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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2514880

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2514880

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2514880
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4e Section - 2e Chambre
Avocat requérantSIDI-AISSA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant algérien, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a jugé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que le préfet avait correctement exercé son pouvoir discrétionnaire pour apprécier la demande d'admission exceptionnelle au séjour. La décision s'appuie sur les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2025, M. B..., représenté par Me Sidi-Aïssa, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 22 avril 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2025, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Frieyro,
- et les observations de Me Sidi-Aïssa, représentant M. B....


Considérant ce qui suit :

1.
M. B..., ressortissant algérien né le 14 février 1984 et entré en France le 1er janvier 2018, selon ses déclarations, a sollicité, le 13 mars 2025, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 22 avril 2025, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l’issue de ce délai. M. B... demande l’annulation de ces décisions.

2.
L’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui porte sur la délivrance de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d’une activité salariée, soit au titre de la vie familiale. Dès lors que ces conditions sont régies de manière exclusive par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l’appui d’une demande d’admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l’accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d’admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n’interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l’ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d’apprécier, compte tenu de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

3.
En premier lieu, l’arrêté attaqué, qui vise notamment les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, les dispositions du 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, indique, avec suffisamment de précisions, les circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet de police s’est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B.... A cet égard, si M. B... fait valoir que le préfet aurait refusé de faire usage de son pouvoir discrétionnaire et d’examiner sa situation au regard de ce dernier, il résulte des termes mêmes de l’arrêté attaqué que le préfet a apprécié l’existence d’un « motif exceptionnel de nature à permettre une admission exceptionnelle au séjour au titre du pouvoir d’appréciation du préfet ». L’arrêté attaqué comporte ainsi l’ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé et est suffisamment motivé.

4.
En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n’aurait pas procédé à un examen sérieux de la demande de M. B... avant d’adopter la décision de refus litigieuse. Le moyen doit donc être écarté.

5.
En troisième lieu, M. B... se prévaut de sa présence en France depuis janvier 2018 ainsi que de son insertion professionnelle en qualité de maçon canalisateur. Il produit à cet effet ses bulletins de salaire au titre de la période d’avril 2021 à septembre 2024 dont il résulte qu’il a travaillé, à temps partiel, pour plusieurs entreprises d’intérim. Toutefois, l’activité professionnelle du requérant, qui n’implique aucune qualification professionnelle particulière, ne saurait constituer, eu égard notamment à sa durée limitée et alors qu’elle n’est pas établie postérieurement à septembre 2024, un motif exceptionnel ou une considération humanitaire. Par ailleurs, si M. B... joint à sa requête les copies de trois titres de séjour identifiés, dans le bordereau, comme « famille », il n’apporte aucun élément de nature à établir la nature et l’intensité des liens l’unissant aux personnes concernées. Dans ces conditions, le préfet de police n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » sur le fondement de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

6.
En quatrième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français, par exception d’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, doit être écarté.

7.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

















Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de police.




Délibéré après l'audience du 2 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Stoltz-Valette, présidente,
M. Frieyro, premier conseiller,
M. Claux, premier conseiller.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2026.





Le rapporteur,
signé
M. Frieyro

La présidente,
signé
A. Stoltz-Valette

La greffière,


signé


D. Antchandie





La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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