la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire n'est pas motivée ;

- le préfet de police de Paris n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation ;

- la précédente mesure lui faisant obligation de quitter le territoire français était illégale dès lors qu'il était mineur lorsqu'elle a été édictée ;

- le préfet de police a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la décision l'obligeant à quitter le territoire ; il dispose de garanties de représentation ;

Concernant la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- le préfet de police n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation ;

- elle a méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Concernant la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois :

- l'obligation de quitter le territoire français étant illégale, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet de police de Paris n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- le préfet de police n'a pas pris en compte sa durée de séjour en France ;

- il ne peut être regardé comme s'étant soustrait à une précédente mesure d'éloignement édictée alors qu'il était mineur ;

- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, le 1er août 2025 par une ordonnance du 18 juillet 2025.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 septembre 2025 ;

- le rapport de M. Mauget, rapporteur ;

- les observations de Me Beaufort, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant ivoirien né le 26 mars 2002, a fait l'objet, le 18 avril 2025, de deux arrêtés par lesquels le préfet de police de Paris d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination et d'autre part, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990, publiée par décret le 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui justifie sa présence en France depuis 2020, vit en concubinage avec une ressortissantes ivoirienne depuis 2022, le couple résidant depuis cette date à la même adresse, au 106 bis Boulevard Ney, dans le 18ème arrondissement de Paris. Il ressort également des pièces du dossier que M. B est père de deux jeunes enfants, nés respectivement les 31 décembre 2022 et 12 juillet 2024, qu'il subvient à leurs besoins et contribue à leur éducation. Les deux enfants de M. B ont déposé, ainsi que leur mère, une demande d'asile le 6 mars 2025 et bénéficient ainsi tous les trois, en application des dispositions précitées de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du droit de se maintenir sur le territoire français le temps de l'examen de leur demande. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police de Paris a méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant précitées. Il s'ensuit que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité et doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant refus de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".

5. Le présent jugement implique qu'il soit procédé au réexamen de la situation de M. B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de police de Paris, ou à tout préfet territorialement compétent, de procéder à ce réexamen, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de délivrer dans l'attente à M. B une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Beaufort renonce au bénéfice de la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 18 avril 2025 par lequel le préfet de police de Paris a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination et l'arrêté par lequel le préfet de police de Paris a interdit de retour sur le territoire français

M. B pour une durée douze mois sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de Paris, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'État versera à Me Beaufort la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Beaufort renonce au bénéfice de la part contributive de l'État.

Article 4 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Beaufort et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,

M. Mauget, premier conseiller,

Mme Alidière, première conseillère.

Rendu public après mise à disposition au greffe le 16 septembre 2025.

Le rapporteur,

Signé

F. MAUGET

La présidente,

Signé

M-O. LE ROUX

La greffière,

Signé

V. FLUET

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1-2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions