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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2514114

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2514114

lundi 2 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2514114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMOREL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de Mme C. Celle-ci contestait le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour pour soins, mais le préfet de police lui a délivré, en cours d'instance, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 août 2025. Cette délivrance a privé d'objet le litige relatif à la suspension de la décision attaquée. La requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 mai 2025, Mme A C, représentée par Me Morel, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour pour soins, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, sans délai son titre de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai un récépissé assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est présumée s'agissant d'une demande de renouvellement ; elle se retrouve en situation irrégulière et subit un stress intense et permanent, accentué par le fait qu'elle vient tout juste d'accoucher prématurément ; elle risque de perdre son logement en résidence sociale qui est conditionné à la détention d'un titre de séjour valide :

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et le préfet de police s'est cru lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- sa pathologie liée à un stress post-traumatique ne peut bénéficier d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la requérante a été munie d'une nouvelle API valable jusqu'au 22 août 2025 prolongeant ainsi les effets de son précédent titre de séjour.

Par un mémoire, enregistré le 26 mai 2025, Mme A C, représentée par Me Morel, demande de constater le non-lieu à statuer et maintient ses conclusions tendant à l'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, somme à verser à son conseil ou à elle-même directement en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2514117 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme B a lu son rapport, au cours de l'audience publique, tenue le 27 mai 2025, en présence de Mme Bak-Piot, greffière d'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, née le 15 juin 1991 à Mankono (Côte d'Ivoire), de nationalité ivoirienne, entrée en France en 2021, a obtenu un premier titre de séjour " vie privée et familiale ", délivré pour raisons de santé, valable jusqu'au 7 mars 2024 dont elle a demandé le renouvellement, le 29 décembre 2023, sur la plateforme de l'administration numérique des étrangers (ANEF). Par une lettre en date du 13 septembre 2024, Mme C a relancé en vain le préfet quant à l'examen de sa demande de titre de séjour pour soins. Le 30 décembre 2024, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivrée, valable jusqu'au 29 mars 2025. Elle demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour pour soins.

Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, Mme C a été munie, le 23 mai 2025, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 août 2025 prolongeant ainsi les effets de son précédent titre de séjour. Dans ces conditions, dès lors que cette nouvelle API a pour effet de maintenir l'ensemble des droits de la requérante attachés à son précédent titre de séjour, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

5. Il résulte du point 2 que Mme C est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Morel, avocat de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Morel de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2: Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de Mme C.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Morel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Morel, avocat de Mme C, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Morel.

Copie sera adressée au préfet de police

Fait à Paris, le 2 juin 2025.

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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